Bruno Retailleau a annoncé, jeudi, sa candidature à la présidentielle de 2027. Le patron du parti Les Républicains était privé de lumière depuis son départ du ministère de l'Intérieur, en octobre. Cette annonce coupe l'herbe sous le pied de ses concurrents à droite, à l'instar de Xavier Bertrand ou Michel Barnier.
Publié le : 12/02/2026 - 18:07Modifié le : 12/02/2026 - 18:09
L'annonce était dans l'air depuis quelques jours, elle est désormais officielle : le président du parti Les Républicains (LR), Bruno Retailleau, a annoncé, jeudi 12 février, sa candidature à la présidentielle de 2027, avec l'espoir de prendre de vitesse ses concurrents.
"Je tenais à t'informer personnellement que je m'apprête à déclarer ma candidature à l'élection présidentielle." C'est par un message adressé à chaque parlementaire de son parti que le patron de LR a mis fin au suspense. Le voici donc officiellement lancé dans la course à l'Élysée, à 65 ans. "C'est une décision que j'ai beaucoup mûrie", ajoute l'ex-ministre de l'Intérieur.
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Dans une allocution diffusée en direct sur YouTube à 18 h, avant un passage au 20 h de TF1, Bruno Retailleau a affirmé que "seule l'élection présidentielle permet d'agir vraiment", et dit son refus de voir "une France qui s'enfonce (et) qui s'efface dans un monde de plus en plus menaçant". "Pour affronter les désordres du monde, notre pays devra d'abord remettre ses affaires en ordre" et "seule l'élection présidentielle permet d'agir vraiment", a-t-il déclaré.
Cet homme fort de la droite conservatrice "pense que le moment est venu pour (sa) famille politique d'indiquer aux Français un nouveau chemin, axé sur l'ordre, la prospérité et la fierté française". Un positionnement droitier, couplé à une déclaration précoce, à plus d'un an de l'échéance, pour mieux couper l'herbe sous le pied de ses rivaux.
Une annonce dans une "logique très perso"
Car, à droite et au centre, les principaux prétendants supposés se réservent pour le printemps, à l'exception d'Édouard Philippe. Mais le patron d'Horizons, candidat depuis septembre 2024, joue d'abord sa réélection à la mairie du Havre.
À un mois du premier tour des municipales, l'initiative de Bruno Retailleau est accueillie positivement par son successeur à la tête du groupe LR au Sénat, Mathieu Darnaud, qui y voit "l'occasion de peser par les idées dans le débat public".
Au contraire, une ministre en exercice, qui l'a côtoyé au gouvernement, juge "le timing hyper mauvais" et considère que son ancien collègue est "dans une logique très perso".
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Dans son cercle rapproché, certains le pressaient de se dévoiler dès janvier, d'autres d'attendre le soir du 22 mars et de possibles conquêtes aux dépens de la gauche à Paris, Lyon ou Besançon. Mais la déroute lors d'une législative partielle début février en Haute-Savoie face à l'Union des droites pour la République (UDR) d'Éric Ciotti – allié du Rassemblement national (RN) – a sans doute précipité les choses.
Est-ce vraiment un hasard du calendrier ? L'annonce survient au lendemain de la fin du procès en appel de Marine Le Pen, dont le verdict sera annoncé le 7 juillet. Jusqu'à cette date, un doute subsistera sur l'identité du candidat du RN, même si la double finaliste de 2017 et 2022, et son dauphin Jordan Bardella dominent largement les sondages à ce stade, avec plus de 30 % d'intentions de vote.
Le "trou d'air" de Retailleau, dont la cote de popularité a fondu en quelques mois
Sans sortant, puisqu'Emmanuel Macron ne peut pas se représenter, l'élection aiguise de nombreuses ambitions.
À gauche, le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon ne fait pas mystère qu'il sera candidat, tandis que l'Écologiste Marine Tondelier est sur la ligne de départ d'une primaire qu'elle espère organiser avec une partie de la gauche, le 11 octobre.
Dans ce contexte, Bruno Retailleau traversait "un trou d'air" depuis son départ de Beauvau en octobre, comme le reconnaît l'un de ses proches. Sa cote a fondu de moitié en quelques mois, de 16 % au printemps à 8 % en fin d'année. "Il a beaucoup perdu, mais n'est pas revenu au point de départ", avant son passage au ministère de l'Intérieur, se rassure son entourage.
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Désormais seul aux commandes de LR, il fait "l'acte d'autorité" souhaité par un autre proche, partisan du "fait accompli" pour imposer cette candidature à un parti fortement divisé.
En interne, les rivalités s'exacerbent entre candidats potentiels à l'Élysée : Xavier Bertrand est déjà en lice, tandis que Michel Barnier se pose en rassembleur de la droite et du centre. David Lisnard menace, lui, de se présenter directement s'il n'y a pas de primaire. En embuscade, le patron des députés Laurent Wauquiez plaide pour une primaire allant du macroniste Gérald Darmanin à Sarah Knafo, du parti d'extrême droite Reconquête.
Pour les départager, Bruno Retailleau avait confié à un groupe de travail le soin de définir le mode de désignation du candidat LR. Ses conclusions étaient attendues d'ici la fin du mois, mais le patron a pris les devants.
Avec AFP
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