Neuf personnes, dont un assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, ont été interpellées mardi dans le cadre de l'enquête sur la mort du jeune militant nationaliste Quentin Deranque, a indiqué à l'AFP le procureur de Lyon Thierry Dran.

Publié le : 17/02/2026 - 19:27Modifié le : 20/02/2026 - 15:24

Neuf suspects, dont un assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, ont été interpellés mardi 17 février dans le cadre de l'enquête sur la mort du jeune militant nationaliste Quentin Deranque, a indiqué à l'AFP le procureur de Lyon Thierry Dran, confirmant une information de BMFTV, mais refusant d'en dire plus à ce stade.

Ces interpellations font suite à l'identification de plusieurs suspects, dont certains seraient liés à l'"ultragauche", avait appris mardi l'AFP de source proche du dossier. Le procureur de Lyon avait confirmé à l'AFP que certains suspects avaient été identifiés, "mais pas tous".

"Mon collaborateur Jacques-Elie Favrot a cessé toutes ses activités parlementaires. Dès hier avant d'apprendre son interpellation ce soir, nous avons engagé auprès des services de l'Assemblée les procédures pour mettre fin à son contrat. À l'enquête désormais de déterminer les responsabilités", a écrit Raphaël Arnault sur X.

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"Ce n'est pas fini"

Le procureur a refusé d'en dire plus sur le profil des personnes arrêtées, mais une source proche du dossier a précisé à l'AFP qu'un assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault figurait parmi eux.

Le nom du collaborateur parlementaire Jacques-Elie Favrot a été "cité par plusieurs témoins", avait rapporté lundi la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, en suspendant ses "droits d'accès" au palais Bourbon.

La veille, le jeune homme avait démenti, via son avocat, "être responsable de ce drame" et avait dit se "tenir à la disposition de la justice". Il s'était retiré de ses fonctions auprès de Raphaël Arnault "le temps de l'enquête", avait précisé Me Bertrand Sayn.

Quentin Deranque, 23 ans, a été roué de coups jeudi soir par plusieurs personnes cagoulées, en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Souffrant d'un grave traumatisme crânien, il est décédé samedi.

Raphaël Arnault, cofondateur du groupe antifasciste La Jeune Garde dissous en juin 2025, avait exprimé "horreur et dégoût" à l'annonce de sa mort et souhaité sur X que "toute la lumière soit faite".

Depuis jeudi, les enquêteurs ont auditionné des témoins, exploité des vidéos et de la téléphonie et étaient parvenus mardi matin à identifier une partie des suspects.

Ils ont ensuite interpellé deux hommes dans le département de Haute-Loire et deux autres à Seyssel, dans le nord de l'Isère, mais "ce n'est pas fini", a déclaré à l'AFP la source proche du dossier.

Une source a précisé que des interpellés étaient proches de la mouvance d'ultragauche.

"Déshonorés"

Le président du RN Jordan Bardella a immédiatement accusé le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon d'avoir "ouvert les portes de l'Assemblée nationale à des meurtriers présumés" et d'avoir une "responsabilité morale et politique (...) immense" dans le drame.

Avant même l'annonce des arrestations, le Premier ministre Sebastien Lecornu avait demandé à la France insoumise de "faire le ménage" dans ses "rangs" lors d'une séance de questions au gouvernement particulièrement tendue à l'Assemblée nationale.

"Nous n'acceptons pas les leçons que nous donne monsieur le Premier ministre, qui visiblement a pété un câble", a rétorqué Jean-Luc Mélenchon lors d'une conférence devant des militants à Paris.

Les agresseurs de Quentin Deranque se sont "déshonorés" en frappant le jeune militant "d'une manière qui, de toute évidence, comporte le risque d'infliger la mort", a-t-il toutefois ajouté. "Dans la violence, qu'elle soit défensive ou offensive (...), tous les coups ne sont pas permis."

La cheffe des députés insoumis Mathilde Panot avait quant à elle dénoncé dans l'enceinte du palais Bourbon ceux qui "instrumentalisent" la mort du militant nationaliste pour "salir" LFI.

Elle a aussi reproché à l'exécutif un "silence", notamment après la mort de l'ancien international de rugby argentin Federico Martin Aramburu, assassiné à Paris en 2022, alors que le principal accusé est un ancien du mouvement d'ultradroite Groupe Union Défense (GUD).

Applaudi par des députés des rangs macronistes jusqu'au Rassemblement national, Sébastien Lecornu a vertement répliqué : "Ce que vous venez de faire est absolument ignoble et abject".

"Aucune responsabilité politique"

Un échange électrique qui tranchait avec la minute de silence en hommage à Quentin Deranque, observée par tous les députés.

"La Jeune Garde tue, et La France insoumise devrait le condamner", a pour sa part déclaré le ministre de la Justice Gérald Darmanin.

La Jeune Garde, mouvement antifasciste fondé en 2018 à Lyon, a assuré ne pouvoir "être tenue pour responsable" de la mort de Quentin Deranque, "ayant suspendu toutes ses activités" car elle est visée par une procédure de dissolution.

Jean-Luc Mélenchon a par le passé fait l'éloge de la Jeune Garde. En avril 2025, il avait salué le travail de cette "organisation alliée".

Le coordinateur national de LFI Manuel Bompard a argué mardi que ce soutien passé ne constituait pas un lien entre LFI et le drame. Si d'anciens membres de ce groupe d'ultragauche sont responsables de l'agression, "ils doivent être punis", a-t-il dit.

La France insoumise n'a "aucun lien" avec cette agression, ni "aucune responsabilité politique", a-t-il martelé.

Le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a annoncé sur BFMTV qu'il n'y aurait pas d'autres "meetings" dans les universités si un risque de trouble à l'ordre public est avéré.

Avec AFP

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