Six hommes ont été mis en examen pour "homicide volontaire", jeudi, dans le cadre de l'enquête sur la mort de Quentin Deranque. Jacques-Élie Favrot, assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, a lui été mis en examen pour "complicité", et placé en détention provisoire.

Publié le : 19/02/2026 - 18:00Modifié le : 20/02/2026 - 07:59

Pour afficher ce contenu YouTube, il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.

Une extension de votre navigateur semble bloquer le chargement du lecteur vidéo. Pour pouvoir regarder ce contenu, vous devez la désactiver ou la désinstaller.

Six hommes soupçonnés d'avoir frappé à mort le militant nationaliste Quentin Deranque ont été mis en examen, jeudi 19 février, pour "homicide volontaire", a annoncé le procureur de Lyon Thierry Dran.

Jacques-Élie Favrot, assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, a été mis en examen et placé en détention provisoire pour "complicité par instigation" de cet homicide, a ajouté le magistrat. Le chef retenu "confirme" que Jacques-Élie Favrot "n'a pas donné de coups directs susceptibles d'avoir causé le décès", a ajouté son avocat, Me Bertrand Sayn, dans le tribunal judiciaire de Lyon.

À lire aussiQuentin Deranque : les réseaux d'extrême droite traquent les "coupables"

Au juge d'instruction, le jeune homme a redit "qu'il ne s'agissait absolument pas d'un guet-apens, mais bien d'un affrontement avec un groupe de militants d'extrême droite", a poursuivi l'avocat.

Parmi les suspects mis en examen pour homicide volontaire, et également écroué, figure un autre proche de Raphaël Arnault, Adrian Beysseyre, 25 ans, qui travaillait dans l'équipe du député jusqu'à quelques jours avant les faits, a expliqué à l'Agence France-Presse (AFP) son avocat Me Benoît Courtin.

Les sept hommes, âgés de 20 à 26 ans sont, selon une source proche du dossier, "connus pour être soit membres, soit proches de la Jeune Garde", un mouvement d'ultragauche fondé en 2018 à Lyon par Raphaël Arnault et dissout en juin.

Interpellés mardi soir et mercredi, "deux ont refusé de s'exprimer" pendant leur garde à vue, les autres "reconnaissent leur présence" sur les lieux de l'agression et "certains admettent avoir porté des coups" à Quentin Deranque "ou à d'autres victimes", avait également précisé Thierry Dran lors d'une conférence de presse. Tous "contestent l'intention" de tuer, a ajouté le magistrat qui avait requis leur placement sous écrou en raison notamment du risque de trouble à l'ordre public.

"Plusieurs personnes à identifier"

Quentin Deranque a été frappé le 12 février par plusieurs personnes encagoulées, en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences-Po Lyon. Il était venu assurer la sécurité de militantes du collectif identitaire Némésis qui manifestaient contre la venue de l'élue. Souffrant d'un grave traumatisme crânien, il est décédé samedi.

Les sept suspects ont été identifiés après l'audition de plusieurs témoins, l'exploitation de vidéos et d'éléments matériels, a relaté le procureur. Un travail "difficile et à ce jour d'ailleurs il reste plusieurs personnes à identifier", a fait savoir le procureur.

Trois femmes et un homme interpellés lors de la même opération policière et soupçonnés d'avoir aidé certains suspects à se cacher, ont été remis en liberté jeudi et "seront ultérieurement convoqués pour s'expliquer sur ces faits", selon le procureur.

Parmi eux, figure un troisième collaborateur parlementaire du député LFI, soupçonné d'avoir aidé Adrian Besseyre à se soustraire à la justice.

Pression sur La France insoumise

Jeudi, la famille de Quentin Deranque a appelé "au calme et à la retenue" et dénoncé "toute forme de violence politique", à deux jours d'une marche prévue en hommage à leur fils à Lyon, à laquelle ils ne comptent pas participer. Ils "souhaitent que si des personnes veulent s'agréger à cette initiative, qu'elles le fassent dans le calme, dans la retenue et sans expression politique", a déclaré leur avocat, sur BFM, Bastien Brajon.

Le maire écologiste Grégory Doucet a demandé à la préfecture d'interdire pour des raisons de sécurité cette marche réclamant "Justice pour Quentin, tué par les antifas", dont l'appel est largement relayé par l'extrême droite sur les réseaux sociaux.

Elle n'a pour l'heure été ni autorisée ni interdite par la préfecture, dont les services continuent d'"évaluer" les risques qu'elle pourrait poser "pour la sécurité des participants comme des habitants".

En visite en Inde, Emmanuel Macron a appelé à éviter "tout engrenage de la violence", et affirmé qu'en République, il n'y avait "pas de place pour les mouvements qui adoptent et légitiment la violence". Il a exhorté "les extrêmes" à "faire le ménage dans leurs rangs", ciblant "les mouvements d'extrême gauche" comme "d'extrême droite".

Cela au moment où la pression s'intensifie sur La France insoumise, notamment à droite et à l'extrême droite qui lui attribuent volontiers une "responsabilité" dans le drame en raison notamment de ses "liens" avec la Jeune Garde Antifasciste.

Face à l'offensive contre LFI, le coordinateur du mouvement Manuel Bompard a martelé qu'il n'était "pas question" de suspendre ou d'exclure Raphaël Arnault du groupe LFI à l'Assemblée nationale, au motif notamment qu'il ne saurait être "tenu responsable des actes de ses salariés".

Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a appelé Raphaël Arnault à "tirer les conclusions" si la justice "trouve des indices graves et concordants" sur ses collaborateurs. Et le patron de LR Bruno Retailleau a exigé sa démission.

Avec AFP

Mots-clés associés à l’article

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.