Cet article a initialement été publié le 16 avril 2026. – Victor Wembanyama a conclu sa troisième saison NBA avec des statistiques impressionnantes. Déjà élu meilleur défenseur de l'année, il est également l’un des favoris pour le trophée de meilleur joueur de la saison (MVP). Son équipe des San Antonio Spurs, qualifiée en playoffs pour la première fois depuis 2018, est candidate au titre.
Publié le : 16/04/2026 - 07:23Modifié le : 21/04/2026 - 17:09
Le suspense a duré jusqu’au bout, mais Victor Wembanyama a bien atteint le seuil des 65 matches joués en NBA en 2025/2026, le 10 avril, lors de l’avant-dernière rencontre des San Antonio Spurs en saison régulière.
Candidat pour intégrer l’équipe type NBA de la saison ("All-NBA First Team") et l’équipe défensive type ("NBA All-Defensive Team"), pour sa troisième saison dans la ligue de basket nord-américaine, le pivot français de 2,24 m peut également prétendre aux récompenses individuelles, attribuées en mai.
Après avoir manqué 12 matches à l’automne pour une élongation au mollet gauche, Victor Wembanyama n’avait plus beaucoup de jokers en poche, mais il a réussi à atteindre les 65 matches nécessaires (sur les 82 de la saison, hors playoffs) pour être éligible. Déjà élu à l'unanimité meilleur défenseur de l'année, il figure également parmi les favoris pour le trophée de MVP ("Most Valuable Player" ou meilleur joueur) de la saison. La NBA a d'ailleurs annoncé, dimanche 19 avril, qu'il faisait partie des trois finalistes pour ces deux trophées.
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Avec 25,0 points, 11,5 rebonds, 3,5 passes décisives et 3,5 contres en 29,2 minutes en moyenne par match, Victor Wembanyama a porté les Spurs vers les sommets, ces derniers finissant la saison avec un bilan de 62 victoires pour 20 défaites et se qualifiant en playoffs pour la première fois depuis 2019. Aucun observateur n’avait placé les Spurs aussi haut en début de saison. La dernière fois que la franchise texane avait dépassé la barre des 60 victoires en saison, c’était en 2017, lorsque Tony Parker, Manu Ginobili et Kawhi Leonard faisaient encore partie de l’équipe. Un tel parcours fait des Spurs une équipe logiquement candidate au titre de champion NBA.
"Il est devenu méchant"
Au-delà de la réussite collective, Victor Wembanyama s’est imposé cette année comme l’une des superstars de la NBA, après une première saison faite de hauts et de bas et une deuxième achevée prématurément en raison de sa thrombose veineuse à l’épaule détectée en février 2025.
"Sa saison est exceptionnelle et il fait clairement partie des candidats pour le titre de MVP", affirme à France 24 Kevin Séraphin, ancien pivot NBA, désormais consultant sur Prime Video, qui diffuse avec beIN Sports la NBA en France.
"Il a vraiment franchi un cap en devenant le leader de son équipe et en prenant conscience qu’il peut être inarrêtable, poursuit l’ancien Bleu. Lors de ses deux premières saisons, il avait parfois tendance à trop vouloir tirer à trois-points ou à contourner les défenseurs. Désormais, il alterne très bien entre jeu intérieur et jeu extérieur et, surtout, il est devenu 'méchant'. Il n’a plus peur d’aller au contact de ses adversaires et de leur dunker dessus. L’action sur Draymond Green l’illustre bien : c’est un message qu’il a envoyé à toute la ligue ce jour-là."
Le 14 novembre, les San Antonio Spurs jouent sur le parquet des Golden State Warriors. Fidèle lieutenant du légendaire shooteur à trois-points Stephen Curry, Draymond Green, qui est connu pour beaucoup parler à ses adversaires, les provoquer et jouer de façon très physique face à eux, défend sur Victor Wembanyama. Les Spurs jouent une remise en jeu sous le panier adverse. La passe est lancée en direction du panier et le Français l’attrape en l’air pour écraser un dunk sur la tête de l’intérieur des Warriors, avant de venir se coller à lui et de lui parler les yeux dans les yeux.
D’autres coups d’éclats ont marqué sa saison. "Wemby" a dépassé la barre des 40 points à cinq reprises, dont trois fois lors de ses cinq derniers matches et en seulement 26 minutes de jeu (sur 48 possibles) lors sa dernière sortie, le 10 avril, face aux Dallas Mavericks. Il a réalisé un triple-double (trois catégories statistiques atteignant la dizaine) le 12 novembre en terminant la rencontre face aux Golden State Warriors – encore eux ! – avec 31 points, 15 rebonds et 10 passes décisives. Et a manqué de peu un autre triple-double le 24 octobre avec 29 points, 11 rebonds et 9 contres face aux New Orleans Pelicans. Il a aussi inscrit un panier victorieux au buzzer, le 19 mars, contre les Phoenix Suns.
Importance de son impact défensif
"Au-delà de ce qu’il fait en attaque, c’est en défense qu’il impressionne le plus. Son impact est incroyable, il déstabilise toute l’attaque des équipes adverses. On voit des joueurs pénétrer dans la raquette et faire demi-tour quand ils réalisent que Victor est sur leur chemin. C’est la NBA, mais on a parfois l’impression que ce sont des amateurs face à lui tellement il domine", plaisante Kevin Séraphin.
Victor Wembanyama est notamment devenu cette année le troisième joueur de l’histoire de la NBA, après Dikembe Mutombo et Marcus Camby, à finir meilleur contreur de la ligue trois saisons consécutives. Sans surprise, le trophée de meilleur défenseur de la saison lui a été décerné, lundi 20 avril.
C’est d’ailleurs cet aspect-là de son jeu que le Français de 22 ans a mis en avant lorsqu’un journaliste lui a demandé le 23 mars pourquoi il pensait être candidat au titre de MVP. "La défense représente 50 % du jeu, c’est assez sous-estimé dans la course au MVP et je pense être le joueur avec le plus d’impact en défense", a-t-il répondu en plaidant sa cause face aux journalistes – c’est un panel de journalistes américains et internationaux qui vote pour le trophée de meilleur joueur de la saison.
Une façon de faire campagne qui l’a d’ailleurs repositionné favorablement dans le débat puisque ses propos sur l’importance de la défense ont beaucoup fait réagir joueurs et observateurs de la NBA.
"Sa réponse a beaucoup fait parler, mais cela montre qu’il a parfaitement compris comment fonctionnent les Américains, qui aiment les gens qui ont confiance en eux. Il a en tout cas eu raison d’insister sur un aspect du jeu que les gens ont tendance à ne pas regarder ou à oublier", estime Kevin Séraphin.
Victor Wembanyama a toutefois deux sérieux concurrents face à lui. Le Canadien Shai Gilgeous-Alexander, déjà MVP en 2025, semble favori pour conserver son trophée. La star des Oklahoma City Thunder, équipe championne en titre et qui vient de finir la saison avec le meilleur bilan de la ligue (64 victoires pour 18 défaites), a terminé l’exercice avec 31,1 points, 4,3 rebonds et 6,6 passes décisives de moyenne par match. Le Serbe Nikola Jokic a quant à lui réussi l’exploit de conclure une deuxième saison consécutive sur un triple-double de moyenne avec 27,7 points, 12,9 rebonds et 10,7 passes décisives par match. La star des Denver Nuggets, élu MVP en 2021, 2022 et 2024, est aussi devenu le premier joueur de l’histoire de la NBA à être à la fois le meilleur rebondeur et le meilleur passeur de la ligue.
En attendant de savoir s'il devient le plus jeune MVP de l'histoire d'ici un gros mois, Victor Wembanyama découvre dans un premier temps les playoffs NBA, où l'intensité des matches et l'ambiance dans les salles sont sans comparaison avec la saison régulière. Pour leur premier match de leur série du premier tour face aux Portland TrailBlazers, les San Antonio Spurs l'ont emporté dimanche soir 111-98. Victor Wembanyama a terminé la partie avec 35 points, 5 rebonds et 2 contres en 33 minutes.
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