"Raisonnable, légitime et légal" pour Pékin, "attaque de sang-froid contre la liberté d'expression" selon Amnesty International... Voici les principales réactions à travers le monde après la condamnation de l'ancien magnat de la presse et activiste prodémocratie Jimmy Lai à 20 ans de prison par un tribunal de Hong Kong.
Publié le : 09/02/2026 - 11:37
La condamnation à 20 ans de prison, lundi 9 février à Hong Kong, de l'ex-magnat de la presse et activiste prodémocratie Jimmy Lai a provoqué de nombreuses réactions à travers le monde.
L'UE et l'ONU réclament la "libération immédiate" de Jimmy Lai
L'Union européenne a appelé à la "libération immédiate" de Jimmy Lai. "Les poursuites à caractère politique engagées contre Jimmy Lai et les anciens dirigeants et journalistes du quotidien Apple Daily nuisent à la réputation de Hong Kong", a dénoncé une porte-parole, Anitta Hipper.
De son côté, la ministre britannique des Affaires étrangères Yvette Cooper a affirmé que le Royaume-Uni, dont Jimmy Lai possède la nationalité, voulait "intervenir davantage et sans délai".
"Nous nous tenons au côté du peuple de Hong Kong", a ajouté Yvette Cooper, dont le pays a rétrocédé le territoire à la Chine en 1997 moyennant des garanties concernant les droits civiques.
Le haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme a pour sa part demandé l'annulation de la condamnation de Jimmy Lai.
Ce verdict "illustre comment les dispositions vagues et excessivement larges de la loi hongkongaise sur la sécurité nationale peuvent être interprétées et appliquées en violation des obligations internationales de Hong Kong en matière de droits humains", a commenté Volker Türk dans un communiqué.
Il "doit être rapidement annulé car il est incompatible avec le droit international", a-t-il ajouté.
En outre, le haut-commissaire "demande la libération immédiate de Jimmy Lai pour des raisons humanitaires, compte tenu de son âge avancé, de son état de santé et de l'impact des plus de quatre années qu'il a déjà passées en détention".
Satisfecit de Hong Kong et de Pékin
Le chef de l'exécutif de Hong Kong, John Lee, a jugé "profondément satisfaisante" la condamnation de l'ancien magnat de la presse.
"Les crimes de Jimmy Lai sont odieux et extrêmement graves. Sa lourde peine de 20 ans d'emprisonnement démontre la force de l'État de droit, fait prévaloir la justice et est profondément satisfaisante", a-t-il indiqué dans un communiqué.
Les organes judiciaires de Hong Kong "exercent leurs fonctions conformément à la loi (...). Cela est raisonnable, légitime et légal et il n'y a pas lieu de discuter", a dit lors d'un point-presse régulier un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian.
Il a exhorté "à s'abstenir d'interférer, sous quelque forme que ce soit, dans le système judiciaire de Hong Kong ou dans les affaires intérieures de la Chine".
Pour Taïwan, la Chine veut "créer l'effroi"
Avec ce jugement, la Chine et Hong Kong "ont inclus l'influence des médias et les connexions internationales dans le champ de la sécurité nationale, dans le but de créer l'effroi à travers les secteurs et les frontières", indique un communiqué du conseil taïwanais des Affaires continentales, soit le ministère chargé des relations avec Pékin.
La famille dénonce une peine "cruelle"
"Condamner mon père à cette peine de prison draconienne est dévastateur pour notre famille et met sa vie en danger. Cela marque la destruction totale du système judiciaire de Hong Kong", a estimé Sebastien Lai, son fils.
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Sa fille Claire a regretté pour sa part une peine "cruelle" compte tenu de sa santé déclinante en prison. Si Jimmy Lai la purge, alors "il mourra en martyr derrière les barreaux", a-t-elle jugé.
"Le rideau tombe sur la liberté de la presse"
Les organisations de défense des droits fondamentaux ont elles aussi exprimé leur consternation. "La peine de prison prononcée contre Jimmy Lai est une attaque de sang-froid contre la liberté d'expression, qui illustre parfaitement le démantèlement systématique des droits qui, autrefois, caractérisaient Hong Kong", a écrit Amnesty International dans un communiqué.
"La lourde peine de 20 ans de prison infligée à Jimmy Lai, âgé de 78 ans, équivaut, de fait, à un arrêt de mort", a souligné pour sa part Human Rights Watch.
L'organisation Reporters sans frontières (RSF) a estimé que la décision de justice montrait "l'effondrement total de la liberté de la presse" à Hong Kong. "Aujourd'hui, le rideau tombe sur la liberté de la presse à Hong Kong. Nous sommes révoltés par les lourdes peines infligées à Jimmy Lai et aux cadres d'Apple Daily", le journal prodémocratie aujourd'hui fermé dont Jimmy Lai était le fondateur, a réagi Thibaut Bruttin, le directeur général de l'organisation, cité dans le communiqué.
Avec AFP
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