Le parquet de Lyon a annoncé, samedi, la mort de Quentin, 23 ans, hospitalisé depuis deux jours après avoir été agressé en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po. L'enquête se poursuit désormais pour "coups mortels aggravés". La famille du jeune homme a appelé "au calme et à la retenue", tout en dénonçant un "crime", selon leur avocat.
Publié le : 14/02/2026 - 19:09Modifié le : 20/02/2026 - 15:51
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Après une violente agression en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Lyon, Quentin, un étudiant de 23 ans qui était hospitalisé depuis jeudi dans un état grave, est mort, a annoncé samedi 14 février le parquet.
"L'enquête se poursuit, elle est conduite dorénavant du chef de coups mortels aggravés, en plus des violences aggravées par trois circonstances", a précisé le parquet de Lyon dans un communiqué.
La famille du jeune homme a appelé "au calme et à la retenue", tout en dénonçant un "crime", selon leur avocat Fabien Rajon.
Lançant lui aussi un appel "au calme, à la retenue et au respect", le président Emmanuel Macron a souhaité que soient condamnés "les auteurs de cette ignominie".
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La cheffe de file du Rassemblement national, Marine Le Pen, a appelé à ce que la justice condamne "avec la plus grande rigueur" les auteurs d'un "acte criminel d'une violence inouïe".
Quentin avait été placé dans le coma, avec un pronostic vital engagé, à l'hôpital Edouard Herriot, après avoir été pris en charge "dans un état grave" jeudi en début de soirée par les secours, dans le 5e arrondissement de Lyon.
"La famille de Quentin fait confiance aux enquêteurs"
Selon l'avocat de la famille, "un guet-apens, méthodiquement préparé, semblerait bien avoir été tendu à Quentin par des individus organisés et entraînés, en très large surnombre et armés, pour certains le visage masqué, ayant effectué des repérages préalables et disposant a priori de complicités".
"Ces faits, s'ils sont confirmés par l'enquête (...) constituent un crime", a écrit Me Rajon dans un communiqué. "Appelant au calme et à la retenue, la famille de Quentin fait confiance aux enquêteurs et à la justice afin que les responsables de sa mort soient rapidement interpellés et qu'ils aient à en répondre", est-il ajouté.
Aucune communication officielle n'a précisé jusque-là les circonstances de l'agression ni l'identité des agresseurs. Vendredi, le parquet de Lyon avait indiqué qu'"à ce stade, le contexte et les circonstances de ces faits doivent être déterminés". De "nombreuses auditions" ont eu lieu toute la journée samedi, a indiqué à l'AFP une source proche de l'enquête.
TF1 a diffusé samedi dans son journal de 20 h une vidéo présentée comme celle de l'agression, où l'on voit trois hommes se faire rouer de coups de pied et de coups de poing, dont l'un reste au sol, apparemment inanimé.
Selon la version du collectif Némésis, proche de l'extrême droite, Quentin faisait partie du service d'ordre chargé d'assurer la sécurité de ses militantes qui manifestaient contre une conférence de Rima Hassan, prévue de 18 h à 20 h à l'IEP de Lyon, situé dans le 7e arrondissement. Vers 18 h 40, près du bâtiment de Sciences Po, des militantes de Némésis avaient été "agressées" par des militants antifascistes, selon le collectif.
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La présidente du collectif, Alice Cordier, a diffusé sur X une vidéo tournée rue Raoul Servant, tout près de l'IEP, où l'on voit un groupe de jeunes gens entourer deux jeunes femmes au visage caché sous un foulard, aux cris de "fascistes, racistes, c'est vous les terroristes".
Toujours selon la version du collectif identitaire, les hommes, dont Quentin, n'ont "pas pu porter secours" aux militantes "car ils ont été poursuivis par un groupe d'une trentaine d'antifas". C'est après que Quentin aurait "été attaqué": il a été "balayé au sol, son crâne a tapé, puis il a été lynché à coups de pied", affirme le collectif. Le jeune homme, grièvement blessé, sera secouru vers 19 h 40 par les pompiers, quai Fulchiron, situé à près de 2 km de distance et à une vingtaine de minutes à pied de l'IEP.
"Ni agent de sécurité, ni membre d'un quelconque service d'ordre"
Selon l'avocat, Quentin aurait "reçu des coups à la tête et ce alors même qu'il gisait au sol inanimé, les individus qui s'acharnaient sur lui agissant avec une volonté de tuer difficilement discutable".
Némésis a affirmé avoir reconnu parmi les agresseurs un collaborateur parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, qui serait un "membre actif de la Jeune Garde", groupe antifasciste dont Raphaël Arnault est l'un des fondateurs, dissoute en 2025 pour "agissements violents".
L'avocat de la famille a affirmé que Quentin "n'était ni agent de sécurité, ni membre d'un quelconque service d'ordre". "Étudiant en mathématiques, pratiquant le tennis et la philosophie", il était "investi dans la vie pastorale, en particulier au sein de la chorale de sa paroisse", a indiqué Me Rajon.
Il "défendait ses convictions sans violence, prônant un militantisme pacifique" et "n'avait jamais été mis en cause dans la moindre affaire par le passé", a-t-il conclu.
Un rassemblement en hommage à Quentin s'est déroulé samedi à Angers et d'autres appels à rassemblement ont été lancés pour dimanche, notamment à Montpellier et Paris.
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a appelé les préfets à "renforcer la vigilance autour des rassemblements de nature politique, ainsi qu'autour des permanences de campagne".
Avec AFP
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