Le parti du Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul est arrivé largement en tête lors des élections législatives de dimanche, avec une avance confortable qui pourrait faciliter la formation d'une coalition et réduire le risque d'une nouvelle instabilité politique en Thaïlande.

Publié le : 08/02/2026 - 18:39Modifié le : 08/02/2026 - 18:40

Pour afficher ce contenu YouTube, il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.

Une extension de votre navigateur semble bloquer le chargement du lecteur vidéo. Pour pouvoir regarder ce contenu, vous devez la désactiver ou la désinstaller.

Le Premier ministre conservateur de Thaïlande est en passe de remporter l'élection législative, dimanche 8 février, d'après les résultats provisoires des télévisions locales. Une victoire ferait de son parti le plus grand groupe parlementaire du pays.

"Nous sommes en passe de remporter la première place lors des élections", a déclaré Anutin Charnvirakul aux journalistes présents au siège de son parti, le Bhumjaithai, à Bangkok.

Le chef du Parti du peuple (réformiste), Natthaphong Ruengpanyawut, a de son côté reconnu sa défaite.

"Nous reconnaissons que nous ne sommes pas arrivés en tête", a-t-il déclaré aux journalistes présents au siège de son parti à Bangkok, assurant "respecter" le gagnant.

À voir aussiFermeture des bureaux de vote en Thaïlande : "forte participation" pour ces législatives anticipées

Le parti Bhumjaithai d'Anutin Charnvirakul est crédité de quelque 200 sièges à la Chambre basse, selon les prévisions de Channel 3, devançant largement le Parti du peuple qui a un peu plus de 100 sièges, quand le parti Pheu Thai, longtemps dominant sur la scène politique thaïlandaise, arrive en troisième position.

"Nous avons besoin d'un leader fort"

Il s'agit d'un spectaculaire revirement pour Anutin, dont le parti était arrivé troisième lors des dernières élections et qui n'a été nommé Premier ministre par le Parlement qu'en septembre 2025.

"La victoire d'aujourd'hui appartient à tous les Thaïlandais, qu'ils aient voté pour nous ou non", a ajouté le Premier ministre.

De nombreux électeurs ont confié à l'AFP avoir le conflit avec le Cambodge en tête au moment d'avoir glissé leur bulletin dans l'urne. "Nous avons besoin d'un leader fort capable de protéger notre souveraineté", a déclaré Yuernyong Loonboot, 64 ans, le premier électeur à avoir voté dans un bureau de vote de Buriram (est), la ville natale d'Anutin.

À voir aussiLégislatives anticipées en Thaïlande : la mainmise de l’armée

L'armée thaïlandaise a pris le contrôle de certaines zones contestées lors des derniers combats en décembre, et un cessez-le-feu est désormais en vigueur après que des combats ont fait des dizaines de morts des deux côtés.

Peu après son entrée en fonction, Anutin a autorisé les forces armées à prendre toutes les mesures qu'elles jugeaient appropriées à la frontière, sans en référer au gouvernement au préalable. En campagne, il a promis de construire un mur frontalier et de recruter 100 000 soldats volontaires.

Bhumjaithai renforcé pour négocier une coalition

Après avoir voté dans ce même bureau, Anutin, héritier fortuné du BTP et pilote d'avion à ses heures, connu pour avoir mené la Thaïlande à la légalisation du cannabis, avait dit à la presse espérer "la confiance" des électeurs.

Même si le Bhumjaithai ne semble pas à même d'obtenir la majorité absolue des 500 sièges de la Chambre basse, le nombre de sièges qu'il pourrait remporter lui donnerait l'avantage dans les négociations de coalition.

La Thaïlande utilise un système de représentation mixte avec 400 députés élus par des circonscriptions individuelles et 100 sièges qui sont attribués selon un scrutin séparé pour les listes de partis.

Le prochain gouvernement de ce royaume d'Asie du Sud-Est devra gérer une économie morose, concurrencée par le Vietnam en pleine expansion, et dont secteur touristique vital n'a pas retrouvé son niveau d'avant la pandémie.

Le parti réformiste Move forward (aujourd'hui Parti du peuple), avait remporté le plus grand nombre de sièges à la précédente élection, mais avait été empêché d'accéder au pouvoir par une alliance entre le Bhumjaithai et le Pheu Thai, avant que la formation de soit dissoute.

Déclin du Pheu Thai

Le parti populiste de l'ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra, le Pheu Thai, consacre son déclin en arrivant à la troisième place, d'après les projections.

Il est toutefois considéré comme le partenaire de coalition le plus probable d'Anutin. Ils étaient alliés jusqu'à ce que le Bhumjaithai se retire d'un accord sur le traitement du conflit frontalier conclu par la Première ministre de l'époque, Paetongtarn Shinawatra, la fille de Thaksin Shinawatra.

Thaksin est actuellement derrière les barreaux pour corruption durant son mandat, ce qui a écorné l'image du parti.

Avec AFP et Reuters

Mots-clés associés à l’article

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.