Le président français, Emmanuel Macron, a accepté, mardi, la démission de la présidente du musée du Louvre. Laurence des Cars était sous le feu des critiques depuis le vol spectaculaire des joyaux de la couronne française en octobre.
Publié le : 24/02/2026 - 18:01Modifié le : 25/02/2026 - 11:51
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Sur la sellette depuis le spectaculaire cambriolage du 19 octobre, la présidente du Louvre, Laurence des Cars, jette l'éponge. Elle a remis sa démission à Emmanuel Macron qui l'a acceptée en saluant un "acte de responsabilité", a indiqué, mardi 24 février, l'Élysée.
"Le chef de l'État l'a acceptée en saluant un acte de responsabilité dans un moment où le plus grand musée du monde a besoin d'apaisement et d'une nouvelle impulsion forte pour mener à bien des grands chantiers de sécurisation, de modernisation et le projet 'Louvre - Nouvelle Renaissance'", a précisé l'Élysée.
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Emmanuel Macron, qui avait nommé cette historienne de l'art réputée à la tête du Louvre fin 2021, "l'a remerciée pour son action et son engagement ces dernières années" et a annoncé lui confier une mission sur la coopération entre les grands musées des pays du G7.
Ancienne présidente du musée d'Orsay, Laurence des Cars, 59 ans dont le mandat courait jusqu'à fin 2026, était extrêmement fragilisée depuis le cambriolage du Louvre au cours duquel huit bijoux de la couronne française avaient été dérobés, mettant au jour d'importantes failles de sécurité du musée le plus visité au monde. Le butin, dont s'est emparé le commando de cambrioleurs en plein jour, est estimé à 88 millions d'euros.
Rappel de la "fragilité" du Louvre
Laurence des Cars avait d'abord défendu son action à la tête du musée mais avait été déstabilisée par des audits de sécurité alarmants sur le Louvre, dont elle n'avait eu connaissance qu'après le cambriolage.
"Je suis sereine et fière du travail accompli", a-t-elle réagi dans un entretien au Figaro mis en ligne après sa démission. "Mais tenir la barre ne suffit pas. Il faut aussi pouvoir avancer. Et les conditions pour avancer ne sont plus réunies", a ajouté la dirigeante qui rappelle avoir alerté les pouvoirs publics sur le sous-équipement du musée.
"Cette lucidité a pu être parfois douloureuse mais elle était indispensable (...). J'en paye peut-être le prix aujourd'hui", ajoute-t-elle, assumant avoir été "là pour prendre la foudre".
Laurence des Cars a martelé le même credo dans un message aux quelque 2 300 agents du Louvre. "Par une ironie cruelle, le vol du 19 octobre 2025 a donné un écho sans précédent à une vérité que je n'ai cessé de rappeler depuis ma prise de fonctions : le Louvre a beau être le plus grand musée du monde (...) il n'en est pas moins fragile", indique-t-elle dans ce message publié sur le site du Louvre.
Avalanche de revers depuis le cambriolage
Au lendemain du braquage, cette conservatrice expérimentée avait remis sa démission à la ministre de la Culture, Rachida Dati, qui l'avait refusée et avait ordonné une enquête administrative aux conclusions alarmantes sur la "sous-estimation chronique" des risques de vol.
Dans un autre rapport accablant publié début novembre, la Cour des comptes avait reproché au Louvre d'avoir "privilégié des opérations visibles et attractives" au détriment de la sécurité. Sous pression, Laurence des Cars avait été contrainte de concéder des failles. "Malgré nos efforts, malgré notre travail acharné au quotidien, nous avons été mis en échec", déclarait-elle fin octobre.
Plusieurs mesures d'urgence ont été prises, dont le remplacement de la grille empruntée par les cambrioleurs, et Laurence des Cars tentait de se projeter sur le très contesté projet "Louvre - Nouvelle Renaissance", qui prévoit notamment la construction d'une nouvelle salle pour la Joconde.
Son message a toutefois été affaibli par une avalanche de revers qui ont frappé le Louvre depuis le cambriolage, dont la fermeture d'une galerie en raison de la fragilité de l'édifice.
En interne, son action était également décriée par les personnels engagés depuis mi-décembre dans le plus long conflit social de l'histoire du musée.
Son départ marque un "nouveau chapitre", a estimé le ministère de la Culture dans un communiqué, estimant que la prochaine présidence "aura à mettre en œuvre le chantier de réorganisation" lancé par Rachida Dati, elle-même en partance du gouvernement.
"Les nombreuses défaillances dans le pilotage de l'établissement appellent à une reprise en main forte", a réagi auprès de l'AFP Alexandre Portier, président de la commission d'enquête sur la sécurité des musées, qui devait entendre Laurence des Cars mercredi après-midi. L'audition a été repoussée à la demande de Laurence des Cars, a-t-il précisé.
Avec AFP
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