Donald Trump a relayé, jeudi, sur son réseau Truth Social une vidéo conspirationniste sur la présidentielle de 2020 remportée par Joe Biden et dans laquelle le couple Obama est représenté en singes. Après de nombreuses condamnations, la Maison Blanche a évoqué une "erreur" après avoir pourtant dénoncé une "fausse indignation".

Publié le : 06/02/2026 - 16:04Modifié le : 06/02/2026 - 18:57

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Une nouvelle limite franchie, avant de faire machine arrière. L'ancien président américain Barack Obama et son épouse Michelle sont représentés en singes dans un montage vidéo conspirationniste, posté jeudi 5 février, par le président Donald Trump sur son réseau Truth Social, et consacré à la présidentielle de 2020. Après une douzaine d'heures en ligne, celle-ci a fini par être dépubliée.

"Un employé de la Maison Blanche avait publié ce contenu par erreur. Il a été effacé", a indiqué à l'AFP un haut responsable de l'exécutif, après que le montage en question a suscité une vague de condamnations jusque dans le Parti républicain, celui du président américain.

Une réaction en contradiction avec celle de la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt, qui avait dénoncé dans un premier temps une "fausse indignation", sans évoquer une diffusion erronée, expliquant que la vidéo représentait "le président Trump en roi de la jungle, et les démocrates en personnages du Roi Lion".

La vidéo mise en cause, d'un peu plus d'une minute, présentait des preuves supposées de manipulations lors du scrutin de 2020, que le président républicain affirme avoir remporté. Donald Trump assure avoir été spolié de la victoire par le démocrate Joe Biden.

Le montage a été posté à l'origine par le site d'extrême droite américain Patriot News Outlet, et reposté à deux reprises par Donald Trump.

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Il reprend des allégations, qui n'ont jamais été prouvées, selon lesquelles la société de dépouillement Dominion Voting Systems aurait contribué à voler le résultat du scrutin à Donald Trump dans un certain nombre d'États-clés.

Juste avant la fin du post, pendant deux secondes, apparaît un montage vidéo des époux Obama, le visage hilare sur un corps de primate, la jungle en toile de fond.

Vendredi matin, la vidéo avait déjà reçu plusieurs milliers de mentions "J'aime" sur Truth Social. La Maison Blanche a de son côté dénoncé une "fausse indignation".

"Comportement ignoble de la part du président"

Le bureau du gouverneur de Californie, Gavin Newsom, candidat potentiel à la présidentielle de 2028 et l'un des critiques les plus féroces de l'actuelle administration, a fustigé la publication.

"Comportement ignoble de la part du président. Chaque républicain doit dénoncer cela. Maintenant", a tweeté le compte de son service de presse sur X, avec un arrêt sur images de la partie de la vidéo montrant les époux Obama dans des corps de primate.

Ben Rhodes, ancien haut conseiller à la sécurité nationale et proche de Barack Obama, a également protesté.

"Que cela hante Trump et ses partisans racistes, sachant que les Américains de demain chériront les Obama comme des figures adorées, tout en étudiant Trump comme une tache dans notre histoire", a-t-il aussi écrit sur X.

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Au cours de la première année de son second mandat à la Maison Blanche, Donald Trump a intensifié son usage de visuels hyperréalistes mais fabriqués, sur Truth Social et d'autres plateformes, pour se glorifier ou ridiculiser ses détracteurs.

Le président américain ne cache pas son animosité pour Barack Obama. L'an dernier, il avait publié une vidéo générée par IA montrant le premier président noir de l'histoire des États-Unis arrêté dans le Bureau ovale puis apparaissant derrière les barreaux en combinaison orange de prisonnier.

Plus tard, il avait posté un clip du chef de l'opposition démocrate à la Chambre Hakeem Jeffries – noir lui aussi – portant une fausse moustache et un sombrero. Le parlementaire, qui avait à l'époque dénoncé un message raciste, a qualifié Donald Trump, vendredi, de "charognard pernicieux, ignoble et détraqué". Il a également appelé les républicains à "dénoncer l'intolérance répugnante" de leur chef de file.

Dans le camp conservateur, où les critiques du président américain sont généralement inexistantes ou très feutrées, le sénateur Tim Scott avait demandé à Donald Trump de "retirer" la vidéo. "Je prie pour que ce soit faux, parce que c'est la chose la plus raciste que j'ai vue sortir de cette Maison Blanche", a écrit sur X le seul sénateur républicain noir.

Afrique du Sud et Somalie, cibles favorites de Trump

L'administration Trump mène une lutte ouverte contre les initiatives qu'elle dit liées à l'idéologie woke, terme utilisé de manière péjorative par les conservateurs pour dénoncer ce qu'ils perçoivent comme un excès de militantisme en faveur des minorités.

Le chef de l'État est en croisade contre l'immigration illégale et dénigre régulièrement les minorités, jouant sur les craintes d'une frange de son électorat blanc de perdre son pouvoir politique et culturel.

Son administration rend aussi hommage régulièrement aux États confédérés d'Amérique, des défenseurs de l'esclavage tombés durant la guerre de Sécession (1861-1865).

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À l'étranger, Donald Trump a par ailleurs fait de l'Afrique du Sud l'une de ses cibles favorites, dénonçant la discrimination raciale qui vise selon lui la minorité blanche descendant des premiers colons européens. Le président américain affirme que les agriculteurs blancs y sont victimes d'un "génocide".

Les ressortissants de pays d'Afrique subsaharienne sont aussi régulièrement éreintés par ses commentaires.

En Somalie, "ils n'ont rien, ils ne font que s'entre-tuer", avait-il ainsi lancé en décembre. "Leur pays ne vaut rien pour une raison ou une autre. Leur pays est pourri et nous ne voulons pas d'eux chez nous".

Avec AFP

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