L’édition 2026 du Tournoi des Six Nations s’ouvre jeudi avec un choc au sommet entre la France, championne en titre, et l’Irlande. Une compétition au cours de laquelle le XV de France espère proposer un rugby efficace et séduisant, en s’appuyant sur de jeunes pousses et le retour de son capitaine emblématique Antoine Dupont.

Publié le : 05/02/2026 - 07:14

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Les facteurs de motivation ne manquent pas pour Antoine Dupont en vue d’affronter l’Irlande, jeudi 5 février, au Stade de France. Lui qui n'a plus joué avec les Bleus depuis une grave blessure subie contre cette même équipe voilà pratiquement 11 mois sera le capitaine d’un XV de France donné favori pour ce Tournoi des Six Nations.

Le retour en bleu d'Antoine Dupont, considéré comme le meilleur joueur du monde à son poste de demi-de-mêlée, est logiquement très attendu. Il a réalisé des sorties très convaincantes sous le maillot de son club du Stade toulousain depuis la fin novembre et semble avoir retrouvé tous ses moyens à l’aune de ce nouveau Tournoi des Six Nations, une compétition déjà remportée l'année dernière par les Bleus.

L'édition 2026 leur propose un défi relevé, celui d’un back-to-back qui leur permettrait de conserver leur titre, une prouesse réalisée par les Irlandais en 2023 et 2024. Les Verts se disputaient alors l’hégémonie du rugby mondial avec l’Afrique du Sud et régnaient sur le Vieux Continent.

Ils ont depuis perdu de précieuses batailles, notamment face aux Bleus à Dublin en 2025, et ne pointent plus qu’au 4e rang mondial, juste devant les Français. Une place que le XV du Trèfle, malgré plusieurs blessures importantes, aura à cœur de défendre au Stade de France. En gagnant au passage le tout nouveau trophée Solidarité, qui sera dorénavant remis chaque année au vainqueur des rencontres entre la France et l'Irlande dans le Tournoi.

Ce match d’ouverture est, pour la première fois, organisé un jeudi soir, de manière à ne pas se retrouver face à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d'hiver 2026. Car ces deux événements sportifs de poids sont diffusés par France Télévisions. Une programmation en semaine qui n'a pas dissuadé les spectateurs puisque ce match au sommet se jouera, comme d'habitude ces dernières saisons, à guichets fermés.

La charnière, un "sujet romantique" pour Galthié

Cette planification inédite a, par contre, eu des répercussions sur la semaine de préparation des Bleus. Réunis au Centre national de rugby de Marcoussis, ils ont appris dès mardi la composition concoctée par le sélectionneur Fabien Galthié. Il a dévoilé une équipe rajeunie par rapport à celle du précédent Tournoi, avec notamment Théo Attissogbe (21 ans), Louis Bielle-Biarrey (22 ans) et Nicolas Depoortère (23 ans) dans la ligne de trois-quarts. Le benjamin Kalvin Gourgues (20 ans) prendra place sur le banc, aux côtés notamment des avants Lenni Nouchi et Hugo Auradou, tous deux âgés de 22 ans.

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Le sélectionneur français a effectivement choisi de donner leurs chances à de jeunes pousses qui brillent en club, en se privant pour cette compétition de certains cadres plus expérimentés. Une politique qui ravit l’ancien sélectionneur français Philippe Saint-André, désormais manager du club de Provence Rugby en Pro D2. "On a la chance d'avoir une génération assez exceptionnelle de jeunes français dans le Top 14", explique-t-il, en ajoutant que "Fabien Galthié a attendu le retour du taulier Dupont pour lancer de jeunes joueurs".

Le demi-de-mêlée de 29 ans, qui décrochera sa 60e sélection face à l’Irlande, aura en effet pour mission d’encadrer les jeunes pousses et de leur donner confiance. Et il devra également trouver ses marques avec l’ouvreur Matthieu Jalibert, titularisé contre l’Irlande. "Ce que j’attends de la charnière, c'est ce que j’ai observé depuis dix jours : de la complicité et de la concentration”, a déclaré mardi le sélectionneur en conférence de presse.

Il a ainsi refermé le débat autour de la charnière qui fait rage en France, un "sujet romantique" selon lui. Car si le choix d'Antoine Dupont ne fait aucun doute au poste de 9, son association avec Jalibert (35 sélections) n'a pas toujours été probante par le passé. Mais au vu de l’état de forme de l'ouvreur bordelais et du forfait du Toulousain Romain Ntamack, l'option Matthieu Jalibert s’est naturellement imposée. Et ces deux joueurs très créatifs auront du coup la responsabilité de faire briller l’attaque tricolore, sans négliger pour autant les tâches défensives.

L'inspirant pilier Uini Atonio, contraint d'arrêter le rugby

De l'entente entre ces deux joueurs talentueux dépendra le rendement offensif d’une équipe de France qui a fini l’année 2025 sur une note plutôt terne à domicile. Elle a été battue par les champions du monde sud-africains en novembre (17-32) et a signé deux victoires sans pleinement convaincre face aux Fidji et à l’Australie. Des résultats qui ont remis la pression sur le sélectionneur Fabien Galthié deux ans avant le Mondial 2027.

Il sait que tout autre résultat qu'une victoire dans le Tournoi, sinon un Grand Chelem, serait vu comme un recul en raison des trois réceptions (Irlande, Italie, Angleterre) lors de cette édition 2026. Et à la pression des résultats s’ajoute celle de la manière. Il a dit ressentir ces dernières jours “la flamme allumée en 2020”, lorsqu'il prenait ses marques à la tête des Bleus avec son staff.

Cette époque était marquée par l’arrivée de plusieurs jeunes joueurs et un jeu très débridé. Le XV de France avait alors notamment rivalisé avec les Anglais en finale de la Coupe d’automne des nations en novembre 2020, ne s’inclinant que de 3 points à Twickenham (22-19). Une affiche qui se répétera cette année en dernière journée du Tournoi, cette fois au Stade de France où la France recevra le XV de la Rose le 14 mars.

Les Bleus tenteront alors peut-être de décrocher un Grand Chelem devant leur public. Pour cela, ils devront préalablement battre l’Irlande et l’Italie à Paris et s’imposer au pays de Galles et chez les redoutables Écossais. Invité à s’exprimer sur ses objectifs, Fabien Galthié a conseillé mardi aux observateurs et fans du XV de France de “prendre la joie où elle est” et de savourer le premier match contre les Irlandais, sans se projeter sur la suite.

Cette rencontre face aux Irlandais, les Bleus la disputeront sans l’un de leurs cadres. Victime d’un accident cardiaque la semaine dernière, le pilier Uini Atonio, 37 ans, a été contraint de mettre un terme à sa carrière. Le sélectionneur français a eu une pensée pour ce joueur emblématique (68 sélections) qui, malgré les difficultés, "n'abandonnait jamais sur le terrain". Contre l’Irlande, "il va inspirer les deux joueurs sélectionnés” au poste de pilier droit, a ajouté Fabien Galthié, en espérant qu'Atonio pourra les accompagner lors du match contre l'Angleterre. Il assistera alors peut-être à un nouveau Grand chelem des Bleus, lui qui était de la partie lors du précédent en 2022.

Appelé chez les Bleus pour préparer le Tournoi 2026, Thibaud Flament a annoncé qu'il manquerait la rencontre d'ouverture afin de pouvoir réaliser une procréation médicalement assistée (PMA) avec sa conjointe, qui souffre d'endométriose. Le deuxième ligne de 28 ans (34 sélections), devenu incontournable au Stade toulousain et chez les Bleus, s'est notamment confié au quotidien L'Équipe. "Très vite, on s'est aperçu que ça n'allait pas forcément être simple d’avoir un enfant. On a compris qu'on allait devoir réaliser une PMA", explique le joueur. "On ne peut pas maîtriser la date. (…) Ce n'est pas possible de faire les deux, donc je ne jouerai pas face à l'Irlande", a-t-il ajouté, en insistant sur le fait que l’endométriose “concerne le couple et pas uniquement les femmes”.

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