Plus de douze ans après l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon au Mali, le juge d’instruction antiterroriste a réclamé la déclassification de nouveaux documents secret défense, à la suite d’une demande des parties civiles.
Publié le : 09/02/2026 - 14:08
Le juge d'instruction antiterroriste enquêtant sur l'assassinat des journalistes de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon, tués en novembre 2013 au Mali, a demandé une nouvelle déclassification de documents secret défense.
Cette requête, rapportée lundi 9 février par l'AFP, a été envoyée le 12 janvier au ministère français des Armées. Elle fait suite à une demande des parties civiles.
"Il y a déjà eu plusieurs déclassifications mais elles étaient limitées, avec des documents caviardés", a affirmé à l'AFP Danièle Gonod, présidente de l'Association des amis de Ghislaine Dupont et Claude Verlon.
À (re)lireLes journalistes de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon assassinés au Mali il y a dix ans
"On nous a opposé le secret défense, en nous disant que cela relevait de la protection des sources au Mali, mais aujourd'hui il n'y a plus un seul soldat français au Mali, donc plus de source à protéger", a-t-elle relevé.
Ghislaine Dupont, 57 ans, et Claude Verlon, 55 ans, ont été enlevés lors d'un reportage pour RFI, puis tués le 2 novembre 2013 près de Kidal, quelques mois après l'opération française Serval destinée à contrer des jihadistes menaçant de prendre Bamako.
Si ce double assassinat a été revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), la lumière n'a jamais été faite sur le drame.
Deux suspects encore vivants
Selon la version officielle, un convoi de militaires français avait découvert les corps des reporters, tués par balles, non loin du pick-up de leurs ravisseurs. Ce dernier était tombé en panne, d'après les enquêteurs, qui privilégient la thèse d'une prise d'otages ratée d'un groupe jihadiste.
Pour Danièle Gonod, "les investigations réalisées sur la téléphonie montrent que c'est un vrai réseau jihadiste, politique et organisé, avec des liens en Algérie".
Le juge a notamment demandé au ministère des renseignements sur deux suspects encore vivants : l'un des deux commanditaires présumés, Sidan Ag Hita, et l'un des quatre membres du commando, Hamadi Ag Mohamed.
À (re)lireJournalistes français assassinés au Mali : le principal suspect tué par une frappe française
Le juge relève que Sidan Ag Hita est "devenu un chef jihadiste important au point, d'après la presse, de négocier directement avec l'État malien la libération d'otages", d'après sa requête dont l'AFP a eu connaissance.
Le magistrat demande aussi des renseignements sur Cheikh Ag Haoussa, chef touareg censé accueillir les "jihadistes repentis", avec qui les journalistes avaient rendez-vous à Kidal.
"Quelques heures avant l'enlèvement, Cheikh Ag Haoussa aurait été vu dans son véhicule en compagnie de Baye Ag Bakabo, chef du commando responsable des enlèvements et assassinats", note-t-il.
Il a aussi relayé l'étonnement des parties civiles devant l'absence de rapport des Forces spéciales françaises sur le drame et réclamé la déclassification de "tout document" attestant qu'un commanditaire de l'enlèvement "aurait contacté, après les faits" un membre du commando "pour lui reprocher d'avoir 'gâché la marchandise'".
Avec AFP
Mots-clés associés à l’article
Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.




