Dakar (AFP) – Au moins vingt-et-une personnes sont mortes dans le naufrage d'une pirogue de migrants au large de Kébémer, dans le nord-ouest du Sénégal où, selon les autorités, les recherches d'éventuels survivants se poursuivent.

Publié le : 08/11/2026 - 13:26

Des milliers de personnes originaires d'Afrique de l'Ouest, en majorité des jeunes, tentent depuis des années de gagner clandestinement l'Europe en empruntant la route de l'Atlantique, principalement vers l'archipel espagnol des Canaries, à bord d'embarcations surchargées, souvent vétustes.

"Au soir du 7 novembre 2026, le bilan provisoire fait état de 21 corps sans vie et d’un rescapé", a indiqué le ministère sénégalais de l'Intérieur dans un communiqué, sans préciser le jour du naufrage.

"Les services compétents de l’État sont mobilisés pour poursuivre les recherches, porter secours aux éventuels rescapés et accompagner les familles", a-t-il ajouté.

Le ministre de l'Intérieur doit se rendre sur les lieux lundi pour "témoigner aux familles des victimes et aux populations affectées la compassion et la solidarité de l’État", selon le communiqué.

"Le naufrage s'est produit vendredi", a déclaré à l'AFP Saliou Diouf, fondateur de "Boza Fii", l'une des principales associations d'aide aux personnes migrantes au Sénégal.

Selon le quotidien national Le Soleil, le drame a eu lieu au large des côtes de la localité de Loumpoul, dans la région de Louga (département de Kébémer), entre Dakar et Saint-Louis.

"La plupart des victimes seraient originaires des communes de Léona et de Thiéppe", dans le même département, ajoute le quotidien.

"On ne sait pas exactement s'il y a d'autres nationalités car les recherches se poursuivent. Mais les corps repêchés hier (samedi) sont ceux de Sénégalais", a précisé Saliou Diouf.

Les passeurs dans le collimateur

Samedi également, la gendarmerie sénégalaise a annoncé avoir intercepté au large de Dakar 142 migrants clandestins, dont des femmes et des enfants, qui tentaient de rejoindre l'Espagne à bord d'une pirogue.

L'opération a eu lieu vendredi et a été menée "en marge de la couverture sécuritaire" des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) de Dakar, le tout premier événement olympique à se dérouler sur le sol africain.

Parmi les personnes interceptées figurent 40 Sénégalais dont quatre femmes, 93 Gambiens dont 17 femmes, un ressortissant de Guinée-Bissau, deux Guinéens et deux Nigérians, selon la gendarmerie.

Le groupe comptait également deux nourrissons et deux enfants mineurs, ajoute-t-elle.

Pour fuir le conflit ravageant leur pays comme au Mali, ou l'autoritarisme des juntes, ou à la recherche d'un avenir meilleur face à la pauvreté et au manque d'opportunités dans leurs pays, des milliers de jeunes Ouest-Africains tentent depuis des années d'émigrer, notamment vers l'Europe.

Des milliers de personnes sont mortes ou ont disparu en tentant de rejoindre ainsi l'Europe ces dernières années.

Fin octobre, l'ONG Action pour les droits humains et l'amitié (ADHA) avait interpellé le Sénégal sur la persistance de "départs dangereux" vers l'Europe de migrants, dont "près de 1.000" Ouest-Africains arrivés aux Canaries espagnoles les 22 et 23 octobre.

"Le gouvernement réaffirme sa détermination à combattre les réseaux de passeurs, notamment par une coopération renforcée avec les pays voisins", a souligné le ministère de l'Intérieur dans son communiqué.

Le renforcement récent des contrôles en mer par le Sénégal, la Mauritanie et le Maroc a repoussé les départs de pirogues pour les Canaries vers le sud, vers les côtes de Gambie, de Guinée-Bissau et de Guinée, allongeant encore la durée des dangereuses traversées.

© 2026 AFP

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.