Charles III et son épouse Camilla ont été reçus lundi par Donald et Melania Trump à la Maison Blanche. Une visite royale qui intervient en pleine crispation diplomatique autour du conflit en Iran. Mardi, le souverain britannique prononcera un discours devant le Congrès américain.
Publié le : 27/04/2026 - 04:57Modifié le : 28/04/2026 - 14:30
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Le roi Charles III et la reine Camilla ont été reçus lundi 27 avril par Donald Trump, au premier jour d'une visite qui suit de peu une nouvelle tentative présumée d'assassinat du président américain.
Le couple royal a été accueilli par le dirigeant républicain et son épouse Melania vers 20 h 20 GMT à l'entrée sud de la Maison Blanche. Tous quatre ont posé sur le tapis rouge, le roi et le président échangeant quelques propos inaudibles pour les journalistes présents, avant de gagner l'intérieur du bâtiment pour prendre le thé, à l'écart de la presse.
Charles III, féru de faune et de flore, la reine Camilla et le couple présidentiel ont aussi visité les ruches de la Maison Blanche. Seuls des photographes de presse ont pu suivre ces moments. Le tout a duré un peu plus d'une heure.
Délicate mission diplomatique
Sur divers clichés, on voit les deux couples autour d'une table basse chargée de tasses et de pâtisseries, puis dans les jardins devant un présentoir de pots de miel et auprès d'une maquette de la future salle de bal de la Maison Blanche, un projet cher à Donald Trump.
Une autre photographie montre le groupe passant près d'une peinture représentant le président américain avec le poing levé juste après la tentative d'assassinat qui l'a visé à l'été 2025 pendant un meeting en Pennsylvanie (est).
Le roi Charles et la reine Camilla ont ensuite pris le chemin de l'ambassade britannique, pour une "garden party".
La reine portait à son arrivée à l'aéroport une broche réunissant les drapeaux américain et britannique, reproduits en pierres précieuses, sur une robe blanche ornée de broderies noires. Le bijou résume la délicate mission diplomatique de Charles III, qui veut s'efforcer de décrisper la relation entre Londres et Washington.
250e anniversaire de l'indépendance américaine
La visite d'État doit marquer le 250e anniversaire de l'indépendance américaine, et célébrer les liens entre les deux pays. Elle "se déroulera comme prévu", a dit dimanche le palais de Buckingham, quelques heures après qu'un assaillant armé a tenté de forcer l'entrée d'un dîner de gala en présence du président américain.
La confirmation du voyage a réjoui le dirigeant républicain, fasciné par la pompe monarchique, aussi prompt à louer le souverain que prodigue en critiques contre le Premier ministre britannique Keir Starmer. "C'est un mec super", a dit Donald Trump à propos du roi dans un entretien avec Fox News dimanche, "il représente son pays comme personne d'autre ne peut le faire."
L'ambassadeur britannique aux États-Unis, Christian Turner, a parlé dimanche d'un "immense enthousiasme" du président américain pour cette visite, par laquelle Donald Trump rend aussi la politesse après avoir été reçu avec faste au Royaume-Uni l'an dernier.
Mardi, la journée la plus protocolaire du voyage commencera par une cérémonie d'accueil militaire. Donald Trump et Charles III auront un entretien dans le Bureau ovale, tandis que leurs épouses participeront à un événement consacré à l'éducation et à l'intelligence artificielle.
Discours devant le Congrès
Le même jour, le souverain britannique prononcera un discours devant le Congrès américain – le premier du genre depuis Elizabeth II en 1991. Selon un extrait fourni par le service de presse du roi, il devrait y évoquer les liens historiques qui unissent les deux pays, qui "ont toujours su trouver des moyens de se rassembler". Un discours dans lequel il devrait également rappeler que la défense des idéaux démocratiques est "essentielle pour la liberté et l'égalité" face aux défis internationaux.
Les deux couples se retrouveront en soirée pour un dîner de gala en comité assez restreint dans une salle de réception de la Maison Blanche.
En déplacement à New York mercredi, le roi et la reine se rendront au mémorial des attentats du 11-Septembre. Charles III voudra tout faire pour éviter que la crispation entre Londres et Washington ne produise une note discordante dans cette pompe bien huilée.
Le monarque a pour mission implicite d'amadouer Donald Trump, certes bien disposé personnellement à son égard, mais excédé par les réserves des autorités britanniques concernant la guerre en Iran, entre autres sujets de discorde. Le tout sans laisser trop l'ascendant à l'imprévisible président américain, ce qui alimenterait les critiques déjà nombreuses au Royaume-Uni sur ce voyage. En plus d'attaquer Keir Starmer, le président américain a bousculé la "relation spéciale" transatlantique en s'en prenant à l'armée et à la marine britanniques.
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Le déplacement a un autre sujet explosif en toile de fond : l'affaire Epstein et l'amitié passée du frère du roi, Andrew, avec le défunt pédocriminel. Les commentateurs guetteront toute allusion, même la plus subtile, à cette affaire qui n'en finit plus de secouer la monarchie britannique et la sphère MAGA, de part et d'autre de l'Atlantique.
Avec AFP
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