Pointe-à-Pitre (AFP) – Seul en tête depuis le chavirage d'Armel Le Cléac'h, le navigateur Tom Laperche (SVR Lazartigue) devrait remporter sa première Route du Rhum dans la nuit de samedi à dimanche à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), après une course maîtrisée de bout en bout.
Publié le : 07/11/2026 - 08:32
Le benjamin de la classe Ultim a pris la tête de la flotte juste après le coup de canon à Saint-Malo et, à un peu moins de 500 kilomètres de l'arrivée, affiche samedi matin une avance plus que confortable d'environ 430 milles (environ 800 km) sur son premier poursuivant, Thomas Coville (Sodebo).
Selon les dernières estimations de la direction de course, le vainqueur de la Solitaire du Figaro 2022 doit rallier Pointe-à-Pitre aux alentours de 22H00 locales samedi, soit 03H00 dimanche en heure de Paris.
"On a fait quelques jours bien intenses et ça laisse des traces. J'essaie de faire des siestes dès que je peux, pour rester lucide en permanence", a expliqué le skipper de 29 ans à la vacation vendredi.
Ancien protégé de François Gabart, qui lui a confié la barre de son trimaran géant il y a trois ans, Laperche doit arriver avant dimanche matin à 08H49 (heure de Paris) s'il veut battre le record établi en 2022 par Charles Caudrelier (6 jours et 19 heures).
"S'appliquer jusqu'au bout"
Mais "après une semaine de fatigue accumulée, la gestion de la fin de course va être délicate. Trouver le bon curseur entre attaquer et préserver le matériel face aux pièges de la mer, c'est tout l'enjeu", a estimé Francis Le Goff, directeur de course.
Le contournement de la Guadeloupe et ses zones de dévent est la dernière difficulté majeure à négocier pour Laperche. En 2018, l'exercice avait coûté très cher à son mentor qui s'était fait dépasser par Francis Joyon à deux milles seulement de l'arrivée.
"On se rapproche. Il va falloir quand même souvent changer de voile parce que ça va forcir, mollir, on va devoir tirer des bords. Ce n'est pas gagné, il faut aller jusqu'à la ligne d'arrivée", a prévenu Laperche, déterminé à "s'appliquer jusqu'au bout".
Thomas Coville, lui, est attendu à la célèbre bouée de Basse Terre vers 04H00 locales dimanche, soit 09H00 en heure de Paris, et donc deux à trois heures plus tard sur la ligne d'arrivée.
Malgré son expérience et sa ténacité, il n'a jamais pu véritablement inquiéter Laperche, qui disposait du bateau le mieux préparé de la flotte des Ultim pour une transatlantique, avec le Banque Populaire de Le Cléac'h.
Tel père tel fils
Mais lancé aux trousses du SVR Lazartigue pendant le premier tiers de la traversée, le Chacal a chaviré, comme en 2018, avant d'être secouru "en bonne santé" par un cargo panaméen.
Louis Burton (Armand Thiery) devrait compléter le podium de la Route du Rhum en fin de week-end, une belle récompense pour sa première grande course à la barre d'un Ultim, rendue possible par les abandons d'Actual et du Maxi Edmond de Rothschild sur avaries.
Après les maxi-trimarans, les autres classes de bateaux vont arriver par grappes à partir de mardi à Pointe-à-Pitre. Leader en Ocean Fifty, Basile Bourgnon (Edenred) pourrait imiter son père Laurent, vainqueur de la Route du Rhum en 1994 et 1998.
En Imoca (les monocoques de 18 mètres qui participent au Vendée Globe), Corentin Horeau (MACSF) a réalisé une course magnifique depuis le départ à Saint-Malo, s'extirpant de justesse d'un piège météo au nord-est des Açores, où tous les favoris se sont englués.
"Il a été super bon ! Il fallait prendre le risque et il l'a fait, ça a vraiment de la gueule", s'est enthousiasmé son concurrent Davy Beaudart (Bureau Vallée). Avec plus de 305 milles d'avance (560 km) sur son premier poursuivant, il semble lui aussi avoir course gagnée.
© 2026 AFP
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