Londres (AFP) – L'opérateur britannique de télécommunications Virgin Media O2, lourdement endetté, va supprimer "des milliers" d'emplois au cours des deux prochaines années, dans le cadre d'un programme de réduction de coûts, en parallèle d'un recours accru à l'intelligence artificielle.
Publié le : 03/11/2026 - 12:59
Dans un communiqué mardi, l'entreprise a dit prévoir des économies d'approximativement 300 millions de livres (360 millions d'euros) en coupant dans ses effectifs, dans le cadre d'un plan plus large destiné à réduire ses coûts d'environ 800 millions de livres par an d'ici 2029.
L'opérateur, qui emploie 16.000 personnes, n'a pas été en mesure de donner le nombre exact de postes supprimés, précisant à l'AFP qu'il se situerait "dans les milliers".
Ces réductions d'emplois découleront en majorité d'une restructuration au siège, en particulier sur les postes de direction plutôt que des fonctions en contact direct avec la clientèle, a affirmé Virgin Media O2.
Son PDG Lutz Schüler a dit s'être résolu à "des décisions difficiles", "étant donné les conditions de marché auxquelles nous sommes confrontés, le contexte réglementaire dans la fibre et les changements technologiques qui bouleversent tous les secteurs de l'économie".
Ces mesures se feront "parallèlement à un recours accru à l'IA et aux outils numériques pour soutenir une prise de décision et une exécution plus rapides", a souligné le groupe dans le même communiqué.
L'entreprise a ajouté lancer un agent vocal utilisant l'IA pour traiter les appels liés aux pannes de haut débit.
Elle a indiqué qu'elle fournirait de plus amples détails sur le plan de restructuration lors de la publication de ses résultats annuels en février.
-22 milliards de livres de dette-
Virgin Media O2 est sous la pression de ses investisseurs pour alléger sa montagne de dettes, qui s'élève à plus de 22 milliards de livres.
L'annonce de ces suppressions de postes a été faite en parallèle de celle des résultats du troisième trimestre du groupe, qui ont montré une baisse de 5,7 % de son chiffre d'affaires, à 2,4 milliards de livres sur un an.
Si le groupe est revenu à un bénéfice net de 1,5 million de livres sur la période de juillet à septembre, il a perdu en parallèle plus de 23.000 clients sur ses services internet et téléphonie.
Pour contribuer aux réductions de coûts, le groupe suspend la modernisation de son réseau fibre en dehors de ses engagements déjà existants. Il réexamine également son recours aux sous-traitants et aux fournisseurs.
L'entreprise est issue de la fusion en 2021 entre les entités britanniques de l'opérateur espagnol Telefonica et du groupe américain Liberty Global.
Elle avait déjà supprimé 2.000 emplois en 2023 à la suite de restructurations plus larges dans l'ensemble du secteur britannique des télécoms.
Au Royaume-Uni, d'autres secteurs sont touchés par des réductions d'effectifs à mesure qu'ils intègrent l'IA. Côté banques, Barclays a annoncé plus tôt ce mois-ci supprimer environ 5.000 emplois d'ici la fin de l'année, et NatWest a indiqué dans ses derniers résultats avoir réduit son personnel de 1.000 personnes ce trimestre.
© 2026 AFP
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