Dubaï (Emirats arabes unis) (AFP) – Sur la scène du théâtre d'un hôtel de luxe de Dubaï, des danseuses du Crazy Horse répètent des tableaux du célèbre cabaret parisien, qui s'apprête à faire ses débuts dans l'émirat du Golfe... dans une version un peu moins dénudée.

Publié le : 06/11/2026 - 12:24

Dans la salle, serveurs et techniciens mettent les dernières touches aux préparatifs en vue de l'ouverture prévue le 12 novembre, dans l'ombre de la guerre au Moyen-Orient.

La "Dubai Edition" conserve les codes de l'emblématique cabaret, créé en 1951 par Alain Bernardin et posant les bases du "nu chic" avec l'idée "d'habiller" les corps par des projections de motifs (zébrures, pois...) pour se différencier des grands cabarets "à plumes" comme le Lido ou le Moulin Rouge.

Là aussi, les spectateurs auront droit à des chorégraphies suggestives et un travail subtil de la lumière.

Dans la pénombre, on distingue les silhouettes des danseuses, épaules et jambes nues, mais la représentation a été adaptée aux attentes de la clientèle locale.

"A Paris, elle sont habillées par les lumières. Ici, elles ont plus de costumes, avec le même éclairage", explique Andrée Deissenberg, directrice générale création et marques du groupe Crazy Horse. Autre particularité, le spectacle comprendra un numéro aérien pour la première fois de son histoire.

Si le décor est comme il se doit rouge écarlate, l'atmosphère est aussi moins intimiste que dans le sous-sol parisien où le Crazy Horse a vu le jour.

La salle, plus grande, se trouve dans un hôtel de l'île artificielle Palm Jumeirah en forme de palmier, symbole de l'opulence de l'émirat. Les clients ont droit à des fauteuils en velours "plus luxueux" et pourront y dîner, précise Mme Deissenberg.

"Continuer à vivre"

Ces ajustements ne déconcertent pas Brio Mindset, l'une des 18 danseuses de la troupe.

Cette Française de 28 ans, qui avait déjà travaillé à Dubaï, dit avoir d'abord été "intriguée" puis conquise par le projet, et salue le travail des équipes qui ont créé près de 500 pièces de costumes pour cette édition.

"Il fallait s'adapter aux mœurs et aux exigences de Dubaï, ce que nous avons fait avec beaucoup d'élégance et de chic", dit-elle, talons aiguilles et peignoir rouge comme les lèvres.

Après la fermeture il y a plusieurs années de ses déclinaisons à Las Vegas et à Singapour, le Crazy Horse a choisi Dubaï pour son seul spectacle permanent à l'international.

Le projet est né d'un partenariat, conclu début 2025, avec un entrepreneur français basé dans l'émirat. Avec près de 20 millions de visiteurs par an, une population composée à 90% d'expatriés et une ouverture rare dans le monde arabe, la vitrine touristique des Émirats arabes unis semblait alors offrir un cadre idéal.

Entretemps, la guerre, déclenchée par les frappes des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran le 28 février, a sérieusement écorné l'image de havre de sécurité du pays et failli tout faire capoter.

Au plus fort des attaques de représailles menées par Téhéran contre ses voisins du Golfe, dont les Emirats, "il y a eu un bref moment d'hésitation", raconte la responsable du Crazy Horse.

Mais le partenaire local reste "très confiant (...) que Dubaï retrouvera son dynamisme", souligne Andrée Deissenberg, malgré les tensions persistantes dans la région et la nouvelle menace d'une reprise des hostilités ces dernières semaines.

"C'est très paradoxal", admet-elle, mais les gens de la région estiment qu'il faut continuer "à vivre et aller de l'avant".

saa/anb

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