"La situation est totalement sous contrôle" a déclaré le président béninois Patrice Talon dimanche soir à la télévision nationale, après une tentative de coup d'État dans la matinée, que les autorités ont déclaré avoir déjouée. Des militaires avaient annoncé avoir pris la télévision publique et "démettre de ses fonctions" le chef de l'État. Une douzaine de militaires ont été interpellés, dont les auteurs, selon des sources militaires et sécuritaires.
Publié le : 07/12/2025 - 09:27Modifié le : 07/12/2025 - 22:16
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Situation confuse au Bénin. Une tentative de coup d’État a eu lieu dimanche 7 décembre, selon les informations de France 24, mais l'armée a affirmé à la mi-journée l'avoir déjoué.
Dans la soirée, le président Patrice Talon a fait une allocution sur la télévision nationale. Il a déclaré que "la situation est totalement sous contrôle". "Je voudrais vous assurer que la situation est totalement sous contrôle et vous inviter par conséquent à vaquer sereinement à vos occupations dès ce soir-même, la sécurité et l'ordre public seront maintenus partout sur le territoire national", a-t-il ajouté, indiquant que "cette forfaiture ne restera pas impunie".
La Communauté économique des États d'Afrique de l'ouest (Cédéo) a annoncé dans la soirée déployer des soldats au Bénin. Dans un communiqué, l'organisme régional dit avoir "ordonné le déploiement immédiat d'éléments de la Force en attente", des troupes venant du Nigeria, de Sierra Leone, de Côte d'Ivoire et du Ghana, afin de soutenir "le gouvernement et l'armée républicaine du Bénin" et "préserver l'ordre constitutionnel".
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C'est dans ce contexte que le Nigeria dit avoir frappé des cibles à Cotonou, sur "deux requêtes du gouvernement béninois". Le chef de l'État nigérian Bola Tinubu a d'abord ordonné que des avions de combat entrent dans l'espace aérien béninois pour aider "à déloger les putschistes de la télévision nationale et d'un camp militaire où ils s'étaient regroupés". L'aviation nigériane a également mené des opérations de surveillance avec leur partenaire béninois.
Puis, Cotonou a également demandé le déploiement de troupes nigérianes au sol. "Des forces nigérianes au sol sont actuellement au Bénin", précisent les services de la présidence nigériane dans leur communiqué.
Une douzaine de militaires arrêtés et "des mutins en fuite"
Une douzaine de militaires, dont certains des auteurs de cette tentative de coup d'État, ont été arrêtés dans l'après-midi, selon des sources militaires et sécuritaires. Ces sources n'ont pas précisé si le meneur des mutins, le lieutenant-colonel Pascal Tigri, figurait parmi eux.
Dans son allocution, le président béninois a toutefois mentionné des personnes "retenues par les mutins en fuite" et a donné l’assurance "qu’ils seront retrouvés sains et saufs".
La France, ancienne puissance coloniale, a condamné dimanche soir la tentative de coup d'État et a appelé ses ressortissants "à la plus grande prudence" en raison d'"un contexte à cette heure encore volatil".
Dans une vidéo publiée sur Facebook, le ministre de l'Intérieur, Alassane Seidou, a affirmé que la tentative de putsch avait été "mise en échec". "Face à cette situation, les forces armées béninoises et leur hiérarchie, fidèles à leur serment, sont restées républicaines. Leur riposte a permis de garder le contrôle de la situation et de faire échec à la manœuvre", a-t-il affirmé.
Les faits se sont déroulés tôt, dimanche matin. La maison du président Patrice Talon, située dans le quartier le Guézo, à Cotonou, a été attaquée. Les militaires conduits par le lieutenant-colonel Pascal Tigri ont pris la télévision publique et annoncé à la télévision "démettre de ses fonctions" le président Talon. Le lieutenant-colonel Pascal Tigri s'est déclaré président du Comité militaire pour la refondation (CMR).
"Il s'agit d'un groupuscule de personnes qui ont uniquement la télévision. L'armée régulière reprend le contrôle. La ville [Cotonou, la capitale béninoise] et le pays sont totalement sécurisés, le président et sa famille aussi", a dit à l'AFP une source militaire dans l'entourage de Patrice Talon.
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Condamnations de l'UA et de la Cédéao
L'Union africaine (UA) a condamné "fermement et sans équivoque" cette tentative de coup d'État, appelant "tous les acteurs impliqués à cesser immédiatement toutes actions illégales".
De son côté, la Cédéao a également condamné "fermement" une "action anticonstitutionnelle qui constitue une subversion de la volonté du peuple béninois", disant "soutenir le gouvernement et le peuple [béninois] par tous les moyens nécessaires, y compris le déploiement de la force régionale en attente".
Cette tentative de putsch intervient à quelques mois du départ de la présidence de Patrice Talon, après deux mandats à la tête de ce petit pays d'Afrique de l'Ouest à la croissance robuste mais miné par des violences jihadistes dans sa partie nord.
Patrice Talon est au pouvoir depuis 2016 et devrait quitter ses fonctions en avril prochain, après l'élection présidentielle. La coalition au pouvoir a nommé le ministre des Finances Romuald Wadagni comme candidat présidentiel, un homme considéré comme un architecte important des politiques économiques menées sous l'actuelle mandature.
S'il est salué pour le développement économique du Bénin, Patrice Talon est régulièrement accusé par ses détracteurs d'avoir opéré un virage autoritaire dans un pays autrefois salué pour le dynamisme de sa démocratie.
Avec AFP, Reuters
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