En obtenant 66,8 % des suffrages, le socialiste Antonio José ​Seguro est arrivé dimanche en tête du second tour de l'élection présidentielle portugaise, loin devant ⁠son rival d'extrême droite, André Ventura.

Publié le : 08/02/2026 - 21:44Modifié le : 09/02/2026 - 04:57

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Le socialiste modéré Antonio José Seguro a remporté, dimanche 8 février, le second tour de l'élection présidentielle au Portugal en devançant largement son adversaire d'extrême droite André Ventura, selon des résultats portant sur 99,2 % des circonscriptions.

Antonio José Seguro recueille 66,8 % des suffrages, contre 33,2 % pour ​André Ventura.

"Les vainqueurs ce soir, ce sont les Portugais et la démocratie", a réagi le futur chef de l'État, affichant la volonté d'être "le président de tous les Portugais".

"Félicitations à Antonio José Seguro", a déclaré Emmanuel Macron dimanche soir sur X, promettant d'œuvrer avec son homologue "pour renforcer les liens entre le Portugal et la France et faire vivre notre traité d'amitié et de coopération".

La voix du Portugal en soutien de "valeurs européennes communes" reste "forte", a salué la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. "Les Portugais se sont exprimés et, face à la dévastation causée par les tempêtes, ont fait preuve d'une résilience démocratique remarquable", a-t-elle souligné sur X.

Antonio José Seguro, ancien secrétaire général du Parti socialiste (2011-2014), devrait ainsi succéder le 9 mars prochain au conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, en poste depuis dix ans.

Alors qu'André Ventura promettait une "rupture" avec les formations qui dirigent le Portugal depuis 50 ans, le vainqueur annoncé s'est posé en candidat rassembleur et a mis en garde contre le "cauchemar" dans lequel le pays risquerait de se trouver si son adversaire l'emportait.

Le chef du gouvernement minoritaire de droite, qui s'appuie au Parlement tantôt sur les socialistes, tantôt sur l'extrême droite, avait refusé de donner une consigne de vote pour le second tour après l'élimination du candidat soutenu par son parti.

Dimanche soir, le Premier ministre a promis de travailler avec le prochain président dans un "esprit de convergence", afin de "garantir la stabilité politique".

Progression de l'extrême droite

André Ventura avait quant à lui déjà franchi un nouveau palier en se qualifiant pour le second tour avec 23,5 % des voix, confirmant ainsi la progression électorale de son parti d'extrême droite, devenu la première force d'opposition l'an dernier.

Le président de Chega a reconnu sa défaite, tout en se félicitant d'avoir offert à sa formation "le meilleur résultat de son histoire".

"Nous menons la droite au Portugal et nous allons bientôt gouverner ce pays", a-t-il lancé devant ses partisans, mettant en avant le fait d'avoir obtenu un meilleur score que celui du camp gouvernemental lors des législatives de mai 2025.

Si le rôle du chef de l'État portugais est surtout symbolique, il est appelé à jouer un rôle d'arbitre en cas de crise et dispose du pouvoir de dissoudre le Parlement pour convoquer des élections anticipées.

Étant donné que "le gouvernement ne dispose toujours pas d'une majorité au Parlement", le nouveau président "restera au centre du jeu politique", a commenté le politologue Bruno Ferreira da Costa, de l'université Beira Interior.

Après le premier tour, la campagne a été fortement perturbée par les tempêtes meurtrières qui ont balayé le Portugal ces deux dernières semaines, poussant une vingtaine de circonscriptions parmi les plus touchées à reporter le scrutin d'une semaine.

L'écrasante majorité des 11 millions d'électeurs au Portugal et à l'étranger était néanmoins appelée à voter dimanche et, malgré les craintes d'une démobilisation des électeurs, le taux d'abstention (49,9 %) n'a que légèrement dépassé celui du premier tour, qui avait connu la plus forte participation depuis la présidentielle de 2006.

Avec AFP et Reuters

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