Kim Jong-un a déclaré mercredi soir, lors de la clôture du congrès du parti unique, que si Washington reconnaissait le statut de puissance nucléaire de la Corée du Nord, alors Pyongyang pourrait "bien s'entendre" avec les États-Unis. Le dirigeant nord-coréen a par ailleurs annoncé que son pays cessera "à jamais" de considérer les Sud-Coréens comme des compatriotes.

Publié le : 26/02/2026 - 02:17Modifié le : 26/02/2026 - 07:22

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a estimé que Pyongyang pourrait "bien s'entendre" avec les États-Unis, sous conditions, mais a repoussé les tentatives de dialogue de Séoul, a rapporté jeudi 26 février l'agence officielle après la clôture du congrès du parti unique.

Lors du précédent congrès en 2021, Kim Jong-un avait désigné les États-Unis comme le "plus grand ennemi" de sa nation. Le président américain Donald Trump a récemment redoublé d'amabilités envers le dirigeant, dont la position semble s'être adoucie.

Si Washington "respecte le statut actuel [de puissance nucléaire] de notre pays tel qu'il est stipulé dans la Constitution (...) et abandonne sa politique hostile (...) il n'y a aucune raison pour que nous ne puissions pas bien nous entendre avec les États-Unis", a déclaré Kim Jong-un, selon l'agence officielle KCNA.

Lors d'une tournée en Asie l'année dernière, Donald Trump s'était déclaré "ouvert à 100 %" à une rencontre avec Kim Jong-un. Il s'est même positionné à rebours de plusieurs décennies de politique américaine en concédant que la Corée du Nord était "en quelque sorte une puissance nucléaire".

Vers une nouvelle rencontre Trump-Kim Jong-un ?

Les spéculations s'intensifient sur la possibilité d'une rencontre avec Kim Jong-un en marge de la visite prévue de Donald Trump en Chine, annoncée pour le mois d'avril. Au cours de son premier mandat, Donald Trump s'est entretenu avec Kim Jong-un à trois reprises pour tenter de parvenir à un accord de dénucléarisation, sans succès.

Cette fois-ci, c'est à la Corée du Sud voisine que Kim Jong-un a réservé l'appellation d'ennemi "le plus hostile". À l'issue du neuvième congrès du Parti des travailleurs, achevé mercredi soir par une grande parade militaire selon KCNA, Kim Jong-un a fermé la porte aux offres de Séoul, allié de Washington en matière de sécurité.

Kim Jong-un a annoncé que Pyongyang cessera "à jamais" de considérer les Sud-Coréens comme des compatriotes, qualifiant les récentes initiatives conciliantes de Séoul de "trompeuses". La Corée du Nord "n'a absolument rien à faire avec la Corée du Sud, son ennemi le plus hostile, et exclura à jamais la Corée du Sud de la catégorie des compatriotes", a déclaré Kim Jong-un.

Le président sud-coréen Lee Jae-myung œuvre depuis son investiture en juin à la reprise du dialogue bilatéral. Jusqu'alors sans réponse du Nord.

Une possible exemption de sanctions

La Corée du Nord, dotée de l'arme nucléaire, est soumise à plusieurs séries de sanctions en raison de ses programmes d'armement. Pyongyang produit même assez de matière nucléaire chaque année pour assembler jusqu'à 20 armes atomiques, a estimé la présidence sud-coréenne en janvier.

À lire aussiLa Corée du Nord dévoile une nouvelle arme à capacité nucléaire

Des sources diplomatiques sud-coréennes ont indiqué à l'AFP en janvier que le Comité des sanctions contre la Corée du Nord du Conseil de sécurité des Nations unies s'apprêtait à accorder une exemption de sanctions aux projets d'aide humanitaire dans le pays. Une initiative qui permettrait à Washington et Séoul de supprimer l'alibi invoqué par Pyongyang pour refuser jusqu'ici le dialogue, ont commenté des analystes.

Avec AFP

Mots-clés associés à l’article

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.