La trêve exceptionnelle débutée en début de semaine à Olechky s'est achevée dimanche soir, Moscou ayant refusé une proposition de l'Ukraine de prolonger ce cessez-le-feu. Sur place, les autorités saluent le respect de l'accord mais s'attendent à une reprise immédiate et violente de la guerre.

Publié le : 01/11/2026 - 20:27Modifié le : 02/11/2026 - 07:28

Pour afficher ce contenu YouTube, il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.

Une extension de votre navigateur semble bloquer le chargement du lecteur vidéo. Pour pouvoir regarder ce contenu, vous devez la désactiver ou la désinstaller.

La trêve qui a permis l'évacuation d'habitants d'Olechky, ville occupée par la Russie dans le sud de l'Ukraine, a pris fin dimanche 1ᵉʳ novembre à 22 h 59 locales (20 h 59 GMT), après le refus de Moscou de prolonger le cessez-le-feu.

Cette trêve exceptionnelle, qui avait débuté mardi matin, a permis l'évacuation d'habitants de cette ville située sur la ligne de front dans la région de Kherson, aux accès minés, sous le feu croisé des drones russes et ukrainiens, et en proie depuis des mois à de graves pénuries.

À quelques heures de la fin de la trêve, Moscou a rejeté une proposition de l'Ukraine d'étendre ce cessez-le-feu, selon les déclarations d'un haut responsable de la présidence ukrainienne à l'AFP. "Les Russes ne veulent pas", a-t-il affirmé.

Il s'agissait du plus long cessez-le-feu depuis le début de l'invasion russe à grande échelle de l'Ukraine déclenchée en février 2022. Ni Kiev ni Moscou n'ont fait état de violation de l'accord, à la différence d'autres cessez-le-feu partiels, notamment à l'occasion des Pâques orthodoxes.

"Pendant cette période, les parties ont respecté leurs engagements. Cela a rendu possible de livrer une aide humanitaire à Olechky et d'aider les civils qui voulaient quitter la ville en toute sécurité", a déclaré sur Telegram le médiateur ukrainien pour les droits humains, Dmytro Loubinets, ajoutant qu'il travaille désormais avec son homologue russe, Iana Lantratova, à de nouvelles "initiatives humanitaires".

La trêve s'est étendue au-delà d'Olechky afin de permettre l'acheminement d'aide humanitaire et le départ des personnes évacuées, offrant également à la ville de Kherson, située sur la rive opposée du Dniepr, une bouffée d'oxygène.

Les forces armées ukrainiennes ont dit également avoir pu évacuer 167 autres civils, dont 22 enfants, d'autres zones de la région ravagées par les combats.

"Encore pire qu'avant"

Pour autant, toutes les personnes rencontrées par l'AFP à Kherson s'attendent sans illusion à une reprise immédiate de la guerre dès la fin du cessez-le-feu dimanche soir. "Ça va être l'enfer, encore pire qu'avant", prédit une source militaire locale, qui souhaite garder l'anonymat.

Selon cet officier, les forces russes, positionnées sur l'autre rive du fleuve, ont profité du calme des derniers jours pour amasser de nouvelles troupes, acheminer des stocks de munition, et collecter des renseignements sur les positions ukrainiennes à l'aide de drones de surveillance.

Le chef de l'administration militaire de la région de Kherson, Oleksandre Prokoudine, a exhorté les habitants de la région à "être particulièrement vigilants" et à "répondre immédiatement aux avertissements d'attaques russes" après l'expiration du cessez-le-feu.

À voir aussiGuerre en Ukraine : la ville d'Olechky isolée, en proie à une crise humanitaire

La Russie comme l'Ukraine ont par ailleurs continué leurs frappes en dehors de la zone du cessez-le-feu. Des frappes russes dimanche ont fait trois morts, dont une adolescente de 13 ans, dans les régions de Vinnytsia, dans le centre du pays, et Soumy, dans le nord, selon les autorités ukrainiennes.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a dénoncé, plus tôt, dimanche, des frappes russes nocturnes sur les installations énergétiques du pays qui ont laissé "des centaines de milliers de familles sans électricité". Selon le ministère ukrainien de l'Énergie, des pannes de courant causées par ces frappes russes affectent particulièrement les régions de Dnipropetrovsk et Kiev.

Les autorités installées par Moscou dans les territoires occupés de l'est de l'Ukraine ont, quant à elles, fait état de cinq morts dans des frappes ukrainiennes entre samedi soir et dimanche. Les autorités russes ont également fait état de frappes contre un site industriel dans la région de Nijni Novgorod, à l'est de Moscou. Selon des médias ukrainiens, la raffinerie de Kstovo, l'une des plus grandes du pays, a été touchée.

Avec AFP

Mots-clés associés à l’article

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.