Le Suisse Franjo von Allmen a remporté mercredi une nouvelle médaille d'or olympique en s'imposant en super-G, signant un triplé historique sur la Stelvio à Bormio où il a aussi gagné la descente samedi et le combiné par équipes lundi. Le Français Nils Allègre a échoué au pied du podium.
Publié le : 11/02/2026 - 14:00
Le Suisse Franjo von Allmen est inarrêtable aux Jeux d'hiver 2026. Le skieur a décroché une troisième médaille d'or en remportant, mercredi 11 février, l'épreuve de super-G sur la Stelvio à Bormio où il a aussi gagné la descente samedi et le combiné par équipes lundi.
A 24 ans et pour ses premiers JO, il a devancé mercredi l'Américain Ryan Cochran-Siegle (+13/100e) et son coéquipier suisse Marco Odermatt (+28/100e). Le Français Nils Allègre a pris une frustrante 4e place, à trois centièmes du bronze (+31/100e).
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Un nom dans la légende du ski
En remportant son troisième titre olympique en cinq jours seulement, Franjo von Allmen rejoint les légendes du ski Toni Sailer (1956) et Jean-Claude Killy (1968), les seuls avant lui à avoir réussi un triplé en ski alpin sur une même édition des Jeux. Il n'y avait à l'époque que trois disciplines au programme (descente, géant, slalom).
Sur un nuage depuis son titre en descente samedi, carrément placé sur orbite après sa victoire en combiné par équipe lundi, Von Allmen s'est élancé mercredi le sourire aux lèvres. Pas aussi impérial qu'en descente, il a quand même surfé sur la confiance accumulée ces derniers jours pour réussir à creuser un petit écart et devancer sur le fil l'Américain Cochran-Siegle. En voyant son avance provisoire, Von Allmen a d'abord secoué la tête dans l'aire d'arrivée, pas certain que sa prestation du jour soit suffisante pour l'emporter.
Mais derrière lui, pas aidés par une neige qui s'est rapidement réchauffée sur la Stelvio, les autres favoris n'ont pas fait mieux. Le numéro 1 mondial Marco Odermatt, couteau entre les dents pour décrocher son premier titre de la quinzaine après sa déception en descente (4e) et l'argent du combiné par équipe, n'a pas trouvé de solution. Bien parti, il a finalement terminer à 28 centièmes de Von Allmen et a quitté dépité la piste.
Les larmes d'Allègre
Les Italiens Giovanni Franzoni (6e à 63/100e) et Dominik Paris (chute et abandon) sont eux aussi passés à côté. Le plus frustré sera sans doute le Français Nils Allègre, qui échoue à la quatrième place.
Parti dossard 1, le skieur de Serre-Chevalier a réalisé une manche propre et solide mais les centièmes n'ont pas tournés en sa faveur. "Aujourd'hui, je suis inconsolable", a déclaré Nils Allègre, totalement abattu après sa quatrième place, "le moment le plus dur de (s)a carrière".
En larmes à plusieurs reprises pendant son parcours médiatique transformé en chemin de croix, le skieur de Serre-Chevalier a échoue à seulement trois centièmes de la troisième place du Suisse Marco Odermatt et à 31/100e de l'or remporté par Franjo von Allmen. "Trois centièmes, on peut les trouver de partout, si je fais le détail avec la caméra, mais ça ne m'intéresse pas. La dure réalité du sport de haut niveau, c'est qu'aujourd'hui il y a trois mecs sur la boîte et il y a un mec qui est 4e, et celui-là c'est moi, à trois centièmes, et c'est dur", a-t-il lâché, les yeux rougis, en zone mixte.
"C'est extrêmement dur sportivement. C'est le moment le plus dur de ma carrière. Aujourd'hui je suis inconsolable", a-t-il ajouté. Si Allègre, 32 ans, était aussi abattu c'est parce qu'il est passé à un cheveu du grand bonheur avec son dossard 1. Mais aussi, et peut-être même surtout, parce que ce n'est pas la première fois que cela lui arrive.
Vainqueur d'un super-G en Coupe du monde en 2024, il a accumulé les places d'honneur ces derniers mois avec deux quatrièmes places en décembre (la "place du con", disait-il alors) et une 5e place dans la descente de Kitzbühel en janvier. À Bormio, après une belle 8e place en descente samedi, il a encore fait cinquième, à 13/100es du podium, dans le combiné par équipes lundi avec Clément Noël.
"J'ai fait trois fois quatrième cette année, deux fois cinquième, c'est très dur à avaler. Je ressens frustration, déception, colère et quand même de la fierté de mon état d'esprit de la semaine, de mon engagement, de mon courage. Mais je suis en colère contre le coup du sort", a-t-il encore dit, avant de repartir le pas lourd.
Avec AFP
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