Paris (France) (AFP) – Opposé à la primaire prônée par Gabriel Attal, Édouard Philippe n'en doit pas moins relancer sa campagne, après une baisse sensible dans les sondages. Avec la volonté de s'adresser d'abord à la droite, sur fond de fin de règne chaotique du

Publié le : 03/11/2026 - 19:49

macronisme et d'émergence de David Lisnard.

Une "dérive dans les eaux noires de l'extrême-droite" (Olivier Faure, PS). Des "calomnies racistes" (Jean-Luc Mélenchon). Un candidat qui utilise les violences du 17 octobre "pour mettre au ban l'ensemble des immigrés de ce pays" (Dominique de Villepin): en jugeant "patente" la "sur-représentation de jeunes issus de l'immigration" dans les violences autour des manifestations depuis le 17 octobre, Édouard Philippe s'est attiré une volée de critiques à gauche et au-delà.

Ses soutiens sont logiquement montés au créneau, tels la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon et le garde des Sceaux Gérald Darmanin.

Les équipes du candidat Horizons s'appuient sur des propos du sondeur Jérôme Fourquet, qui affirme avoir tiré des articles de presse sur les premières comparutions immédiates post-17 octobre le chiffre de "75% de porteurs de prénoms arabo-musulmans ou d'origine africaine pour les personnes qui ont été déférées".

"Édouard Philippe fait le choix très droitier de considérer qu'il faut aller braconner sur les terres du Rassemblement national et utiliser les mots que celui-ci utilise", analyse le député socialiste Jérôme Guedj, qui connaît le maire du Havre depuis plusieurs décennies.

"Pour autant, il y a une chose que je lui reconnais: oui, il y a un échec de l'intégration dans ce pays", a ajouté l'élu de l'Essonne.

Toujours en tête parmi les candidats du camp présidentiel, Édouard Philippe est cependant en nette baisse dans les différents sondages au point d'être éliminé au premier tour au profit de Jean-Luc Mélenchon.

Voici une semaine, un des cadres de la campagne d'Horizons attribuait cette chute de régime à la victoire à la primaire sociale-démocrate de Raphaël Glucksmann.

Mais pour un parlementaire Horizons interrogé cette semaine, c'est "la combinaison 17 octobre + David Lisnard" qui "intervient au plus mauvais moment".

S'agissant des violences, Édouard Philippe a eu l'occasion dès l'allocution d'Emmanuel Macron du 18 octobre de dénoncer un "pays" qui n'est plus "commandé". Une critique qui rappelle son appel à une démission anticipée du chef de l’État en octobre 2025.

"Pas idiots"

"Le 17 octobre, ça nous fait mal parce que les gens considèrent qu'on est co-responsables de ce qui se passe dans le pays. Que c'est la faute du macronisme au sens large, dans lequel ils englobent Édouard Philippe", explique ce même parlementaire.

Il déplore que son candidat, comme les autres du camp présidentiel, soit "absolument inaudible sur ses propositions".

Sur TF1 dimanche, Édouard Philippe a tenté de repasser le mistrigri à Gabriel Attal, érigé en "continuateur du macronisme".

Mais "les Français ne sont pas idiots. Édouard Philippe a été l’instigateur du macronisme, il a été Premier ministre pendant trois ans" (2017-2020), rétorque-t-on chez le candidat Renaissance.

Autre donnée de l'équation: l'émergence, sur sa droite, du président de Nouvelle Énergie David Lisnard, qui devance même le candidat des Républicains (LR) Bruno Retailleau dans certains sondages récents.

Lisnard "nous bouffe de l'électorat", reconnaît un soutien de M. Philippe, qui juge néanmoins le phénomène "passager".

Mais la présence du maire de Cannes complique la donne. "Jusqu'à présent, Philippe ne voulait pas faire du mal à Retailleau" mais les ralliements souvent annoncés de figures de LR "n'ont pas eu lieu", observe un cadre de ce parti.

Courtiser d'abord l'électorat de droite ? Avec le risque, en miroir, de délaisser un pan au centre... "Je ne suis pas sûr qu’on rattrape les 30% qui partent chez Glucksmann en disant toute la journée +je suis un homme de droite+", cingle une députée Renaissance.

Édouard Philippe "est parti sur une grande angoisse d’être +juppéisé+. Il s’est dit: je blinde ma droite. Je pense que son entourage lui a laissé penser qu'il y aurait plein de ralliements LR, qu’il fallait commencer par pousser Retailleau à se retirer, et ensuite qu’il reviendrait sur le centre. Mais la première étape ne marche pas vraiment", poursuit cette source, qui juge que le candidat n'a "rien fait" pour attirer le centre.

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