Les troupes fédérales éthiopiennes sont entrées samedi dans Mekele, a indiqué une source humanitaire à l'AFP. La capitale de l'État régional éthiopien du Tigré a été largement abandonnée plus tôt par les forces des autorités régionales rebelles.
Publié le : 03/10/2026 - 11:33Modifié le : 03/10/2026 - 21:16
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En Éthiopie, les troupes fédérales sont entrées samedi 3 octobre dans Mekele, capitale de l'État régional éthiopien du Tigré (nord), largement abandonnée plus tôt par les forces des autorités régionales rebelles qu'elles combattent depuis le 23 septembre, a indiqué une source humanitaire à l'Agence France-Presse (AFP).
Après des mois de tensions, les combats avaient repris dans le nord du pays, opposant l'armée fédérale éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) – formation politique qui dirigeait de fait le Tigré depuis avril – et aux milices Fano de l'État voisin de l'Amhara.
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En avril, le TPLF, qui a dirigé l'Éthiopie durant près de trois décennies jusqu'en 2018, avait chassé du Tigré l'administration nommée par le gouvernement fédéral, défiant à nouveau ouvertement l'autorité du Premier ministre Abiy Ahmed.
"Les forces fédérales éthiopiennes et leurs alliées ont été observées dans Mekele (...) à plusieurs endroits" de la ville, a expliqué la source humanitaire, citant du personnel sur place. Aucun combat n'a été signalé dans l'immédiat, selon cette source ayant requis l'anonymat et qui n'a pas donné d'autres détails.
Des membres des forces du TPLF "quittant la ville, avec leurs armes"
Dans la matinée un journaliste local à Mekele avait indiqué à l'AFP que "les dirigeants et troupes du TPLF" quittaient la ville, à mesure que se rapprochaient les troupes fédérales qui avançaient dans sa direction depuis lundi.
Les bâtiments officiels et postes de police sont désormais sans surveillance et des membres des forces du TPLF "sont vus quittant la ville, avec leurs armes", avait décrit ce journaliste dans un message à l'AFP. Il n'était pas joignable dans l'immédiat, ni aucune autre source sur place, les réseaux de télécommunications étant extrêmement perturbés au Tigré depuis la reprise des hostilités, ce qui rend le peu d'informations qui filtrent difficiles à vérifier.
Ni le porte-parole des Forces de défense nationale éthiopiennes (ENDF) ni celle du Premier ministre fédéral Abiy Ahmed n'ont répondu dans l'immédiat aux sollicitations de l'AFP.
Dans une vidéo publiée jeudi soir, le président du TPLF Debretsion Gebremichael avait semblé acter les revers de ses troupes et prôner un basculement vers la guérilla. "Notre stratégie est de frapper l'ennemi où nous voulons", a-t-il déclaré, rappelant que le TPLF avait déjà chassé "dans le passé" les forces gouvernementale hors du Tigré "en huit mois". "Nous les vaincrons à nouveau, ce n'est qu'une question de temps", a-t-il assuré.
L'inquiétude de voir le conflit s'étendre
En novembre 2020, l'armée fédérale avait pris Mekele en trois semaines lors d'une offensive-éclair contre le TPLF qu'elle accusait d'avoir attaqué des camps militaires au Tigré. Retranché dans les montagnes, le TPLF, après plusieurs mois de guérilla, avait lancé en juin 2021 une offensive et repris Mekele en dix jours, puis l'essentiel du Tigré en un mois.
Les forces tigréennes avaient été stoppées par des drones à environ 200 km d'Addis Abeba et s'étaient repliées au Tigré, soumis durant de longs mois à un siège de fait par les forces fédérales. Un accord avait fait taire les armes fin 2022, mais plusieurs dispositions clés n'ont jamais été mises en œuvre, alimentant les tensions.
Les observateurs s'inquiètent désormais que le conflit s'étende au-delà de l'Éthiopie, notamment en Érythrée, frontalière du Tigré au nord, voire au Soudan, qui partage 700 km de frontière avec l'Éthiopie à l'ouest.
Le gouvernement éthiopien va-t-il désormais "chercher à confiner le conflit" dans le nord de l'Éthiopie "ou envisager (...) des possibilités plus audacieuses", comme "cibler l'Érythrée ?", s'interrogent Ahmed Soliman et Abel Abate Demissie, chercheurs du centre de réflexion Chatham House, dans une note publiée jeudi.
Une source diplomatique a confié à l'AFP qu'un mini-sommet réunirait dimanche les présidents égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, érythréen, Issaias Afeworki, et somalien, Hassan Sheikh Mohamud, ainsi que le chef des Forces armées soudanaises (SAF), Abdel Fattah al-Burhane, à Alamein, en Égypte, en marge d'un forum africain d'affaires.
L'Éthiopie accuse l'Érythrée, l'Égypte et les SAF de soutenir le TPLF, sur fond de rivalités régionales dans la Corne de l'Afrique, autour notamment de la mer Rouge, voie maritime stratégique.
Elle est de son côté accusée de servir de plateforme de soutien aux paramilitaires des Forces de soutien rapides que les SAF affrontent depuis 2023 au Soudan. L'Égypte considère son grand barrage sur le Nil (Gerd) comme une "menace existentielle" et la Somalie voit d'un mauvais œil son rapprochement avec le Somaliland, région de Somalie autoproclamée indépendante depuis 1991.
Avec AFP
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