La Ciotat (AFP) – À La Ciotat, environ 300 personnes sont réunies samedi pour écouter Édouard Philippe, qui entend multiplier ces réunions publiques avec interaction de la salle. La première question fuse : puisque vous refusez la primaire, quelle est votre stratégie ? "Laissons la campagne prospérer", répond le candidat Horizons à l'élection présidentielle.
Publié le : 07/11/2026 - 18:14
En déplacement dans le Sud-Est depuis jeudi - à Salon-de-Provence, Aix, Marseille, Arles, La Ciotat, Draguignan et Saint-Raphaël -, Édouard Philippe a lancé son "grand tour" : des déplacements avec réunions publiques de petit format dans toutes les régions d'ici à la fin de l'année. Il se rendra notamment à Chartres lundi, à Toulouse la semaine prochaine et à Rillieux-la-Pape (Rhône) le 19 novembre.
Cette semaine, l'ancien Premier ministre, en baisse sensible dans les sondages, a répété son opposition à la primaire réclamée depuis longtemps par le maire de Cannes David Lisnard (Nouvelle Energie), reprise à son compte par Gabriel Attal (Renaissance) et désormais défendue par le candidat des Républicains (LR) Bruno Retailleau. Pas question pour le maire du Havre de participer à ce qu'il appelle une "opération de division". Ni même de débattre avec ses concurrents.
Mais si "en février" il considère n'avoir aucune chance, il n'ajoutera "pas une candidature en plus". "J'aimerais que les autres prennent le même engagement", a précisé à La Provence celui qui médite sa candidature depuis sa sortie de Matignon en 2020, et l'a déclarée en 2024.
Dans la salle Paul Éluard de La Ciotat, le maire du Havre insiste : "Je pense que les responsables politiques prendront leurs responsabilités parce que personne ne voudra prendre la responsabilité d'interdire à la droite et au centre d'être au deuxième tour." Et les Français "vont se tourner, pas forcément vers le candidat avec lequel ils sont le plus d'accord, mais vers le candidat qui leur paraît le mieux à même" de se qualifier.
Au passage, Édouard Philippe réaffirme son espace politique : "Je ne veux pas avoir la droite seulement. Je ne veux pas avoir la droite et la gauche. Je veux rassembler la droite et le centre. Et je ne veux certainement pas rassembler la droite et l'extrême droite. Jamais." Message transmis à Gabriel Attal, qui veut "continuer le macronisme", et à David Lisnard, à la position jugée ambiguë vis-à-vis du RN et de ses satellites.
Macron ? "Je ne suis pas le même"
Dans ce meeting, l'ex-Premier ministre décline ses priorités politiques : rétablir "l'ordre dans la rue", "l'ordre dans les comptes", réformer la justice, "maillon faible de la chaîne pénale", "sauver notre système éducatif", "transformer le financement de notre modèle social".
Alors que Jean-Luc Mélenchon, qui le devance désormais dans les sondages, présente son programme samedi, douard Philippe l'attaque sur sa "vision communautariste" et ses projets d'"économie administrée".
À une jeune femme qui lui demande que répondre à ceux qui voient dans une présidence Philippe "une pâle reproduction des mandats Macron", l'ex-Premier ministre répond : "Je ne suis pas le même." Il défend son propre bilan à Matignon (2017-2020) avant de regretter "que la promesse initiale" du président Macron se soit "perdue dans les limbes".
À La Ciotat, dans la matinée, le candidat avait arpenté la ville, accompagné d'un certain nombre d'élus de droite de la région, dont le maire Alexandre Doriol, Christian Estrosi et le chef de file de l'opposition municipale marseillaise Romain Simmarano, qui rejoint sa campagne et ne reprendra pas sa carte à Renaissance.
Pendant qu'Édouard Philippe s'exprime devant la presse, un cycliste lui lance un sonore "raciste". Son évocation d'une "surreprésentation" de la jeunesse "issue de l'immigration" dans les pillages du 17 octobre a laissé des traces.
"Ce sont des Français" avec "les mêmes droits et les mêmes devoirs", explique-t-il en meeting, avant de s'en prendre à Jean-Luc Mélenchon: "Qui, dans le débat public, a réintroduit ou a introduit (...) le concept de racisé ?" "Qui a joué pendant plusieurs mois, plusieurs années sur des mots, sur des concepts, sur des choses qui dans notre histoire politique (...) relève fondamentalement de l'antisémitisme ?" De l'art périlleux de cibler ses adversaires et d'ignorer ses concurrents.
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