La Première ministre Sanae Takaichi, tenante de l'ultraconservatisme et d'une ligne dure sur l'immigration, devrait retrouver une large majorité à la chambre basse du Parlement à l'issue des législatives pour lesquelles les Japonais ont voté dimanche, selon des projections des médias annoncées après la fin du scrutin.

Publié le : 08/02/2026 - 12:33Modifié le : 09/02/2026 - 00:40

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Le Parti libéral-démocrate (PLD) de la Première ministre conservatrice japonaise Sanae Takaichi devrait reconquérir une large majorité à la chambre basse du Parlement à l'issue des législatives, selon des projections de médias annoncées dimanche 8 février au soir.

Le parti au pouvoir devrait emporter entre 274 et 328 sièges, contre 198 auparavant, dans l'Assemblée qui en compte 465, selon des projections de la chaîne de télévision publique NHK, basées sur des sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote.

Les résultats officiels ne devraient être connus que lundi dans la journée.

Le président américain a salué "l'écrasante victoire" de Sanae Takaichi : "C'était un honneur pour moi de vous soutenir ainsi que votre coalition. Je vous souhaite un grand succès dans la mise en œuvre de votre programme conservateur, axé sur la paix par la force", a écrit Donald Trump dans une publication sur son réseau Truth Social.

Le PLD et son partenaire de coalition Ishin (Parti japonais de l'innovation) pourraient ​obtenir jusqu'à 366 élus à la Chambre des représentants, qui compte 465 sièges. Avec 310 ​sièges, l'alliance serait en mesure de passer outre les décisions de la chambre haute, contrôlée par l'opposition.

La nouvelle Alliance réformiste centriste, réunissant le principal parti d'opposition, le Parti démocrate constitutionnel (CDP), et l'ancien partenaire du PLD, Komeito, pourrait de son côté perdre plus de deux tiers de ses sièges actuels.

Quant au parti anti-immigration Sanseito, il pourrait détenir entre 5 et 14 sièges, contre deux actuellement, a indiqué la NHK.

Flambée du coût de la vie

"Nous avons reçu le soutien des électeurs aux politiques budgétaires responsables et proactives de la Première ministre Sanae Takaichi ainsi qu'au renforcement des capacités de défense nationale", a déclaré le secrétaire général du PLD, Shunichi Suzuki, devant les médias après l'annonce des premiers chiffres.

Sanae Takaichi a promis dimanche soir de mener une politique budgétaire "responsable" et de "construire une économie forte et résiliente", alors que ses premières annonces ont affolé les marchés et fait bondir les rendements de la dette nippone.

La dirigeante a notamment annoncé un plan de relance équivalent à plus de 110 milliards d'euros et promis d'exempter les produits alimentaires de la taxe à la consommation de 8 % afin d'atténuer l'impact sur les ménages de la flambée du coût de la vie.

L'inflation est l'un des principaux sujets d'inquiétude alors que la hausse des prix reste supérieure à 2 % depuis près de trois ans.

Sanae Takaichi a aussi semé le trouble il y a une semaine en vantant les avantages d'un yen faible, alors même que son ministre des Finances a répété que Tokyo interviendrait pour soutenir la devise.

"Une dame de fer" admiratrice de Margaret Thatcher

Pour ce scrutin, qui avait débuté sous la neige dans la capitale et une grande partie du pays, Sanae Takaichi, 64 ans, espérait doper les scores du PLD (droite nationaliste) qu'elle dirige depuis l'automne.

Le 19 janvier, la Première ministre avait annoncé la dissolution de la chambre basse du Parlement, déclenchant une campagne-éclair historique de 16 jours. Surfant sur une très bonne cote de popularité, elle en avait même fait une affaire personnelle, interpellant les électeurs : "Takaichi est-elle apte à être Première ministre ? J'ai voulu laisser le peuple souverain décider".

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Cette grande admiratrice de Margaret Thatcher s'est engagée à "pousser le bouton de la croissance". Quant à l'immigration, les critères "sont déjà devenus un peu plus stricts, afin que les terroristes, mais aussi les espions industriels, ne puissent pas entrer facilement", a-t-elle lancé.

Son programme, qui comporte notamment une hausse des dépenses et des réductions d'impôts, est scruté avec attention par les marchés ‍financiers, qui s'interrogent sur le financement de ses mesures dans un pays déjà lourdement endetté.

Avec Reuters et AFP

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