L'ambassadeur des États-Unis à Paris, Charles Kushner, ne s'est pas rendu à la convocation du ministère français des Affaires étrangères après des commentaires concernant la mort du militant identitaire Quentin Deranque. Il ne pourra "plus accéder directement aux membres du gouvernement français", a fait savoir le Quai d'Orsay.
Publié le : 23/02/2026 - 20:19Modifié le : 23/02/2026 - 21:36
L'ambassadeur américain Charles Kushner, en poste à Paris, "ne s'est pas présenté" lundi 23 février à la convocation du ministère français des Affaires étrangères, après les commentaires de l'administration Trump sur la mort d'un étudiant d'extrême droite radicale, a déploré le Quai d'Orsay.
"Face à cette apparente incompréhension des attendus élémentaires de la mission d'ambassadeur ayant l'honneur de représenter son pays, le ministre (Jean-Noël Barrot) a demandé qu'il ne puisse plus accéder directement aux membres du gouvernement français", ajoute le ministère.
"Il reste bien sûr possible que l'ambassadeur Charles Kushner exerce sa mission et se présente au Quai d'Orsay afin que nous puissions avoir les échanges diplomatiques permettant d'aplanir les irritants qui, inévitablement, peuvent survenir dans une relation d'amitié vieille de 250 ans", a-t-il néanmoins précisé.
Une source diplomatique a indiqué à l'AFP que l'ambassadeur s'était fait représenter par un responsable de l'ambassade américaine, faisant valoir des engagements personnels.
Sollicitée par l'AFP, l'ambassade américaine n'était pas immédiatement joignable pour réagir.
"Nous refusons toute instrumentalisation de ce drame"
Charles Kushner était convoqué lundi à 19 h locales (18 h GMT) à la demande de Jean-Noël Barrot, qui avait dénoncé dimanche les commentaires de l'administration Trump, repostés par l'ambassade américaine à Paris sur son compte X, sur la mort d'un étudiant d'extrême droite radicale, "un drame qui concerne la communauté nationale".
L'administration américaine avait dénoncé la violence politique d'extrême gauche et appelé à traduire les responsables en justice.
Quentin Deranque, militant d'extrême droite radicale de 23 ans, a été battu à mort à Lyon, dans le centre-est de la France, par des membres de l'ultragauche.
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"Nous refusons toute instrumentalisation de ce drame (...) à des fins politiques", a souligné dimanche Jean-Noël Barrot à la radio, estimant que la France n'avait "aucune leçon s'agissant de la violence, en particulier à recevoir de l'internationale réactionnaire".
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"En l'absence de l'ambassadeur"
La Première ministre italienne Giorgia Meloni a également commenté la mort en France de Quentin Deranque, provoquant une passe d'armes avec le président français Emmanuel Macron, qui l'a priée d'arrêter de "commenter ce qui se passe chez les autres".
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L'ambassadeur américain en France, qui a pris ses fonctions l'été dernier, avait déjà été convoqué fin août au ministère des Affaires étrangères après des critiques jugées inacceptables par Paris sur "l'absence d'action suffisante" contre l'antisémitisme d'Emmanuel Macron.
"En l'absence de l'ambassadeur" à Paris, Charles Kushner, c'est le chargé d'affaires de l'ambassade américaine qui s'était rendu à cette convocation.
Avec AFP
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