Leïla Shahid, ancienne déléguée générale de la Palestine en France et auprès de l’Union européenne, est morte mercredi 18 février 2026. Elle avait 76 ans.

Publié le : 18/02/2026 - 15:53Modifié le : 18/02/2026 - 22:07

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Son visage était devenu emblématique de la cause palestinienne. Tout comme l'était celui de Yasser Arafat. Leïla Shahid, ancienne déléguée générale de la Palestine en France est morte mercredi 18 février 2026, à l'âge de 76 ans, a annoncé à l'AFP sa sœur Zeina, confirmant une information du journal Le Monde. Malade depuis de nombreux mois, elle résidait dans le sud de la France.

"Oui, elle est morte aujourd'hui", a affirmé sa sœur, sans préciser les circonstances de son décès.

Son corps a été retrouvé mercredi à son domicile du hameau de la Lèque, sur la commune de Lussan, dans le département du Gard, a indiqué à l'AFP une source proche de l'enquête.

Selon les premiers éléments, il s'agirait d'un suicide, a ajouté cette source précisant qu'une enquête avait été ouverte pour "recherche des causes de la mort", comme c'est le cas en pareilles circonstances.

Née à Beyrouth en 1949, Leïla Shahid était issue de deux grandes familles palestiniennes historiquement engagées dans le mouvement national : les al‑Husseini et al‑Alami. Petite-nièce du mufti de Jérusalem Amin al-Husseini, sa famille a compté de nombreuses figures majeures du nationalisme palestinien dont Yasser Arafat, son cousin.

Leïla Shahid a été la première femme à représenter à l'étranger l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), direction politique longtemps dirigée par Yasser Arafat.

De 1989 à 1993, elle fut représentante de l’OLP en Irlande, aux Pays-Bas et au Danemark. En 1994, elle devint la déléguée générale de la Palestine en France. Yasser Arafat était alors président de l’Autorité palestinienne.

Entre 2005 et 2015, elle fut ambassadrice de la Palestine auprès de l’Union européenne, de la Belgique et du Luxembourg.

"Une immense perte pour la Palestine"

Le président palestinien Mahmoud Abbas a salué mercredi sa mémoire, louant un "modèle de diplomatie", selon l'agence de presse officielle Wafa.

Leïla Shahid "avait consacré sa vie à la défense de la cause palestinienne et avait été une voix authentique de la diplomatie palestinienne, accomplissant les missions qui lui avaient été confiées avec compétence et distinction et contribuant à renforcer la présence de la cause palestinienne sur la scène européenne et internationale", a estimé le président Abbas.

Elle était "un modèle de diplomatie attachée aux valeurs de liberté, de justice et de paix", ajoute le communiqué transmis par l'agence Wafa.

L'actuelle ambassadrice de la Palestine en France, Hala Abou-Hassira, a salué plus tôt sur X "une ambassadrice iconique", déplorant "une immense perte pour la Palestine, et pour le monde qui croit en la justice."

"Elle restera cette voix forte et digne de la Palestine en France, infatigable militante de la paix", a également salué sur X Karim Amellal, ancien délégué interministériel à la Méditerranée, de 2020 à 2025 : "Elle m'avait permis de rencontrer Yasser Arafat et ouvert les portes d'une époque d'espoir, celle des accords d'Oslo. Un temps aujourd'hui si lointain. Une époque hélas révolue".

Leïla Shahid a effectué ses études secondaires au Liban, puis une licence d'anthropologie à l'Université américaine de Beyrouth. Elle était mariée à un écrivain marocain.

Elle compte parmi les premiers Palestiniens à avoir établi des contacts avec des Israéliens favorables à la paix.

Avec AFP

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