Barack Obama a réagi pour la première fois, samedi, depuis le partage par Donald Trump d'une vidéo raciste le dépeignant en singe. L'ex-président démocrate a dénoncé un "spectacle de clowns". Il a aussi critiqué les opérations anti-immigration aux États-Unis, qualifiées de dérives dignes d'une "dictature".
Publié le : 15/02/2026 - 05:41Modifié le : 15/02/2026 - 10:18
Plutôt rare dans les médias, Barack Obama s'est exprimé dans un podcast politique, diffusé samedi 14 février, au cours duquel il s'inquiète de dérives des États-Unis sous son successeur républicain.
L'ancien président démocrate a déploré le "spectacle de clowns" offert par la classe politique américaine après le partage par Donald Trump d'une vidéo raciste le dépeignant en singe.
Il a également condamné les opérations anti-immigration, dignes, selon lui, d'une dictature.
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Le commentateur politique de gauche Brian Tyler Cohen l'interroge en particulier sur la "dégradation du discours" politique américain et cite comme exemple la vidéo, largement dénoncée comme raciste, diffusée puis supprimée sur le compte de Donald Trump, au début du mois sur le réseau Truth Social.
Animosité de Trump contre Obama
La majorité des habitants des États-Unis "trouve ce comportement profondément troublant", répond Barack Obama, sans mentionner explicitement la vidéo ni son successeur républicain.
"Il y a une sorte de spectacle de clowns qui se déroule sur les réseaux sociaux et à la télévision, et ce qui est vrai, c'est que ça ne semble provoquer aucune honte parmi les gens qui, auparavant, estimaient qu'il fallait faire preuve d'une certaine décence, d'un sens des convenances et de respect pour la fonction, n'est-ce pas ? Cela s'est perdu", développe l'ancien président.
La vidéo, à laquelle il n'avait pas encore réagi, représente les visages de Barack Obama, premier président noir du pays, et son épouse Michelle Obama sur des corps de singes, suscitant de nombreuses critiques de la part des démocrates et de certains républicains.
Donald Trump a minimisé les critiques et a affirmé n'avoir pas vu la partie en question de la vidéo, la Maison Blanche affirmant qu'un membre de son personnel était responsable de la publication.
Le milliardaire a une animosité particulière contre Barack Obama, figure très populaire auprès des Américains. Il ne l'appelle que "Barack Hussein Obama", utilisant son deuxième prénom, et a contribué à diffuser des théories du complot autour de la nationalité du démocrate.
Pendant sa campagne, le dirigeant républicain avait multiplié les déclarations violentes contre les immigrés et répercuté de fausses informations aux relents racistes.
"Ce n'est pas l'Amérique en laquelle nous croyons"
Dans la même interview, Barack Obama se montre très virulent concernant les agissements de la police de l'immigration (ICE) et de la police des frontières à Minneapolis, jusqu'à la fin de leur déploiement cette semaine.
"Le comportement dévoyé d'agents du gouvernement fédéral est profondément préoccupant et dangereux", assène-t-il, évoquant des comportements "que nous avons vus par le passé dans des pays autoritaires et dans des dictatures".
Depuis décembre, plusieurs milliers de policiers fédéraux - souvent masqués - ont multiplié raids anti-migrants et arrestations, suscitant la révolte de nombre d'habitants de ce bastion démocrate devenu l'épicentre de l'hostilité à la politique migratoire répressive du président américain.
Deux citoyens américains qui tentaient de s'opposer à l'ICE, Renee Good et Alex Pretti, y ont été tués par balles par des agents fédéraux le mois dernier.
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Barack Obama avait déjà critiqué les agissements de l'ICE, appelant à un "sursaut" des citoyens alors que les valeurs fondamentales sont "attaquées".
Dans le podcast, il salue la résistance opposée à ces opérations : "Ce sont des citoyens qui disent, de manière systématique et organisée: 'ce n'est pas l'Amérique en laquelle nous croyons', et nous allons résister, nous allons riposter avec la vérité, et avec des caméras et avec des manifestations pacifiques".
"Ce type de comportement héroïque et persistant de la part de gens ordinaires, malgré les températures négatives, devrait nous donner de l'espoir", ajoute Barack Obama.
Bras de fer au Congrès
Tom Homan, bras droit du président Donald Trump, a annoncé jeudi la fin de l'opération menée dans le Minnesota. L'opposition démocrate continue à demander de vastes réformes du fonctionnement de l'ICE, notamment la fin des patrouilles volantes, l'interdiction pour les agents de dissimuler leur visage, et l'obligation d'obtenir un mandat judiciaire avant l'arrestation d'un migrant.
À cet effet, les chefs démocrates au Congrès refusent d'approuver le projet de financement 2026 du ministère de la Sécurité intérieure (DHS).
Avec AFP
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