Après des pourparlers à Oman jugés "positifs" par Téhéran, l’Iran a annoncé la poursuite de négociations avec les États-Unis, ce que ces derniers n'ont pas commenté. Selon la diplomatie iranienne, les pourparlers n'ont porté que sur le nucléaire. Ces échanges se tiennent malgré un déploiement naval américain dans la région.

Publié le : 06/02/2026 - 06:39Modifié le : 06/02/2026 - 21:05

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L'Iran a affirmé, vendredi 6 février, qu'il allait poursuivre ses négociations avec les États-Unis, à l'issue d'une session de pourparlers à Oman tenue dans une "atmosphère positive" selon Téhéran, malgré le déploiement dans le Golfe d'une force navale américaine.

Les États-Unis n'ont pas commenté dans l'immédiat cette déclaration du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. En revanche, ils ont annoncé de nouvelles sanctions visant à freiner les exportations de pétrole de l'Iran, ciblant diverses entités et navires.

Les nouvelles sanctions américaines, notamment contre 14 navires liés au trafic de pétrole iranien, s'inscrivent dans la "campagne de pression maximale de l'administration" Trump envers l'Iran, a indiqué vendredi le département d'État.

Selon le ministre iranien des Affaires étrangères, les pourparlers n'ont porté que sur le volet nucléaire, conformément à ce qu'exige Téhéran. Washington, de son côté, souhaiterait que soient aussi abordés le soutien de l'Iran à divers groupes armés hostiles à Israël, et son programme de missiles balistiques. Rien en revanche sur la répression des manifestations en Iran.

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"Aucun autre sujet"

Ces discussions étaient les premières depuis les frappes américaines sur des sites nucléaires iraniens en juin, lors de la guerre de 12 jours déclenchée par une attaque israélienne contre l'Iran.

Elles se sont tenues alors que Donald Trump a déployé une importante force navale américaine dans le Golfe et multiplié les menaces d'intervention militaire en Iran, d'abord en réponse à la répression sanglante par le pouvoir iranien du mouvement de contestation début janvier puis en raison du programme nucléaire iranien.

Le ministre iranien a dit espérer que Washington s'abstiendrait de toute nouvelle "menace" pour que les pourparlers puissent se poursuivre.

"Dans une atmosphère très positive, nos idées ont été échangées", a-t-il déclaré à la télévision d'État iranienne.

Il a ajouté que les deux parties étaient "convenues de poursuivre les négociations, mais que les modalités et le calendrier seraient décidés ultérieurement".

Les discussions se concentrent "exclusivement sur la question nucléaire" : "nous n'abordons aucun autre sujet avec les Américains", a affirmé Abbas Araghchi à l'agence de presse Irna.

La porte-parole de Donald Trump, Karoline Leavitt, avait indiqué jeudi que le président américain avait été "très explicite sur le fait qu'il souhaitait une capacité nucléaire nulle".

Donald Trump avait affirmé en juin que les frappes américaines avaient "anéanti" les capacités nucléaires iraniennes, mais l'ampleur exacte des dégâts reste inconnue.

Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Boussaïdi, a fait état vendredi d'une prochaine rencontre entre l'Iran et les États-Unis "en temps voulu", précisant que les échanges avaient permis "d'identifier les domaines où des avancées sont possibles".

Selon les images de l'agence de presse omanaise, l'amiral Brad Cooper, chef du Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) était présent lors des pourparlers, tenus, selon une source proche des négociations, à la résidence de Badr al-Boussaïdi.

Paris accuse l'Iran d'être une "puissance déstabilisatrice"

Le Qatar, allié des États-Unis, a exprimé l'espoir que les discussions "aboutissent à un accord global qui (...) renforce la sécurité et la stabilité dans la région".

Les pays occidentaux et Israël accusent l'Iran de chercher à se doter de l'arme atomique, ce que Téhéran dément tout en insistant sur son droit à développer une filière nucléaire civile.

La France a affirmé vendredi que l'Iran devait renoncer à être une "puissance déstabilisatrice", citant notamment son programme nucléaire.

Les pourparlers à Oman ont eu lieu après que le pouvoir iranien a écrasé dans le sang un vaste mouvement de contestation en janvier.

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L'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, a dit avoir confirmé 6 941 morts, dont une majorité de manifestants, et a recensé près de 51 000 arrestations. D'autres ONG redoutent un bilan beaucoup plus élevé, dont l'ampleur a été dissimulée par trois semaines de coupure d'internet. Selon des hauts responsables du ministère iranien de la Santé cités par le média américain Time, le nombre de victimes s'élèverait à près de 30 000 morts.

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