Le 28 mars, Ali Shouaib, un journaliste libanais, trouvait la mort lors d'une frappe israélienne. Pour justifier cette attaque, l'armée israélienne a publié une photo du journaliste vêtu d'un uniforme du Hezbollah, avant de reconnaître qu’il s'agissait d'un photomontage.

Publié le : 16/04/2026 - 20:11

Dans un communiqué publié ce mercredi 15 avril, l'Association de la presse étrangère à Jérusalem reproche à l'armée israélienne d'avoir voulu discréditer le journaliste libanais Ali Shouaib, tué lors d'une frappe israélienne, en publiant une fausse image le montrant vêtu de l'uniforme du Hezbollah. Le Hezbollah est un parti politique et groupe paramilitaire libanais proche de l'Iran, en guerre avec Israël. Il est la cible des attaques israéliennes contre le Liban. Sa branche militaire a été classée comme organisation terroriste par l'Union européenne.

Pour afficher ce contenu X (Twitter), il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.

Ali Shouaib, correspondant de guerre d'Al-Manar, une chaîne affiliée au Hezbollah, a trouvé la mort en compagnie de deux autres journalistes – le caméraman Mohammed Ftouni et sa sœur, la journaliste Fatima Ftouni, de al-Mayadeen, un autre média proche du Hezbollah –, lors d'une frappe de l'armée israélienne contre leur véhicule le 28 mars.

Une image "photoshopée"

Dans un communiqué publié le 28 mars, l'armée israélienne a justifié la frappe qui a tué Ali Shouaib en affirmant que le journaliste aurait en fait été un militaire "d'une unité de renseignement rattachée à la force Radwan du Hezbollah terroriste".

"Ali Shouaib a révélé les positions des troupes de Tsahal dans le sud du Liban et a maintenu un contact direct avec d'autres éléments terroristes de l'unité Radwan et du Hezbollah", a également déclaré l'armée israélienne. Il n'a pas été possible de vérifier de manière indépendante les accusations portées par les forces armées israéliennes.

Sur ses comptes sur les réseaux sociaux, l'armée israélienne a également publié, le 28 mars, une photographie pouvant être interprétée comme une preuve de l'appartenance d'Ali Shouaib au Hezbollah. Elle est séparée en deux parties : le journaliste porte le gilet "Presse" sur une première moitié du cliché et l'uniforme militaire du mouvement du Hezbollah sur la deuxième moitié.

Seulement, cette photo a été manipulée. Interrogée par Fox News sur l'origine du supposé portrait d'Ali Shouaib portant l'uniforme du Hezbollah, l'armée israélienne a reconnu que l'image avait en fait été "photoshopée".

Des allégations "sans preuves claires"

Sollicité par le quotidien israélien Haaretz sur la justification de la publication d'une photo manipulée, le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, porte-parole de l'armée israélienne, évoque "une illustration digitale". "Ali Shouaib opérait sous une couverture de journaliste, et sous cette couverture, se cachait un terroriste. C'était le visuel. Une partie authentique et une partie modifiée. À mon avis, il était clair que c'était retouché. Nous n'avons jamais prétendu le contraire. Nous avons également publié une photo originale de lui en uniforme", affirme-t-il.

Le 29 mars, le porte-parole de l'armée israélienne a effectivement publié sur X une autre photo présentée comme montrant Ali Shouaib en uniforme du Hezbollah. Cependant le cliché est flou et il est donc impossible de vérifier son authenticité.

"Bien que l'armée ait apporté une clarification à propos de (la première photo), elle n'aurait jamais dû être distribuée", a rétorqué l'Association de la presse étrangère dans son communiqué. "Lors des guerres récentes, il est devenu courant que l'armée israélienne cherche à discréditer des journalistes et à semer le doute en diffusant des informations inexactes et en avançant des allégations sans fournir de preuves claires" , a également souligné l'organisation.

Mots-clés associés à l’article

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.