Téhéran a averti les États-Unis qu'une reprise des hostilités pourrait entraîner une guerre "plus longue que la précédente", au lendemain de nouvelles menaces de Donald Trump. Lundi, l'Iran s'est cependant dit prêt à rouvrir le détroit d'Ormuz sous deux jours si Washington accède à ses demandes.
Publié le : 01/11/2026 - 03:57Modifié le : 02/11/2026 - 10:10
"Nous pouvons faire ça en dix minutes", a lancé le président américain, qui n'avait pas exclu la semaine dernière "une autre petite 'Fureur épique'", en référence au nom de l'offensive militaire lancée le 28 février par Washington contre l'Iran.
"La seule raison pour laquelle je n'en ai pas encore fini avec l'Iran, c'est que je veux être gentil… Mais nous allons devoir, à un moment, leur donner un coup de massue", a encore déclaré le milliardaire républicain, dimanche, lors d'un meeting dans l'Iowa.
Téhéran a répliqué durant le week-end en prévenant que Donald Trump ne serait, cette fois, "pas en mesure de dicter ni le moment ni les conditions" d'un arrêt des hostilités. "Une nouvelle guerre pourrait être plus longue que la précédente", a dit le porte-parole de l'armée, Mohammad Akraminia.
Il faisait référence à la phase la plus intense du conflit, qui a tué de nombreux responsables iraniens – dont le guide suprême Ali Khamenei – et fait des milliers de morts civils, en près de 40 jours de bombardements israélo-américains.
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La mise en garde du régime iranien a rapidement été tempérée par ses services diplomatiques, qui ont affirmé, lundi 2 novembre, que les échanges avec les États-Unis se poursuivent via les médiateurs régionaux, et ont assuré que l'Iran est prêt à rouvrir le détroit d'Ormuz "sous deux jours" si Washington accepte les demandes de Téhéran.
"La possibilité de mettre en œuvre ce plan en deux jours est un signe supplémentaire de la bonne foi de l'Iran", a estimé Esmaïl Baghaï, soulignant que "l'échange de messages se poursuit" via les médiateurs. "Si les demandes de Téhéran sont satisfaites, il serait possible de rétablir la sécurité dans le détroit d'Ormuz et de relancer le processus de négociation dans un délai très court."
Si une accalmie est observée depuis début septembre, des informations de presse évoquent une possible campagne militaire courte et intense après les élections américaines de mi-mandat prévues mardi.
Le nucléaire iranien dans le viseur
Dimanche, le média américain Axios a rapporté que Donald Trump s'était entretenu par téléphone avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu au sujet de l'opportunité et du calendrier d'une intensification des opérations militaires.
S'adressant aux journalistes dimanche, Donald Trump a confirmé avoir discuté de l'Iran avec Benjamin Netanyahu, mais n'a pas souhaité donner plus de détails.
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Selon les sources américaine et israélienne citées par Axios, Benjamin Netanyahu a insisté auprès du président pour qu'il frappe l'Iran immédiatement après les élections américaines, tandis que Donald Trump a émis le souhait de laisser les négociations suivre leur cours.
Le bloc de Benjamin Netanyahu, arrivé en tête des législatives du 27 octobre dans le pays mais sans obtenir de majorité, qualifie régulièrement l'Iran de "menace existentielle".
"Nous avons neutralisé leurs capacités nucléaires. Il nous reste encore à nous occuper, je dirais, d'un ou deux sites", avait déclaré le dirigeant américain samedi à des journalistes.
"Vous pourriez probablement regarder du côté de Pickaxe Mountain, et il faut s'en occuper. Nous pouvons faire tout cela très rapidement", avait-il ajouté.
Situé à proximité du site d'enrichissement d'uranium de Natanz, à 250 kilomètres au sud de Téhéran, le mont Kolang est soupçonné d'abriter un complexe nucléaire souterrain selon les services de renseignement américains. Donald Trump avait déjà menacé de le bombarder fin juillet.
Le pouvoir iranien rejette ces allégations, tout comme il dément vouloir se doter de l'arme atomique, défendant son droit au nucléaire civil.
Tractations en cours
Face à ces menaces, le guide suprême Mojtaba Khamenei, qui a succédé en mars à son père mais n'a toujours pas été vu en public, a mis en garde contre "une riposte immédiate, puissante et sans limite géographique".
Dimanche, le porte-parole des Gardiens de la révolution, Hossein Mohebi, a affirmé que "les restrictions géographiques imposées au conflit" avaient été "levées" et "les différentes cibles matérielles et immatérielles de l'ennemi identifiées", selon l'agence Isna.
L'Iran a déjà menacé de s'en prendre aux centres de données et systèmes d'intelligence artificielle, ainsi qu'aux câbles sous-marins dans le stratégique détroit d'Ormuz, au cœur du conflit.
Des tractations sont toutefois en cours sous l'égide du médiateur qatari. Une délégation iranienne s'est rendue au Qatar et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a affirmé, dimanche, espérer "que la partie adverse fasse preuve de raison et privilégie la voie diplomatique".
"La République islamique d'Iran reste prête à mener de front la défense et la diplomatie", a-t-il prévenu, cité par l'agence officielle Irna.
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Dans les rues de Téhéran, Mohadese, une jeune employée du secteur de la santé, a dit ne pas vouloir "s'inquiéter sans cesse de ce qui pourrait arriver".
"Nous n'avons pas peur d'une autre guerre. Nous sommes toujours en guerre", a lancé Ebrahim, un vendeur du centre de la capitale.
Avec AFP
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