Paris (France) (AFP) – Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé vendredi la reconduction d'un dispositif de "sécurité" en vue des manifestations de samedi. 70 000 policiers et gendarmes seront déployés sur l'ensemble du territoire à l'occasion de cette nouvelle journée de mobilisation à l'initiative d'organisations syndicales et de jeunesse ainsi que des gilets jaunes.

Publié le : 06/11/2026 - 19:18Modifié le : 06/11/2026 - 22:43

Deux jours après une intense journée de mobilisation sociale, les forces de l'ordres se préparent à un nouveau samedi de grogne sociale, avec des manifestations prévues partout en France.

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé vendredi 6 novembre que 70 000 policiers et gendarmes seront déployés sur tout le territoire.

"Pour demain, la situation est un peu différente de celle qu'on a connue hier dans la mesure où nous avons moins de déclarations d'organisations syndicales représentatives", avec "des appels à rassemblement" sans "nécessairement d'organisateur structuré, ce qui est un peu plus porteur de risques", a détaillé le ministre lors d'une conférence de presse à Paris.

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Jeudi 5 novembre, les syndicats avaient revendiqué une participation de plus de 1,5 million de personnes. Les autorités ont elles recensé 575 000 manifestants, dont 65 000 à Paris.

Pour samedi, le ministre a fait état d'appels, sur les réseaux sociaux, "à la violence contre les forces de sécurité intérieure", "les bâtiments publics", "les commerces" avec "des pillages", ainsi que des "appels à la révolution, à l'insurrection, des mouvances ultragauche ou d'extrême gauche radicale". Il a également évoqué des appels aux "blocages d'axes de circulation" en matinée et "d'axes structurants".

Le risque "est exactement le même que pour les samedis précédents", a estimé Laurent Nuñez.

Le dispositif de sécurité est par conséquent "reconduit en volume et en doctrine opérationnelle", soit 70 000 "effectifs", a-t-il annoncé.

Ce dispositif est mis en place pour les journées de mobilisation sociale depuis le 24 octobre. Le samedi 17 octobre, qui avait viré au chaos avec de nombreux pillages, dégradations et violences dans plusieurs villes de France, 60 000 policiers et gendarmes étaient sur le terrain.

Les 25 Centaure, les véhicules blindés de la gendarmerie, seront mobilisés samedi, tout comme "15 engins lanceurs d'eau" sur l'ensemble du territoire, ainsi que drones et hélicoptères, a précisé le ministre.

Dans un télégramme adressé vendredi aux préfets et consulté par l'AFP, le ministre leur "demande de ne pas baisser la garde face à des phénomènes plus éclatés voire sporadiques dont le niveau de violence ne baissera pas en intensité".

Par ailleurs, "le risque de cortèges sauvages et de blocages (bâtiments publics, axes routiers ou ferroviaires...) est accru pour la journée du 7 novembre", poursuit-il, appelant à nouveau à "un dispositif opérationnel robuste (...) qui devra être puissant, réactif et agile".

De nombreux contrôles en amont seront réalisés "sur les flux routiers, sur les axes ferroviaires et dans les gares", a prévenu Laurent Nuñez lors de sa conférence de presse.

"Les préfets ont pris des arrêtés d'interdiction de manifestation dans les centres-villes" et "évidemment, les centres-villes demain (samedi, NDLR) seront protégés systématiquement", a-t-il ajouté.

"S'il devait y avoir des casseurs et des pilleurs, (...) on les attendra de pied ferme", a-t-il menacé, assurant que "ceux qui veulent manifester paisiblement, en toute sécurité, on les encadrera et on fera en sorte que la liberté de manifester puisse s'exprimer normalement".

Jeudi, un total de 642 personnes ont été interpellées lors des manifestations sur l'ensemble du territoire, selon le ministre.

Avec AFP

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