Les États-Unis ont "totalement" rejeté, vendredi, toute gouvernance mondiale de l'IA au sommet à New Delhi, avant une déclaration des dizaines de dirigeants et des ministres du monde entier réunis en Inde sur l'intelligence artificielle reportée à samedi.

Publié le : 20/02/2026 - 13:36Modifié le : 20/02/2026 - 15:28

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Une fin de non recevoir sur le contrôle de l'intelligence artificielle. "Comme l'administration Trump l'a désormais affirmé à de nombreuses reprises : nous rejetons totalement la gouvernance mondiale de l'IA", a expliqué Michael Kratsios, conseiller de la Maison Blanche aux sciences et technologies, depuis le sommet sur l'intelligence artificielle, à New Delhi.

Quelques heures auparavant, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, avait confirmé le lancement d'une commission scientifique destinée à faire "du contrôle humain" de l'IA "une réalité technique".

Le patron d'OpenAI, Sam Altman, avait déclaré jeudi que cette technologie en plein essor avait un besoin urgent de régulation, alors que grandissent les inquiétudes quant à son impact sur la société et l'environnement.

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"Nous fonçons dans l'inconnu. L'innovation liée à l'IA avance à la vitesse de la lumière et dépasse notre capacité collective à la comprendre et encore plus à la gouverner", a affirmé vendredi Antonio Guterres, devant le sommet mondial sur l'IA.

À l'opposé, pour le représentant de la Maison Blanche, l'intelligence artificielle a le potentiel de "favoriser l'épanouissement humain et de générer une prospérité sans précédent".

Et "les obsessions idéologiques axées sur les risques, comme le climat ou l'équité, sont des prétextes à une gestion bureaucratique et à la centralisation", a-t-il affirmé.

L'Assemblée générale des Nations unies a validé la création d'une commission, appelée "Panel scientifique international indépendant sur l'intelligence artificielle", qui comprendra 40 scientifiques.

Cet organe consultatif - qui ambitionne d'être pour l'IA ce que le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) est pour le réchauffement climatique - a été créé en août.

Plus grand sommet mondial sur l'IA

Des dizaines de dirigeants et de ministres ont participé au "Sommet pour l'action sur l'IA" qui s'est ouvert jeudi.

Ils publieront samedi une déclaration sur la manière de réguler l'usage de l'intelligence artificielle, soit avec un jour de retard, a déclaré vendredi le ministre indien des Technologies de l'information.

"La déclaration et ses détails seront communiqués en toute transparence demain", a assuré le ministre Ashwini Vaishnaw à la presse, depuis le sommet. "Il existe un large consensus sur la déclaration. Nous essayons simplement de maximiser le nombre" de signataires, a-t-il affirmé, sans livrer plus de détails sur son contenu.

Ce report semble traduire des différends entre les délégations venues du monde entier sur la façon d'encadrer l'usage de cette technologie.

Les trois précédentes éditions avaient abouti à un texte vague. Lors de l'édition de l'an dernier à Paris, le vice-président américain, JD Vance, avait déjà mis en garde contre une "régulation excessive" susceptible de "tuer une industrie en plein essor".

Le gouvernement américain refuse d'encadrer les accès et les contenus sur les plateformes, au nom de la liberté d'expression notamment.

Le "Sommet pour l'action sur l'IA" à New Delhi était le plus important sommet à ce jour, avec des dizaines de milliers de participants et visiteurs, et le premier à se tenir dans un pays en développement.

Outre une vingtaine de dirigeants politiques venus du monde entier, des patrons de la tech, parmi lesquels le directeur général de Google, Sundar Pichai ou Jensen Huang, dirigeant de Nvidia, le géant américain des microprocesseurs, y ont participé.

Le prochain se tiendra à Genève au premier semestre 2027, a indiqué jeudi le président suisse Guy Parmelin.

Le développement de l'IA nourrit toutes les inquiétudes quant à son impact sur l'environnement, l'emploi, la création artistique, l'éducation ou l'information.

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Jeudi, les dirigeants ont plaidé pour que soit garanti un accès universel à cette technologie. Le Premier ministre indien, Narendra Modi, a ainsi appelé à ce que cette technologie soit "accessible et inclusive".

Avec ses 1,4 milliard d'habitants, le pays le plus peuplé de la planète a profité de ce coup de projecteur pour afficher ses ambitions. New Delhi a dit espérer dans les deux ans un total de 200 milliards de dollars d'investissements d'entreprises sur son sol, notamment pour des projets d'IA.

Les géants mondiaux de la tech ont aussi profité de l'occasion pour faire part de nouveaux accords, ainsi que des investissements et projets d'infrastructures pour ce pays d'Asie du Sud en passe de devenir la quatrième économie mondiale.

L'Inde a "rejoint" officiellement "Pax Silica", le groupe de pays constitué par les États-Unis pour assurer la sécurité de leurs approvisionnements en matériaux et technologies liées à l'intelligence artificielle (IA), a déclaré Jacob Helberg, sous-secrétaire d'État américain aux affaires économiques, lors du sommet.

Avec AFP

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