Paris (France) (AFP) – Bruno Retailleau a relancé mardi l'idée d'une primaire pour désigner un candidat unique à droite et au centre à l'élection présidentielle de 2027, accentuant la pression sur Édouard Philippe, seul candidat déclaré à s'y opposer.

Publié le : 04/11/2026 - 01:41

"Je pense que tel que se dessinent les choses, il faudra une primaire sans doute en début d'année", a affirmé le patron de LR sur BFMTV. "Si les sondages sont ce qu'ils sont, on n'y coupera pas", a-t-il insisté.

Édouard Philippe "sera contraint à un moment ou un autre de l'accepter", a-t-il appuyé alors que le maire du Havre a assuré dimanche soir sur TF1 que cette primaire n'aurait "pas lieu".

"Ou bien on est départagés par un vote démocratique, ou bien moi j'irai jusqu'au bout", a prévenu Bruno Retailleau, affirmant que cette primaire devrait l'opposer au maire de Cannes David Lisnard et aux "deux anciens Premiers ministres d'Emmanuel Macron", à savoir Édouard Philippe (Horizons) et Gabriel Attal (Renaissance).

"Il faut des débats où on puisse aller au fond et pour aller au fond, c'est difficile d'être plus de quatre", a-t-il ajouté, excluant une éventuelle participation de Raphaël Glucksmann, le vainqueur de la primaire de la gauche, au motif que "l'on ne va pas faire du en-même-temps".

Édouard Philippe est à la peine dans les sondages ces dernières semaines, distancé par l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon qui se hisserait au second tour pour affronter Marine Le Pen.

Face à ce constat, Gabriel Attal a proposé la semaine dernière une "primaire des démocrates" permettant d'éviter ce duel.

Mardi soir, Bruno Retailleau lui a donc emboîté le pas. "Je n'ai jamais pris à la légère cette idée qu'on pourrait avoir un second tour Monsieur Mélenchon Madame Le Pen", a-t-il expliqué, faisant le constat, après avoir "imaginé" que les sondages allaient "départager" les candidats de son couloir politique, que "ce n'est pas parti pour ça".

Mardi soir, trois des quatre principaux candidats de la droite et du centre sont donc d'accord sur le principe d'une primaire : Gabriel Attal, Bruno Retailleau et David Lisnard.

Appel à débattre

Dimanche, M. Philippe avait balayé la proposition émise par Gabriel Attal, dénonçant une "primaire de la division" et de "la confusion".

Un refus qui n'a pas fait changer Gabriel Attal d'avis : lundi, le candidat Renaissance a réaffirmé que ce mode de scrutin était "inéluctable".

Face aux réticences d'Édouard Philippe, Bruno Retailleau appelle "en attendant" à l'organisation de trois "grands débats".

"Au moins qu'on éclaire les Français, et qu'on organise ces débats pour qu'ils voient nos différences", a poursuivi le candidat LR, qui propose trois rendez-vous consacrés respectivement au pouvoir d'achat, au régalien et à l'écologie.

Parmi les désaccords qui l'opposent aux deux anciens Premier ministre d'Emmanuel Macron, Bruno Retailleau a cité mardi la modification de la Constitution concernant Édouard Philippe, et la construction européenne chez Gabriel Attal, qui veut "des Etats-Unis d'Europe", un projet fédéraliste que Bruno Retailleau juge "pas réaliste".

Le sénateur LR n'a en revanche pas cité de divergence majeure qui l'opposerait au maire de Cannes, David Lisnard, personnalité dont il a affirmé être "plus proche". Compliment que le candidat "Nouvelle Energie" lui avait également adressé un peu plus tôt sur BFMTV.

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