La commission électorale a annoncé vendredi la large victoire du Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) de Tarique Rahman, qui a remporté la majorité absolue des sièges à la chambre unique du Parlement. Il devance largement son principal rival, la coalition des islamistes du Jamaat-e-Islami.

Publié le : 12/02/2026 - 06:03Modifié le : 13/02/2026 - 14:56

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Le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) a remporté la majorité absolue des sièges aux premières élections législatives organisées depuis l'insurrection qui a causé la chute du régime de fer de Sheikh Hasina en 2024, a annoncé vendredi 13 février la commission électorale.

Le parti dirigé par Tarique Rahman a remporté 212 des 300 sièges à pourvoir, contre 77 à la coalition dirigée par les islamistes du Jamaat-e-Islami, a déclaré devant la presse le premier secrétaire de la commission, Akhtar Ahmed.

"La victoire était attendue", s'est félicité auprès de l'AFP Salahuddin Ahmed, un haut responsable du BNP. "Il n'est pas surprenant que le peuple du Bangladesh ait placé sa confiance dans un parti qui est pro-Bangladesh (...) et capable de réaliser les rêves exprimés par notre jeunesse pendant les émeutes", a-t-il ajouté.

Félicitations des États-Unis et de l'Inde

"Nous ne sommes pas satisfaits du processus entourant les résultats des élections", a réagi le Jamaat dans une déclaration, dénonçant des "incohérences répétées ou des montages dans l'annonce des résultats provisoires" qui "posent de sérieuses questions sur l'intégrité" du processus.

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Dans un message publié sur les réseaux sociaux par leur ambassade à Dacca, les États-Unis ont félicité le BNP et Tarique Rahman pour leur "victoire historique" et se sont réjouis de travailler avec eux "à la réalisation de leurs objectifs de prospérité et de sécurité".

Le Premier ministre indien Narendra Modi a lui aussi félicité le BNP pour sa "victoire décisive". "Cette victoire témoigne de la confiance que le peuple bangladais accorde à votre capacité à diriger", a-t-il déclaré dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, en s'adressant à Tarique Rahman. "L'Inde continuera à soutenir un Bangladesh démocratique, progressiste et inclusif", a-t-il ajouté.

Tarique Rahman, héritier d'une longue dynastie politique

"Nous allons nous joindre à l'effort de reconstruction du pays que va engager Tarique Rahman", a réagi auprès de l'AFP un partisan du BNP, Md Fazlur Rahman, 45 ans. "Ces dix-sept dernières années, nous avons beaucoup souffert."

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Avant même la clôture des bureaux de vote jeudi, Tarique Rahman avait exprimé sa confiance devant la presse. "Je vais gagner l'élection (...) nous aurons une majorité suffisante pour diriger calmement le pays". Âgé de 60 ans, le probable futur Premier ministre est l'héritier d'une longue dynastie politique. Rentré en décembre de dix-sept ans d'exil au Royaume-Uni, il a pris la succession à la tête du BNP de sa mère Khaleda Zia, trois fois Première ministre, après sa mort quelques jours plus tôt.

Son rival, le chef du Jamaat, Shafiqur Rahman, 67 ans, qui a connu les geôles de l'ex-Première ministre Sheikh Hasina, ambitionne quant à lui de devenir le premier Premier ministre islamiste de l'histoire du Bangladesh, un pays à 90 % musulman.

Dans une déclaration jeudi soir, le chef du gouvernement provisoire et prix Nobel de la paix Muhammad Yunus a exhorté les partis à respecter les usages démocratiques, à faire preuve de "tolérance et de respect" "Nous devons rester unis dans l'intérêt national", a insisté le Muhammad Yunus, 85 ans, qui a annoncé qu'il se retirerait sitôt les résultats officiels proclamés.

Un scrutin sans incident majeur

Après une campagne souvent tendue, parfois violente, le scrutin de jeudi, sécurisé par plus de 300 000 policiers et soldats, s'est déroulé sans incident majeur.

De nombreux électeurs se sont réjouis de pouvoir voter, dans une ferveur inédite depuis l'élection de Sheikh Hasina en 2009. Les scrutins suivants avaient tous été boudés par l'opposition ou dénaturés par des fraudes massives.

Les électeurs bangladais se prononçaient également jeudi par référendum sur une série de réformes institutionnelles destinées à éviter le retour d'un régime autoritaire. Selon les estimations publiées par les télévisions locales, les "oui" devaient l'emporter largement.

De son exil indien, Sheikh Hasina, condamnée à mort pour la répression de la révolte de 2024, a dénoncé dans une déclaration publiée par son parti un scrutin "illégal et inconstitutionnel".

Avec AFP

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