Le Mondial 2026 doit se dérouler dans quatre mois en Amérique du Nord, organisé conjointement par trois pays. Mais alors que des violences secouent le Mexique après l'élimination d'un chef de cartel et que les États-Unis font face à de nombreuses critiques en raison de la politique agressive de Donald Trump, la tenue de la Coupe du monde est de plus en plus remise en question.

Publié le : 23/02/2026 - 16:33Modifié le : 23/02/2026 - 17:00

La 23e édition de la Coupe du monde de football va-t-elle bien avoir lieu ? Organisé conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique du 11 juin au 19 juillet 2026, le deuxième évènement sportif de la planète après les Jeux olympiques d'été est en proie à de multiples menaces qui perturbent déjà son bon déroulement. Tour d'horizon des problèmes qui enflamment actuellement l'Amérique du Nord.

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Plusieurs États du Mexique en plein chaos

L'armée mexicaine a abattu, dimanche 22 février, le baron de la drogue Nemesio Oseguera, alias "El Mencho", chef du puissant Cartel de Jalisco Nouvelle génération (CJNG), pour lequel les États-Unis offraient une récompense de 15 millions de dollars. Tué à l'âge de 59 ans, cet homme était considéré comme le dernier des grands parrains depuis l'arrestation des fondateurs du cartel de Sinaloa, Joaquin Guzman "El Chapo", et Ismael "El Mayo" Zambada, incarcérés aux États-Unis.

Le CJNG a réagi violemment en bloquant des routes et en incendiant des véhicules dans son fief de Jalisco tout comme dans d'autres États du pays, où des hommes armés ont mis le feu à des commerces et semé la terreur parmi la population.

Guadalajara, capitale de l'État du Jalisco, dans l'ouest du pays, épicentre des violences, sera l'une des villes hôtes du Mondial 2026. Après un appel lancé à la population pour qu'elle se mette à l'abri, la ville – qui doit accueillir quatre matchs de la Coupe du monde de football – s'est retrouvée paralysée.

Les États-Unis ont appelé les ressortissants américains se trouvant dans plusieurs zones du Mexique, dont des villes et régions touristiques comme Cancun, Guadalajara et Oaxaca, à "se mettre à l'abri jusqu'à nouvel ordre". Des compagnies aériennes américaines et canadiennes ont annulé des dizaines de vols vers plusieurs villes mexicaines.

Les violences liées aux cartels ont fait plus de 450 000 morts et plus de 100 000 disparus depuis 2006 au Mexique, selon les chiffres officiels.

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L'épidémie de rougeole en Amérique du Nord

Le Mexique fait également face à sa plus importante épidémie de rougeole depuis des décennies, avec plus de 10 000 cas confirmés et 31 décès. Face à cette recrudescence, les autorités fédérales ont lancé une campagne de vaccination massive. Le pays, qui va accueillir le Mondial, veut contenir la propagation du virus et éviter de perdre son statut de pays exempt de la maladie.

Aux États-Unis, la situation est aussi préoccupante, avec un retour en force de la maladie. Après plus de 2 200 cas recensés et trois morts, dont deux jeunes enfants, en 2025, les contaminations continuent de flamber en 2026, notamment en Caroline du Sud, qui approche les 1 000 cas. Le ministre de la Santé de Donald Trump, le vaccinosceptique Robert F. Kennedy Jr, est accusé de contribuer largement à cette crise sanitaire en alimentant les craintes à l’égard du vaccin. Les États-Unis pourraient ainsi également perdre leur statut de "pays ayant éliminé la rougeole", qu’ils avaient acquis en 2000 grâce à la vaccination.

Le Canada, l'autre pays hôte de la prochaine Coupe du monde, a déjà perdu son statut de pays indemne de rougeole l'an dernier. En 2025, on y a dénombré 5 450 cas de rougeole, ce qui a entraîné la perte de sa certification. La rougeole provoque de la fièvre, des symptômes respiratoires et des éruptions cutanées, et dans certains cas des complications plus graves, comme une pneumonie ou une inflammation du cerveau pouvant occasionner de graves séquelles et la mort.

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Les tensions entre les États-Unis et le Canada

Pays voisins, États-Unis et Canada organisent ensemble le Mondial avec le Mexique, mais leurs relations sont loin d'être au beau fixe. Depuis son retour au pouvoir il y a un an, le président américain Donald Trump n'a pas ménagé son voisin du Nord, suggérant notamment de l'annexer pour en faire le 51e État américain. Le Canada est aussi une des premières cibles de sa guerre commerciale tous azimuts.

Le pays est particulièrement touché par les surtaxes imposées sur certains secteurs comme l'acier, l'aluminium, l'automobile et le bois d'œuvre. La majorité des échanges reste toutefois exemptée de droits de douane, Donald Trump continuant à respecter une grande partie de l'actuel accord de libre-échange nord-américain.

Mais la menace d'une escalade revient dès que la relation connaît des à-coups. Le locataire de la Maison Blanche n'a guère apprécié en janvier l'écho reçu par un discours de Mark Carney au Forum économique mondial de Davos, lors duquel le Premier ministre canadien avait pointé la fracture de l'ordre mondial et appelé les "puissances moyennes" à s'unir pour faire face aux forces "hégémoniques". Donald Trump lui avait répondu que le Canada existait "grâce aux États-Unis".

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Les appels au boycott contre Trump

Les menaces de nouvelles taxes douanières de Donald Trump ne sont pas les seules à faire grincer des dents. La politique du président américain à l'égard des autres pays du monde suscite tous les jours un peu plus de critiques. Après la capture de son homologue vénézuélien et les intentions américaines de s'approprier le Groenland, de plus en plus de voix ont commencé à réclamer un boycott du Mondial.

Cet appel s'ajoute aux tensions engendrées par les restrictions de visas annoncées par les États-Unis au cours des dernières semaines. Washington a décidé, le 14 janvier, le gel pour 75 pays de toutes les procédures de visas d'immigrants, destinés aux personnes qui envisagent de résider aux États-Unis de manière permanente, dans le cadre de la lutte contre l'immigration lancée par Donald Trump depuis son retour au pouvoir.

La mesure s'applique aux visas d'immigrants, par opposition aux visas de non-immigrants qui permettent d'entrer temporairement aux États-Unis, et concerne entre autres les demandes de ressortissants de Somalie, de Russie, d'Afghanistan, du Brésil, d'Iran, d'Irak, d'Égypte, du Nigeria, de Thaïlande et du Yémen. Le président américain ne fait pas mystère de sa volonté de réduire l'immigration des personnes qui ne sont pas d'origine européenne.

Le mois dernier, le ministère de la Sécurité intérieure a affirmé que l'administration Trump avait expulsé plus de 605 000 personnes et que 2,5 millions d'autres étaient parties de leur propre chef. Vues de l'étranger, les opérations de la police fédérale de l'immigration américaine (ICE) suscitent particulièrement l'inquiétude. Auditionné début février devant une commission de la Chambre des représentants, le directeur par intérim de l’Immigration and Customs Enforcement, Todd Lyons, a confirmé que l’agence, dans le viseur après la mort de deux manifestants à Minneapolis, serait présente dans le dispositif de sécurité du Mondial.

"L’ICE est déterminée à assurer la sécurité de cette opération, et nous sommes déterminés à garantir la sécurité de tous nos participants ainsi que de nos visiteurs", a expliqué Todd Lyons. répondant ainsi à la représentante démocrate Nellie Pou qui demandait si les opérations de l’ICE autour des matchs seraient suspendues. Selon cette élue du New Jersey, où se situe le MetLife Stadium où va se dérouler la finale de la compétition, la confiance des visiteurs est "en chute libre et met en péril la Coupe du monde".

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