Paris (France) (AFP) – La direction de l'AFP a dénoncé vendredi "les violences commises par les forces de l'ordre contre ses journalistes lors des manifestations" du mouvement lycéen et contre la vie chère, après que plusieurs d'entre eux ont reçu des coups de matraque ou même un tir de LBD.
Publié le : 06/11/2026 - 18:46Modifié le : 06/11/2026 - 19:07
Jeudi, un photographe de l'AFP, qui portait son brassard de presse, a été blessé à Lyon pendant une charge des forces de l'ordre contre la tête d'un cortège de manifestants, recevant cinq coups de matraque dont trois sur son casque et deux sur le bas d'une jambe. Il a été victime d'une fracture du fibula.
Le 17 octobre, un journaliste rédacteur avait lui été blessé à la cuisse par un tir de LBD à Lille, alors qu'il portait également son brassard de presse.
Ce même jour, une journaliste vidéo a été délibérément visée au canon à eau à Paris, avec des confrères d'autres médias clairement identifiés comme elle, avant de recevoir un coup de matraque le lendemain.
La direction de l'Agence France-Presse se dit "consciente des conditions difficiles dans lesquelles agissent parfois les forces de l'ordre", mais "elle juge indispensable que la qualité de journaliste soit prise en compte lors des interventions".
L'AFP "demande que toutes les précautions soient prises pour préserver leur intégrité physique et leur permettre d'accomplir leur mission".
"La possibilité pour les journalistes d'observer, de photographier et de filmer les manifestations et les opérations de maintien de l’ordre constitue une dimension essentielle de leur mission d'information", insiste l'agence.
Syndicats de journalistes et ONG de défense de la presse ont dénoncé les violences dont les reporters sont victimes depuis le début du mouvement.
Sollicité par l'AFP, RSF dit avoir recensé, sans compter la journée de jeudi, 58 cas de journalistes entravés dans la couverture des mobilisations en cours, dont 18 par des manifestants ou individus tiers, et 40 par des membres des forces de l'ordre. Sur ces 58 cas d'entraves, 35 sont des cas de violences physiques, dont 21 par des forces de l'ordre.
Une reporter de Politis et une photographe du collectif Divergences ont de leur côté annoncé vendredi via leur avocate qu'elles allaient porter plainte après avoir été frappées par des membres des forces de l'ordre lors de la manifestation de jeudi qu'elles couvraient à Paris.
© 2026 AFP
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