Des responsables syriens et saoudiens ont annoncé samedi cinq accords "stratégiques" concernant l'aérien, les télécommunications et le dessalement de l'eau. Un acte fort alors que la Syrie entame sa reconstruction économique.
Publié le : 07/02/2026 - 17:12Modifié le : 07/02/2026 - 19:15
Riyad et Damas ont signé, samedi 7 février, plusieurs accords "stratégiques". Les projets, notamment le lancement d'une compagnie aérienne commune et le développement d'un réseau de télécommunications syrien, visent à reconstruire l'économie syrienne dévastée par plus d'une décennie de guerre, ont indiqué des responsables de Syrie et d'Arabie saoudite.
Depuis la chute du président syrien Bachar al-Assad en décembre 2024, l'Arabie saoudite cherche de son côté à se rapprocher d'un pays resté longtemps dans les sphères d'influence de l'Iran et de la Russie.
Pour afficher ce contenu YouTube, il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.
Une extension de votre navigateur semble bloquer le chargement du lecteur vidéo. Pour pouvoir regarder ce contenu, vous devez la désactiver ou la désinstaller.
Parmi les accords, "une compagnie aérienne low-cost syro-saoudienne" baptisée "Nas Syria", a déclaré Talal al-Hilali, chef de l'Autorité syrienne d'investissement, lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre saoudien de l'Investissement, Khaled el-Faleh.
Cet accord comprend la construction d'un nouvel aéroport à Alep (nord de la Syrie) d'une capacité de 12 millions de passagers et des travaux dans l'aéroport actuel.
Un milliard de dollars dans le projet SilkLink
Un projet baptisé SilkLink vise à développer "les infrastructures de télécommunications et la connectivité numérique" en Syrie, a détaillé le chef de l'Autorité syrienne d'investissement. Il verra le jour grâce à "un investissement d'environ 1 milliard de dollars", a précisé le ministre syrien des Télécommunications, Abdulsalam Haykal, lors de la signature.
À lire aussiFin des sanctions sur la Syrie : Trump adoube Al-Charaa avec la bénédiction de MBS
Un autre accord porte sur le dessalement de l'eau et la coopération au développement.
Le ministre saoudien de l'Investissement, Khaled el-Faleh, a en outre évoqué le lancement d'un fonds d'investissement pour "des projets majeurs en Syrie avec la participation du secteur privé" (saoudien). Khaled el-Faleh a souligné que les deux pays souhaitaient nouer un "partenariat stratégique".
Les accords visent "des secteurs vitaux qui touchent la vie des gens et constituent des piliers essentiels pour la reconstruction de l'économie syrienne", a commenté Talal al-Hilali.
"Ce n'est qu'un début"
Les États-Unis ont définitivement levé en décembre les sanctions américaines sur la Syrie. En juillet, Ryad avait déjà signé des accords d'investissement et de partenariat avec la Syrie d'une valeur de 6,4 milliards de dollars.
"Ce n'est qu'un début", a affirmé samedi à l'AFP un responsable du ministère saoudien de l'Investissement. Il est prévu "que les investissements s'étendent à tous les secteurs qui constituent une priorité urgente pour la vie des Syriens", a-t-il assuré.
L'envoyé spécial américain pour la Syrie, Tom Barrack, a salué ces accords, estimant sur X que "des partenariats stratégiques dans l'aviation, les infrastructures et les télécommunications contribueront de manière significative aux efforts de reconstruction de la Syrie".
L'analyste Benjamin Fève, spécialiste de l'économie syrienne, reste néanmoins prudent sur leur portée. "À court terme, je dirais que ces accords ont davantage d'importance en tant que signal politique qu'en tant que facteur de changement économique", note-t-il, jugeant que les projets retenus "ne sont pas prioritaires et ne sont pas suffisants pour reconstruire le pays".
La Syrie faisait l'objet de sanctions internationales depuis 1979, renforcées après la répression par le pouvoir de Bachar al-Assad de manifestations prodémocratie en 2011, qui a débouché sur la guerre civile. La loi dite "Caesar" - adoptée en 2019 lors du premier mandat de Donald Trump et abrogée définitivement en décembre - imposait des sanctions américaines drastiques, dont la mise au ban de la Syrie du système bancaire international et des transactions financières en dollars.
Le coût de la reconstruction de la Syrie pourrait dépasser 216 milliards de dollars, selon la Banque mondiale.
Lors d'une visite en Arabie saoudite fin octobre, Ahmed al-Charaa avait affirmé que son pays avait attiré 28 milliards de dollars d'investissements depuis la chute de Bachar al-Assad. En avril, l'Arabie saoudite et le Qatar se sont engagés à régler la dette de la Syrie envers la Banque mondiale, qui s'élève à environ 15 millions de dollars.
Avec AFP
Mots-clés associés à l’article
Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.




