Les dernières troupes de la coalition luttant contre l'organisation État islamique menée par les États-Unis ont quitté l'Irak mercredi, après douze années de présence. Ce retrait relance la question du désarmement des factions pro-iraniennes, dont plusieurs groupes refusent toujours de rendre les armes.

Publié le : 30/09/2026 - 02:34Modifié le : 30/09/2026 - 13:59

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Déployée depuis douze ans en Irak, la coalition antijihadiste menée par les États-Unis a achevé sa mission, mercredi 30 septembre, après avoir débarrassé le pays des jihadistes mais en le laissant en proie à des tensions internes.

Le Premier ministre irakien Ali al-Zaïdi a salué le début d'une "nouvelle ère" pour le pays, "marquée par la souveraineté de l'Irak, la solidité de ses institutions (...) et des partenariats équilibrés avec ses amis", a-t-il déclaré lors de la cérémonie marquant la fin officielle de la mission dirigée par les États-Unis.

Les forces de la coalition avaient été déployées en Irak et en Syrie en 2014 pour lutter contre l'organisation État islamique (EI), qui s'était emparé de vastes pans de territoire dans les deux pays et y avait commis des atrocités.

Après la victoire sur l'EI en 2017 en Irak - et en 2019 en Syrie -, les forces internationales sont restées sur place pour combattre les derniers éléments du groupe. Bagdad et Washington ont décidé en 2024 de mettre fin à cette mission.

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La coalition, qui a quitté la Syrie plus tôt cette année, a entamé son retrait d'Irak en 2025, limitant sa présence à l'aéroport d'Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan, dans le nord de l'Irak.

"Journée de la souveraineté" en Irak

Le Premier ministre irakien avait appelé à célébrer le 1er octobre comme la "Journée de la souveraineté". Arrivé au pouvoir au printemps, Ali al-Zaïdi s'est engagé, sous la pression de Washington, à obtenir le désarmement des factions pro-iraniennes qui s'en prennent depuis des années aux forces américaines dans le pays. Son gouvernement avait initialement fixé au 30 septembre, jour de la fin de la mission de la coalition, la date limite pour le désarmement de ces groupes, estimant que le retrait de la coalition les priverait de tout prétexte pour conserver leurs armes.

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Mais cette date a été repoussée, les négociations pour "réglementer" les armes étant toujours en cours. Si des factions ont annoncé l'intégration de leurs brigades armées dans les institutions de l'État, plusieurs groupes armés influents ont en effet refusé de rendre les armes. Ces groupes avaient posé comme condition à leur désarmement le départ des troupes internationales, mais aussi la fin de toute influence américaine, politique comme économique.

À Erbil, les Kurdes inquiets

Le puissant groupe des Kataeb Hezbollah a déclaré lundi que le retrait des "forces d'occupation (...) était un premier pas vers l'obtention de la pleine souveraineté". Mais il a mis en garde le gouvernement irakien, soutenu par Washington : "un gouvernement qui n'œuvre pas pour le bien de son peuple sera renversé par tous les moyens possibles".

Pendant des années, les forces de la coalition et les factions soutenues par Téhéran combattaient un même ennemi : l'EI. Mais après la défaite du groupe jihadiste, la présence des troupes de la coalition est devenue une énorme source de tension entre les autorités irakiennes et les groupes armés pro-iraniens. Ces derniers ont demandé leur retrait, avant de les prendre pour cible, provoquant des frappes de représailles américaines, qui ont tué plusieurs de leurs chefs au fil des années.

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Pendant la guerre au Moyen-Orient, déclenchée en février par une offensive israélo-américaine en Iran, les factions ont intensifié leurs attaques, ciblant principalement les troupes de la coalition basées au Kurdistan. À Erbil, des Kurdes ont fait part de leur inquiétude, se demandant qui les protégera contre les drones qui ont pris pour cible à plusieurs reprises leur région autonome.

Avec AFP

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