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Publié le : 20/02/2026 - 11:57

Les Kurdes se retrouvent face à un paradoxe : indispensables quand l'Occident a besoin d'alliés dans la région, abandonnés lorsque vient l’heure des choix politiques. L'accord signé fin janvier entre la Syrie et les Kurdes syriens a mis un coup d'arrêt au rêve d'un grand Kurdistan. La perte d’autonomie du Rojava a ravivé un sentiment d’insécurité. Reportage de Pauline Godart, Amar Al-Hameedawi et Dida Faridoon.

Le 30 janvier dernier, après plusieurs semaines d'affrontements, les Kurdes de Syrie et le gouvernement de transition syrien ont signé un accord de cessez-le-feu. Cet accord a acté l'intégration progressive de l'administration de la zone autonome kurde, le Rojava, et des forces militaires kurdes, au sein de l'État syrien. Un revers pour les Kurdes syriens qui disent avoir signé ce texte pour éviter un bain de sang.

Un texte accueilli avec beaucoup de méfiance, car ils sont nombreux à ne pas faire confiance au président de transition syrien Ahmed al-Charaa. Ils gardent en tête son passé jihadiste. Ces événements ont réveillé la solidarité entre les peuples kurdes.

L'aide kurde irakienne a afflué notamment à Qamishli, qui fait office de capitale dans ce qu'il reste du Rojava. Des milliers de déplacés ont pu en bénéficier.

Le Kurdistan irakien comme refuge

Pour le peuple kurde, dispersé en Turquie, en Syrie et en Iran, le Kurdistan irakien est un refuge, notamment pour les Kurdes iraniens.

Certains ont fui la répression qui a suivi le mouvement "Femme, vie, liberté", déclenché après la mort de Mahsa Amini. D'autres ont fui, mais sont devenus des combattants et se tiennent prêts à intervenir depuis la vallée du Balisan, non loin de la frontière avec l'Iran.

Plus au nord du Kurdistan irakien, des villageois vivent toujours sous la menace des affrontements entre la Turquie et le PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan, considéré comme un mouvement terroriste par la Turquie, les États-Unis et l'Union européenne, et ce malgré un accord signé en 2025.

Pris en étau entre les conflits, les frontières et l'histoire, une grande partie du peuple kurde rêve toujours de vivre, un jour, dans un grand Kurdistan. Mais ils l'affirment : c'est en restant unis qu'ils y parviendront.

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