Le président français, Emmanuel Macron, reçoit, mardi, son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, et les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, avant un nouveau sommet de la "Coalition des volontaires" pour l'Ukraine, qui réunira 35 pays. Objectif : que les Américains et les Européens affichent leur "convergence" sur les garanties de sécurité.
Publié le : 06/01/2026 - 04:19Modifié le : 06/01/2026 - 14:00
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Les pays européens alliés de l'Ukraine et des émissaires américains se retrouvent, mardi 6 janvier, à Paris pour un sommet visant à afficher leur "convergence" sur les garanties de sécurité à fournir à Kiev et préciser les contours d'une "force multinationale" en cas d'accord de cessez-le-feu avec Moscou.
"Ces discussions doivent fournir plus de protection et de force pour l'Ukraine", a dit le président ukrainien sur le réseau X à son arrivée à la mi-journée à l'Elysée, à Paris. Il a réitéré sa demande de "mesures qui puissent garantir une vraie sécurité pour notre peuple".
L'entourage du président français, Emmanuel Macron, présente cette nouvelle réunion de la "Coalition des volontaires" comme l'aboutissement des efforts qu'il a commencé à déployer il y a environ un an, après l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, pour éviter que les États-Unis ne "lâchent l'Ukraine".
"Nous avons réussi cet exercice de reconvergence entre l'Ukraine, l'Europe et l'Amérique", a dit lundi à la presse un de ses conseillers.
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Les Européens ont ostensiblement choisi de ne pas condamner fermement le coup de force du président américain au Venezuela, soucieux de le ménager au moment où les tractations politiques se sont à nouveau intensifiés depuis novembre, sous l'impulsion de Washington, en vue d'un accord avec la Russie pour mettre fin à près de quatre ans de guerre.
En parallèle de ce jeu d'équilibrisme diplomatique auquel ils s'astreignent, plusieurs pays du Vieux Continent dont la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et l'Italie ont publié mardi une déclaration commune de soutien au Groenland et au Danemark face aux revendications du président américain.
Emmanuel Macron s'est entretenu au petit déjeuner avec le Premier ministre canadien, Mark Carney, au palais présidentiel de l'Élysée. Il a ensuite reçu son homologue ukrainien pour un tête-à-tête, suivi d'un déjeuner élargi à l'émissaire américain Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre de Donald Trump.
Une "force multinationale pour l'Ukraine"
Dans la foulée, le sommet réunira 35 pays, dont 27 représentés par des chefs d'État ou de gouvernement, comme l'Italienne Giorgia Meloni. Les dirigeants de l'Otan et de l'Union européenne sont aussi attendus.
Une conférence de presse est prévue en fin de journée, réunissant les présidents Macron et Zelensky, le Premier ministre britannique, Keir Starmer, et le chancelier allemand, Friedrich Merz.
Les États-Unis ne sont pas membres à part entière de cette coalition mise en place en mars par la France et le Royaume-Uni pour apporter des "garanties de sécurité" à l'Ukraine dans le cadre d'un éventuel cessez-le-feu. C'est sur ce point que porte la "convergence" vantée par Paris.
Mardi, les dirigeants prendront "des engagements concrets", a promis Emmanuel Macron. Ils doivent définir leur vision commune des "modalités d'un cessez-le-feu" futur entre l'Ukraine et la Russie, la manière dont il pourra être "vérifié" par "des moyens techniques, des drones, des satellites" plutôt que par un déploiement militaire terrestre, mais aussi sur leur riposte en cas de violation, a expliqué la présidence française.
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Autre point à l'ordre du jour, selon la même source : les "modalités opérationnelles" du "déploiement d'une force multinationale" pour "réassurer l'Ukraine dans les airs, sur la mer et à terre" face à la menace d'une nouvelle attaque russe après un éventuel accord de paix.
"Ce que le secret militaire permet de dire"
Si les dirigeants pourraient acter les contributions des différents pays de la coalition à cette mission militaire, ils n'en dévoileront que "ce que le secret militaire permet de dire", a prévenu le conseiller d'Emmanuel Macron. Il ne faut donc pas s'attendre à connaître les effectifs de cette force ou les contributions des États prêts à y participer, comme la France et le Royaume-Uni.
Côté français, le chef de l'État pourrait en dire davantage jeudi lorsqu'il recevra la classe politique pour faire le point.
La convergence semble moins complète s'agissant des négociations de paix menées par les États-Unis parallèlement, avec l'Ukraine et la Russie. Une rencontre entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump fin décembre et des conversations téléphoniques entre le président américain et son homologue russe Vladimir Poutine n'ont pas permis d'avancer sur les concessions territoriales exigées par Moscou et le statut de la centrale nucléaire de Zaporijjia.
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Depuis, les tractations se sont poursuivies au niveau des négociateurs, en particulier ukrainiens, européens et américains. Et le sujet sera à nouveau évoqué à Paris. Le Kremlin a fait connaître son intention de "durcir" sa position après avoir accusé l'Ukraine d'avoir voulu viser avec des drones une résidence de Vladimir Poutine, ce que Kiev dément. Le chef de l'État russe a répété ces dernières semaines que la Russie atteindrait ses objectifs en Ukraine par la voie des négociations ou par celle des armes.
Des frappes russes ont touché lundi une clinique à Kiev, tuant deux personnes. Sur le terrain, Moscou a poursuivi sa progression, revendiquant la prise de la localité de Grabovské, dans le nord-est de l'Ukraine.
Avec AFP
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