Riyad (Arabie saoudite) (AFP) – Des témoins ont fait état dimanche de dégâts sur une tour d'Aramco dans le quartier d'affaires de Riyad, les autorités saoudiennes affirmant qu'un bâtiment du géant pétrolier dans la capitale avait fait l'objet d'une "tentative d'attaque".
Publié le : 08/11/2026 - 11:34
L'Arabie saoudite, et sa capitale, sont régulièrement visées depuis octobre par des tirs des combattants houthis pro-iraniens qui se battent contre le gouvernement yéménite, soutenu par la coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite.
Mais prendre pour cible ce quartier symbolique de la capitale de la riche monarchie pétrolière pourrait constituer une escalade dans le conflit avec ces alliés de l'Iran, qui avaient accusé les forces saoudiennes de deux attaques meurtrières visant des civils vendredi et samedi au Yémen.
Dimanche matin, après que de puissantes explosions ont retenti à Riyad, un témoin a indiqué à l'AFP que "la tour Aramco à KAFD a été prise pour cible", faisant référence au "Quartier financier roi Abdallah".
Un autre a indiqué avoir vu un projectile frapper le bâtiment, sans toutefois pouvoir déterminer s'il s’agissait d'un missile ou d'un drone.
Plusieurs étages du bâtiment semblent avoir été endommagés, a indiqué un témoin, faisant état de vitres brisées et de dégâts visibles sur une partie de la façade.
"Une source officielle du ministère de l'Énergie a indiqué qu'un bâtiment administratif appartenant à Aramco à Riyad avait fait l'objet d'une tentative d'attaque aujourd'hui", a indiqué ensuite le ministère dans un communiqué publié sur X.
"Ni blessés ni morts"
"L'incident a entraîné la chute de débris qui ont causé des dégâts mineurs au bâtiment, sans faire de blessés ni de morts", est-il ajouté.
La coalition avait annoncé plus tôt l'interception de deux missiles balistiques tirés par les Houthis visant la capitale Riyad, peu après la diffusion par les autorités d'un message d'alerte.
Le royaume "a intercepté et détruit deux missiles balistiques lancés par la milice terroriste houthie en direction de Riyad", a déclaré sur X Turki al-Malki, porte-parole de la coalition.
Les Houthis n'ont pas réagi dans l'immédiat à ces allégations.
Plus tôt dimanche, l'Arabie saoudite avait également annoncé la destruction de deux missiles de croisière tirés vers Riyad et le sud du pays.
Les installations du géant pétrolier saoudien ont été régulièrement prises pour cible depuis la reprise des hostilités avec les Houthis en juillet.
Le 14 octobre, les autorités saoudiennes avaient fait état d'une frappe contre un bâtiment d'Aramco à Dhahran (est), où est situé le siège de la compagnie. Deux employés d'Aramco avaient indiqué à l'AFP qu'une tour du siège avait été touchée.
Le KAFD est l'un des symboles les plus visibles des réformes économiques et sociales initiées par le prince héritier Mohammed ben Salmane, avec ses imposants gratte-ciel, ses commerces de luxe et ses espaces verts.
Civils tués au Yémen
Il accueille certaines des plus grandes entreprises nationales du royaume ainsi que de grandes multinationales de premier plan, comme Goldman Sachs.
Le siège du Fonds public d’investissement (PIF), le puissant fonds souverain du royaume, ainsi que celui de la Bourse saoudienne, se trouvent également au cœur du quartier.
Celui-ci abrite également des logements résidentiels ainsi qu'une station de métro très fréquentée aux heures de pointe.
Les tirs interviennent quelques heures après que le ministère saoudien de l’Éducation a annoncé la reprise des cours en présentiel à Riyad, après plusieurs semaines d'enseignement à distance à la suite d’une précédente vague de frappes.
Ils surviennent aussi alors que les combats semblent s'intensifier ces derniers jours sur le sol yéménite, où le conflit a repris en juillet après quatre ans d'accalmie, ouvrant un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient.
Le ministère de la Santé des Houthis a fait état samedi de 33 morts dont huit femmes et 13 enfants dans un bombardement de l'aviation de la coalition contre un village à l'est de la capitale Sanaa, aux mains des combattants pro-iraniens.
La veille, au moins 30 personnes avaient péri dans un bombardement sur un marché du gouvernorat de Taëz (ouest). Les forces gouvernementales yéménites et les Houthis s'étaient mutuellement rejeté la responsabilité de l'attaque.
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