Le pouvoir iranien s'est réjoui du sévère revers électoral infligé au parti républicain et à Donald Trump, qu’il présente comme un désaveu de la guerre contre l'Iran. Téhéran multiplie les piques et diffuse même des images générées par IA moquant la défaite du président américain. Tout en ironisant sur les "erreurs de calcul" de Washington, le régime redoute tout de même une reprise des frappes américaines.
Publié le : 04/11/2026 - 18:04
Donald Trump a reconnu, mercredi 4 novembre, dans des entretiens à la presse américaine que l'offensive israélo-américaine lancée fin février contre l'Iran avait joué un rôle dans le revers cinglant du camp républicain. Il a toutefois maintenu qu'il ne regrettait pas d'avoir déclenché cette guerre contre l'Iran.
"L'Iran y a contribué", a-t-il déclaré lors d'un entretien téléphonique avec le Wall Street Journal, qui lui a demandé si la guerre avait contribué aux mauvais résultats des républicains aux élections de mi-mandat.
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Le vice-président américain J.D. Vance, possible prétendant à la Maison Blanche en 2028, a pour sa part jugé que la "guerre (en Iran) était la raison" de la monumentale gifle électorale subie la veille par la droite et Donald Trump. "La guerre est la raison de notre défaite", a-t-il écrit dans un très long message sur X, ajoutant : "Tout le monde sait pourquoi nous avons perdu. Et toute conversation franche sur la voie à suivre doit dorénavant commencer par là."
À Téhéran, le pouvoir a sauté sur l'occasion. "Les Américains ont dit NON À LA GUERRE, et nous approuvons ce message", a posté sur X le principal négociateur iranien dans les pourparlers avec les États-Unis, Mohammad Bagher Ghalibaf.
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"Attaquer l'Iran n'apporte pas la victoire. Cela ne mène qu'à la défaite", a régi avec ironie le chef de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baghaei, dénonçant "l'orgueil" et les erreurs de calcul stratégiques du président américain, qu'il accuse d'avoir entraîné les États-Unis dans une guerre illégale contre l'Iran.
D'autres comptes officiels, comme celui de l'ambassade d'Iran en Inde, ont ridiculisé la défaite des républicains à coup d'IA, en représentant Trump abattu, après avoir perdu une partie de jeu vidéo. "Vous avez parlé de changement de régime, mais nous l'avons fait advenir", écrivent les autorités iraniennes.
L'Iran reste en état d'alerte
En Iran, un média d'État contrôlé par le pouvoir judiciaire a relayé une autre plaisanterie circulant sur X selon laquelle "Trump n'a pas réussi à changer le régime en Iran mais est parvenu à le faire au Texas". Le candidat démocrate James Talarico a en effet remporté un siège de sénateur cet État acquis depuis des décennies aux républicains.
Fustigeant les "erreurs de calcul" de Washington au Moyen-Orient, Mojtaba Khamenei a imputé la déroute électorale des républicains à leur "arrogance".
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Le Guide suprême iranienne, qui n'a toujours pas fait d'apparition publique depuis la frappe qui a tué son père le 28 février, a cependant dit considérer que l'hostilité de Washington à l'égard de l'Iran persisterait, peu importe le parti au pouvoir.
Ceux qui s'attendent à un changement de politique des États-Unis "se trompent lourdement", a-t-il dit, alors que l'Iran reste en état d'alerte dans l'hypothèse de nouvelles frappes aériennes américano-israéliennes.
Deux sources iraniennes ont rapporté à Reuters que le régime iranien restait sur ses gardes, redoutant que Donald Trump ne cherche à faire oublier cette déroute dans les urnes en reprenant les bombardements.
Les médiateurs ont multiplié les efforts pour trouver une issue au conflit de peur d'un regain des tensions au lendemain des élections, alors que Donald Trump n'a pas écarté le scénario d'une reprise du conflit.
Anniversaire de la prise de l'ambassade américaine
Hasard du calendrier, en Iran, le jour du "tsunami" démocrate coïncide avec l'anniversaire de la prise de l'ambassade des États-Unis, le 4 novembre 1979, plusieurs mois après l'avènement de la République islamique.
Cette crise avait entraîné la rupture des relations diplomatiques par Washington, qui impose depuis avril 1980 à l'Iran un embargo commercial.
Depuis, l'ex-ambassade est le théâtre de manifestations progouvernementales chaque 4 novembre. Des milliers de personnes ont défilé cette année, première fois qu'un tel rassemblement a lieu depuis le déclenchement du conflit.
Pour l'occasion le pouvoir iranien a fait dresser sur une grande place de Téhéran un panneau géant représentant Donald Trump en prison, affublé du slogan en anglais "Nous allons tuer Trump" - et donc directement destiné à être lu par les Américains.
Les manifestants ont aussi brûlé, comme à l'habitude dans ce genre de célébrations, des drapeaux américains et israéliens, en scandant "Mort à l'Amérique" et "Mort à Israël". Et des banderoles réclamant la vengeance pour l'ancien guide suprême, Ali Khamenei ont été déployées. Il a été tué fin février dans les frappes israélo-américaines sur Téhéran qui ont déclenché la guerre au Moyen-Orient.
Un autre panneau représentait un Donald Trump en bouledogue ensanglanté, tenu en laisse par un personnage diabolique ressemblant au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Avec AFP et Reuters
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