Paris (France) (AFP) – Le romancier Yannick Haenel a obtenu mercredi le prix Femina pour "La solitude des professeurs est infinie" (Gallimard), le récit de ses années d'enseignement dans des établissements scolaires de banlieue.
Publié le : 04/11/2026 - 14:03
L'écrivain, présent à la remise du prix au siège de Dior à Paris, a dédié son livre "aux professeurs, aux lycéens et aux collégiens", en plein mouvement de protestation des élèves.
Le jury exclusivement féminin de 12 membres a préféré son livre à ceux d'Emma Marsantes, "N'efface pas mes cercles" (Verdier), et de Lucie Rico, "Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ?" (P.O.L), qui ont également obtenu des voix.
Le Femina étranger a été décerné à l'Américaine Laura Kasischke pour "Baignade surveillée" (Gallimard) et celui de l'essai à Jennifer Tamas pour "Barbe Bleue contre-enquête" (Seuil).
Après des études à Rennes, Yannick Haenel, 59 ans, a été professeur dans les années 1990 avant de se lancer dans l’écriture. Il a notamment publié "Jan Karski", prix Interallié 2009, et "Tiens ferme ta couronne", prix Médicis 2017. Il est également chroniqueur dans la presse, dont Charlie Hebdo.
Sorti en août, "La solitude des professeurs est infinie" raconte les débuts dans l'éducation de Jean Deichel, le double de l'auteur.
Ce jeune professeur de français stagiaire débarque dans un collège de Mantes-la-Jolie (Yvelines), où il découvre le stress, l'envie de transmettre et les épreuves du métier d’enseignant.
Le narrateur raconte "la joie" qu'éprouve l'enseignant "quand ça marche, quand un visage s’éclaire furtivement, quand un élève manifeste sa compréhension, quand un cours est réussi, ou une copie excellente".
Mais il se rappelle aussi: "Je passais mon temps à calmer le jeu, à désamorcer, à neutraliser: quoiqu’en disent les pédagogues, c’est la violence qui est première dans les collèges ; et être prof consiste à enrayer son déchaînement".
Yannick Haenel a expliqué avoir eu le besoin d’écrire sur "la solitude des profs" après les assassinats de Samuel Paty et de Dominique Bernard.
Le prix Femina a été remis au lendemain des prix Goncourt, qui a récompensé Philippe Jaenada pour "L'inconnue du quai de Javel" (Flammarion) et Renaudot, décerné à François-Henri Désérable pour "Le Palais" (Gallimard).
En 2025, le Femina avait récompensé Nathacha Appanah pour "La Nuit au cœur" (Gallimard).
© 2026 AFP
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