L’Iran s’interroge sur sa participation à la Coupe du monde 2026, prévue en juin au ­Canada, au Mexique et aux États-Unis, après les frappes américaines menées avec Israël contre son territoire. Une situation inédite pour la Fédération internationale de football.

Publié le : 04/03/2026 - 10:53Modifié le : 04/03/2026 - 10:54

Une situation non prévue par les statuts de la Fifa : que faire quand deux participants à la Coupe du monde se livrent une guerre ? A fortiori quand c'est le pays-hôte qui agresse l'un des futurs participants.

Avec le déclenchement de l'opération americano-israélienne "Fureur épique" contre l'Iran le 28 février, la question se pose désormais. Qualifié sportivement, la "Team Melli" se rendra-t-elle en Amérique du Nord où aura lieu le Mondial 2026 du 11 juin au 19 juillet ?

Quelle est la position de l'Iran ?

Le scénario d'un boycott de la Coupe du monde a été évoqué très brièvement par l'Iran. Quelques heures à peine après le début de l'opération américano-israélienne, le président de la Fédération iranienne, Mehdi Taj, a brandi cette hypothèse, tout en précisant que le dernier mot reviendrait aux "autorités sportives" du pays.

"Ces événements ne resteront pas sans réponse (...) Mais ce qui est sûr à l'heure actuelle c'est qu'avec cette attaque et cette cruauté, on ne peut pas envisager avec espoir la Coupe du monde", a déclaré, samedi, MehdiTaj à la télévision iranienne, ajoutant que toutes les rencontres du championnat local avaient été suspendues.

La "Team Melli", qui s'est qualifiée pour la 7e phase finale de son histoire, a hérité du groupe G (en compagnie de la Belgique, de l'Égypte et de la Nouvelle-Zélande) avec un match prévu à Seattle et deux à Los Angeles, où vit une très importante diaspora iranienne depuis la Révolution islamique, en grande partie acquise à la cause de la monarchie Pahlavi renversée en 1979.

Quelle est la position de la Fifa ?

La Fédération internationale de football reste pour le moment très prudente face à l'éventualité d'une absence de l'Iran au Mondial.

"Nous avons tenu une réunion. Il est encore trop tôt pour commenter en détail, mais nous suivrons attentivement l'évolution de la situation, sur tous les fronts, à travers le monde", a réagi le secrétaire général de la Fifa, Mattias Grafstrom.

Selon une source proche de l'instance, aucune discussion n'a encore été entamée avec la Fédération iranienne au sujet d'un éventuel retrait.

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À moins de 100 jours du match d'ouverture de l'épreuve, la situation en Iran a, en tout cas, de quoi embarrasser grandement Gianni Infantino, le patron de la Fifa, qui ne cesse d'afficher sa proximité avec le président américain, Donald Trump. D'autant que le conflit touche également d'autres pays qualifiés pour la Coupe du monde, comme l'Arabie saoudite, le Qatar et la Jordanie, ciblés par les frappes iraniennes.

Y a t-il eu des précédents ?

Si les Jeux olympiques ont déjà dû gérer des cas de boycott durant leur histoire, les plus emblématiques s'étant produits durant la guerre froide en 1980 à Moscou et en 1984 à Los Angeles, la Coupe du monde de football a jusqu'ici été épargnée.

Les menaces n'ont pourtant pas manqué, la plus notable datant de 1978 quand certains joueurs souhaitaient protester contre la dictature des militaires en Argentine. Mais elles n'ont jamais été mises à exécution.

La Turquie, l'Écosse et l'Inde avaient certes dû renoncer au Mondia 1950 au Brésil mais les motivations étaient financières et ces trois pays n'avaient pas été remplacés.

Restent les exemples d'exclusion qui ont concerné des pays en guerre. En 1992, la Yougoslavie avait été retirée par l'UEFA du championnat d'Europe en raison du conflit dans les Balkans et avait été remplacée par le Danemark à deux semaines du début du tournoi.

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La Russie et ses clubs ont de leur côté été suspendus de toutes les compétitions internationales par la Fifa et l'UEFA à la suite de l'invasion de l'Ukraine commencée en février 2022.

Que prévoit le règlement ?

Le boycott d'une des équipes en lice pour sa compétition-phare n'est pas une situation envisagée par la Fifa dans ses règlements. Selon une source proche de l'instance, "il faudra prendre une décision spécifique de repêchage" le cas échéant.

L'article 6 du règlement de la Coupe du monde 2026 évoque la notion de "force majeure" et laisse aux organisateurs l'entière discrétion pour prendre "les mesures (...) nécessaires".

En cas de retrait ou d'exclusion d'un pays, la Fifa a ainsi toute latitude pour réagir et "peut décider de remplacer l'association membre participante en question par une autre association".

Une absence de l'Iran pourrait alors logiquement profiter à une équipe de la zone Asie, qui possède un contingent de 8 qualifiés pour cette première Coupe du monde à 48 équipes. Un neuvième pays asiatique pourrait y accéder si l'Irak parvenait à sortir vainqueur de la finale du barrage intercontinental le 31 mars à Monterrey (Mexique). Les Irakiens seraient alors intégrés à la poule de la France avec la Norvège et le Sénégal.

Un repêchage qui ne serait pas sans une certaine ironie géopolitique, l'Irak ayant été touché par les représailles iraniennes à l'opération "Fureur épique".

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