Publié le : 05/11/2026 - 06:41

A la Une de la presse, ce jeudi 5 novembre, le soulagement et même la joie des journaux étrangers, après la défaite des républicains (et à la victoire des démocrates) aux élections de mi-mandat, aux Etats-Unis. Des sentiments que ne partagent pas les médias israéliens ni la presse la plus à droite. Et la mobilisation, au même moment, des protestataires contre la vie chère en France, où les résultats de ces midterms trouvent un écho particulier.

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A la Une de la presse, le soulagement des quotidiens internationaux, après la victoire des démocrates aux élections de mi-mandat.

Le soulagement et même la joie, notamment du côté de la presse britannique et du Guardian, qui partage l’allégresse des électeurs démocrates de voir Donald Trump et les républicains «battus, supplantés». La victoire en chantant: The Daily Mirror reprend «Born in the USA» de Bruce Springsteen, opposant de toujours au président américain, pour saluer la renaissance de «la décence et de l’espoir». Version crooner, plutôt, pour The Daily Star, avec une référence à «My way»: «And now the end is near», «Et maintenant, la fin est proche», entendez pour Trump, veut croire le tabloïd. La presse européenne ne cache pas sa satisfaction face à ce que le quotidien suisse Le Temps perçoit comme un «sursaut» de la démocratie américaine. «Les Etats-Unis ont retrouvé leur grandeur» : en Italie, La Repubblica voit enfin poindre «la lumière d’une aube», venue d’Amérique. «La démocratie possède une force prodigieuse. Même lorsqu'on la démantèle de l'intérieur, même lorsqu'elle semble vidée de sa substance et s'effondrer, elle peut se relever et frapper ses ennemis d'un coup égal et puissant», écrit le journal.

Joie de la victoire des démocrates et de la défaite de Trump et des républicains. La brutalisation de la vie politique cultivée par le président américain se retourne contre lui, et sa défaite provoque une joie mauvaise dont témoigne le journal norvégien Aftenposten, qui le montre à terre, dans le costume de Donald Duck - allusion à son nouveau statut de «canard boiteux», avec ce commentaire : «Trump s’est tiré une balle dans le pied. Cela a peut-être sauvé la démocratie. Pour l’instant». Pour le quotidien roumain Adevarul, le patron de la Maison-Blanche est un forcené, qui a failli précipiter son pays dans l’abîme, mais a enfin des fers aux pieds démocrates pour le freiner. Comme un boomerang, le mot favori de Trump lui est finalement attribué à lui-même: «Loser», «Perdant», cingle Libération, pour qui «la plus belle leçon de ces élections, une leçon à méditer aussi chez nous, en France», est que «le pire n’est pas inévitable».

La gifle infligée à Trump et aux républicains ne fait toutefois pas que des heureux. Elle provoque même beaucoup d’inquiétude en Israël, où le très droitier Israël Hayom, qui a choisi pour sa Une la photo du démocrate Abdul El-Sayed, le premier sénateur musulman des Etats-Unis, se demande «à quoi vont ressembler les futures relations» avec les Etats-Unis, avec ce nouveau Congrès présenté comme «le plus hostile à Israël de toute l’histoire». Même photo, autre journal: plus nuancé, le quotidien de gauche Haaretz annonce la «transformation» des relations israélo-américaines, un changement auquel les Israéliens, qui ont «tenu pour acquise la protection américaine pendant plus de trois décennies» ne sont pas «préparés», selon lui.

La défaite des trumpistes est aussi une mauvaise nouvelle pour la droite de la droite européenne, dont Abdul El-Sayed en particulier et les musulmans en général sont la bête noire: «Trump pleure, l’islam rit», ose le pro-Meloni Libero, en Italie, qui soutient, au passage, que l’Iran aurait compris quelque chose que la gauche italienne, elle, n’aurait pas intégré: que Trump reste président, qu’à ce titre, il dirige toujours la politique étrangère de son pays, et qu’il pourra toujours faire selon son bon vouloir dans ce domaine, n’en déplaise aux démocrates. Trump pas tout à fait vaincu encore, rappelle aussi Der Standard, quotidien autrichien, qui le voit certes «humilié mais pas dépossédé de son pouvoir».

Les résultats des midterms aux Etats-Unis trouvent un écho particulier en France, en pleine tourmente sociale. Cette double actualité fait la Une de L’Humanité. Le journal communiste soutient les manifestants et les grévistes mobilisés aujourd’hui contre la vie chère qui s’expriment «à voix haute», au moment où Trump se retrouve «tête basse». «Après les revers essuyés par Viktor Orban en Hongrie, Flavio Bolsonaro au Brésil et Benyamin Netanyahou en Israël, L’Huma voit dans la victoire des démocrates américains le signe du «reflux d’une internationale d’extrême droite qui déverse depuis trop longtemps sur le monde ses torrents de haine», mais prévient que sa «succursale lepéniste, en France, est encore loin d’être défaite». Pour The Guardian, la déroute de Trump pourrait effectivement «s'inscrire dans un printemps démocratique amorcé en Hongrie». Le journal se demande, lui aussi, si le mouvement «se prolongera» jusqu’à la présidentielle française de mai prochain.

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