Plus de 127 millions d'électeurs étaient appelé aux urnes jeudi au Bangladesh pour des législatives qui doivent permettre de tourner la page du règne de fer de l'ancienne Première ministre Sheikh Hasina, dont le parti a été déclaré hors-la-loi. Ses deux opposants historiques, le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) et les islamistes du Jamaat-e-Islami, sont les grands favoris de ce scrutin.

Publié le : 12/02/2026 - 04:22Modifié le : 12/02/2026 - 13:56

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Le Bangladesh a voté, jeudi 12 février, pour élire ses députés et tourner la page des quinze ans du règne de fer de l'ex-Première ministre Sheikh Hasina, emportée en 2024 par une insurrection meurtrière menée par les jeunes de la Génération Z.

Le dépouillement a commencé a commencé à 16h30 (10h30 GMT) dans la plupart des bureaux de vote, immédiatement après la fermeture des urnes. Les premières tendances devraient être connues la nuit prochaine ​et les résultats définitifs ‌devraient être annoncés vendredi matin, ont déclaré les responsables de la Commission électorale.

Dès l'ouverture des bureaux de vote à 7 h 30 locales (1 h 30 GMT), de nombreux électeurs de la capitale Dacca se sont pressés pour déposer leur bulletin dans l'urne. "Je n'avais pas voté depuis 1991 (...), je suis ravi d'être le premier à voter aujourd'hui", a déclaré l'un d'eux, Nur Alam Shamim, qui s'est présenté aux aurores dans son bureau du New Model Degree College.

Le parti de Sheikh Hasina ayant été déclaré hors-la-loi, ses deux opposants historiques, le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) et les islamistes du Jamaat-e-Islami, sont présentés comme les grands favoris.

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Héritier d'une longue dynastie politique, le chef du BNP Tarique Rahman, 60 ans, a la faveur des pronostics pour diriger le futur gouvernement. Confiant, il a déclaré à l'AFP espérer "un mandat clair du peuple" pour rebâtir un pays selon lui "détruit" par l'ancien régime.

Une campagne tendue, parfois violente

Face à lui, le chef du Jamaat Shafiqur Rahman, 67 ans, qui a connu les geôles de Sheikh Hasina, a pris la tête d'une coalition et ambitionne de devenir le premier Premier ministre islamiste de l'histoire du Bangladesh, un pays à 90 % musulman. Tout au long de ses discours, il a tenu un discours modéré, y compris sur la place des femmes dans la société, et promis des emplois et la fin de la corruption. Jeudi, il a promis de "faire tout ce qu'il faut" pour des élections transparentes.

Plus de 127 millions de Bangladais étaient appelés à élire les 350 membres de la chambre unique du Parlement. Tendue, parfois violente, la campagne s'est aussi déroulée dans une ferveur inédite depuis l'élection de Sheikh Hasina en 2009. Les scrutins suivants ont tous été boudés par l'opposition ou dénaturés par des fraudes massives.

Fers de lance des émeutes meurtrières de l'été 2024, les jeunes - les 18-37 ans constituent 44 % du corps électoral - espèrent des changements profonds, dans un pays à l'économie en panne et malade de la corruption. "Avant, je n'allais pas voter", a confié à l'AFP Md Shezar, un étudiant de 26 ans à l'université de la capitale Dacca. "Cette fois, j'espère que l'élection sera honnête, alors je rentre chez moi pour déposer mon bulletin dans l'urne".

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"La signification de cette journée est considérable", a souligné lors d'un discours télévisé le prix Nobel de la paix Muhammad Yunus, à la tête du gouvernement provisoire qui a pris les rênes du pays à l'été 2024. Âgé de 85 ans, le pionnier de la microfinance a annoncé son retrait dès les résultats du scrutin prononcés.

En guise de testament politique, il a obtenu des partis politiques l'adoption d'une série de réformes institutionnelles - deux mandats de Premier ministre maximum, deuxième chambre au Parlement - destinées à renforcer la démocratie. Cette "Charte de juillet" est soumise jeudi à l'approbation des Bangladais par référendum.

Aucune consigne de vote de Sheikh Hassina

L'issue du scrutin législatif reste très incertaine. De son exil indien, Sheikh Hasina, condamnée à mort pour la répression de la révolte de 2024, n'a donné aucune consigne de vote aux électeurs habituels de son parti interdit, dont l'attitude sera l'une des grandes inconnues du scrutin.

"Le défi du Bangladesh est désormais de faire en sorte que cette élection soit honnête et impartiale, celui de tous les partis d'en accepter les résultats", a souligné l'analyste Thomas Kean, de l'International Crisis Group (ICG).

La commission électorale s'est engagée à assurer un scrutin régulier et table sur une forte participation. Le gouvernement provisoire a déployé les grands moyens pour s'assurer du bon déroulement des opérations électorales. Plus de 300 000 soldats, policiers et autres membres des forces de sécurité ont été mobilisés.

Avec AFP

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