Paris (France) (AFP) – Les responsables de la CFDT et de la CGT ont à nouveau réclamé jeudi matin une hausse substantielle du Smic et, au-delà, des augmentations des salaires dans leur ensemble, avant le départ de cortèges dans toute la France.

Publié le : 05/11/2026 - 10:17

"Il y a une forte attente sur un véritable geste significatif", a déclaré sur RMC-BFMTV Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, qui réclame 100 euros d'augmentation nette supplémentaire du salaire minimum, le seul en France à évoluer automatiquement en fonction de l'inflation.

Les syndicats interprofessionnels appellent jeudi à manifester ou faire grève pour réclamer des hausses de rémunération. Une mobilisation rejointe par les jeunes qui protestent depuis mi-septembre contre leurs conditions d'études, ainsi que par des gilets jaunes.

"La France est le pays européen qui a le moins augmenté son salaire minimum depuis dix ans. Nous sommes maintenant un pays de bas salaires", a dénoncé sur LCI Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT.

Le Smic connaît des évolutions automatiques en fonction du niveau d'inflation mais n'a pas bénéficié de coup de pouce supplémentaire depuis 2012.

Le ministre des Relations avec le Parlement Laurent Panifous a affirmé jeudi sur franceinfo qu'"il y aura peut-être une mesure sur le Smic", laissant le ministre de l'Economie Roland Lescure "l'annoncer probablement demain" (vendredi).

Mais "quand on voit l'explosion du coût de la vie, ce n'est pas +0,6% sur le SMIC qui va répondre" aux attentes, a prévenu Sophie Binet. "On n'est pas là pour une opération pièces jaunes", a ironisé la cheffe de la CGT.

Au-delà du salaire minimum, Marylise Léon comme Sophie Binet réclament des hausses de salaire.

"Il n'y a pas que le Smic dans la vie (...), lorsque l'entreprise le peut, elle doit pouvoir répondre à cette demande d'augmentation salariale", a déclaré Mme Léon, estimant "qu'il y a des marges de manœuvre et des possibilités de travailler sur beaucoup plus de justice sociale".

"Nous appelons à l'ouverture immédiate de négociations sur les salaires dans toutes les entreprises et dans toutes les branches, le patronat doit prendre ses responsabilités", a affirmé Mme Binet.

Mais pour le président de l’organisation patronale Les Entrepreneurs, Amir Reza-Tofighi, le patronat "ne peut pas en même temps nous augmenter le coût du travail et en même temps augmenter le salaire". "Tous les salaires qui sont au-dessus du Smic risquent de ne pas augmenter parce que les entreprises n'auront pas les moyens de suivre l'évolution du Smic", a-t-il déclaré sur RTL.

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