New York (AFP) – Le corps professoral de l'université américaine Cornell, secouée par des accusations de viols en réunion sur une étudiante, a adopté vendredi une motion de défiance dénonçant la gestion des violences sexuelles par les dirigeants du prestigieux établissement.

Publié le : 06/11/2026 - 23:08

Les représentants des enseignants n'ont pas le pouvoir de destituer les administrateurs mais leur vote constitue un désaveu pour le président Michael Kotlikoff, mis en cause directement par cette jeune femme.

En réaction à ce vote, le conseil d'administration de l'université a lui apporté son "soutien" à M. Kotlikoff.

La résolution adoptée met en doute "la capacité de l'administration centrale à traiter efficacement la crise persistante des agressions sexuelles à l'université Cornell".

Au terme d'une semaine de vote électronique, 75 représentants des enseignants ont voté en faveur de ce texte, 50 contre et 5 se sont abstenus, selon des chiffres officiels postés sur le site de l'établissement.

Ce vote "reflète la profonde colère qui traverse notre campus et envoie un signal clair : ce qui est arrivé à Jane Doe est inacceptable", a écrit la présidente du conseil d'administration, Anne Smalling, dans un communiqué.

"Nous soutenons l'engagement du président Kotlikoff à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir la sécurité des étudiants sur le campus et à travailler ensemble, en tant que communauté, afin de contribuer à empêcher que cela ne se reproduise", a-t-elle ajouté.

L'affaire a éclaté en septembre dernier, lorsqu'une ancienne étudiante a saisi la justice civile pour des faits intervenus en 2024, alors qu'elle avait 20 ans.

Celle-ci dit avoir été violée par sept étudiants membres d'une fraternité (une association étudiante masculine), alors qu'elle avait consommé de l'alcool et de la kétamine, un puissant anesthésiant.

Dans une lettre adressée aux représentants du corps enseignant, elle a reproché à M. Kotlikoff son manque de soutien.

Les sanctions imposées aux agresseurs présumés, allant de la suspension à l'expulsion, ont également été jugées insuffisantes par certains observateurs.

Une enquête externe indépendante examine la gestion du dossier par l'établissement, confiée à Sally Yates, ex-procureure générale adjointe des États-Unis, deuxième plus haute fonction au sein du ministère de la Justice.

L'affaire a également suscité de vives critiques à l'encontre des procureurs qui n'ont engagé aucune poursuite en 2024, malgré une première plainte, estimant ne pas disposer de preuves suffisantes.

Une enquête criminelle a depuis été rouverte au sein du bureau de la procureure de l'État de New York, Letitia James, confiée à une ex-procureure fédérale impliquée notamment dans l'enquête pour violences sexuelles contre le rappeur P. Diddy, Jacqueline Kelly.

Ces révélations ont déclenché une vague d'indignation sur le campus et au-delà, beaucoup y voyant le symbole d'une culture misogyne et violente liée aux fraternités restant trop souvent impunie.

Selon une étude publiée en 2020 par l'Association des universités américaines et portant sur 33 établissements, un quart des étudiantes en équivalent licence (bachelor's degree) indiquaient avoir été victimes d'un contact sexuel forcé ou sans possibilité de consentement.

© 2026 AFP

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