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Publié le : 20/02/2026 - 21:59

Après le retrait des Émirats arabes unis, soutien du mouvement séparatiste du Conseil de transition du sud (CTS), du Yémen, plusieurs prisons clandestines ont été mises au jour dans la province de Hadramout. Des opposants, journalistes et activistes y auraient été enfermés et torturés pendant une décennie.

Sous forte pression de l'Arabie saoudite après des frappes et un ultimatum, les Émirats arabes unis annonçaient le 30 décembre 2025 la fin de leur présence militaire au Yémen et le retrait de leurs dernières unités, notamment dans les provinces de Hadramout et Al-Mahra dans le sud-est du pays. Appuyé par les Émirats arabes unis jusqu'à leur retrait du pays, le mouvement séparatiste du Conseil de transition du Sud (CTS) a été officiellement dissous. Mais le mouvement conserve encore un contrôle sur certaines zones dans la région d' Aden.

C'est dans ce contexte que les autorités de Hadramout ont révélé l'existence des prisons secrètes.

Selon des ONG, dont Amnesty International, elles étaient opérées par les Émirats et leurs alliés du CTS, de 2015 à 2025, pour détenir et faire disparaître principalement des opposants politiques, journalistes, activistes et présumés sympathisants d'Al-Qaïda. Selon les témoignages recueillis par Amnesty International, la torture y était pratiquée de manière systématique.

"L'une des cellules est à peine assez grande pour qu'une personne puisse s'y tenir debout"

Ibrahim Jalal est un chercheur spécialisé dans les questions sécurité et défense. Lors d'un voyage de presse organisé par l'Arabie Saoudite, il a pu visiter trois de ces centres : l'un à l'aéroport al-Rayyan près de Mukalla, et deux autres dans le district de Dabbah, dans la province de Hadramout.

Sur la colline d'al-Dhabba, il y des installations où on peut voir des signes de torture. L'une des deux cellules est un espace très étroit, à peine assez grand pour qu'une personne puisse s'y tenir debout. On appelle cela la "Daghata" (compression), et elle est généralement utilisée pour la torture : il est impossible d'y être assis ni de s'y allonger. Cet endroit est étroit, peu ventilé et faiblement éclairé. Les conditions y sont inhumaines et invivables à tout point de vue."

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Au lendemain de cette visite, une commission d'enquête yéménite a organisé une séance de témoignages publique, ou plus d'une centaine de détenus et leurs familles ont décrit des tortures.

Les Emirats de leur côté ont nié l'existence de ces centres, qualifiant ces allégations de "fausses, trompeuses et sans fondement".

"Des graffitis qui expriment l'injustice et l'oppression."

Des ONG et médias évoquent l'existence d'un réseau d'au moins 18 lieux de détention non officiels documentés entre 2016 et 2018.

Parmi les choses que nous avons vues dans ces centres de détention secrets, il y avait des graffitis qui expriment l'injustice et l'oppression. Par exemple, sur l'une des photos, on voit le nom du détenu, avec le mot "injustement détenu" écrit en dessous. Et certains comptaient les jours et les mois, voire les années passées là. Graffiti inscrit sur le mur d'une cellule dans un centre de détention secret à al-Dabbah, dans le sud du Yémen. © @IbrahimJalalYE Sur une autre photo, on peut lire "Haram" ("injuste"), ce qui résume l'oppression subie.

"Nous craignons également que les personnes incarcérées dans ces prisons aient été éliminées"

Si plusieurs dizaines de détenus ont été libérés avec le retrait des Emirats, le sort de nombreux autres reste inconnu. Ummat al-Salam al-Haj est directrice de l'Association des mères des personnes enlevées.

Jusqu'à maintenant, dans les prisons qui ont été découvertes à Hadramout, Mahra, Socotra et autres régions, il n'y avait aucun détenu ou disparu parmi ceux signalés par notre association : nous n'avons retrouvé personne. Nous craignons également que les personnes incarcérées dans ces prisons aient été éliminées ou emmenées hors du Yémen, par exemple. Nous avons soumis une liste de 62 disparus de force au gouverneur d'Aden,(....) mais aucun n'est réapparu."

L'association des mères des disparus organise régulièrement des rassemblements notamment devant le siège du Conseil de leadership présidentiel (CLP), le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale, pour réclamer des enquêtes sur le sort de leurs proches disparus et poursuivre les responsables.

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